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Reims Cap à l'est

JOCELYNE AUBERT |  le 16/05/1997  |  MarneFrance ConcoursCollectivités localesDroit de l'urbanisme

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- Au coeur d'une agglomération de 137 communes, le district envisage son développement sur 450 ha à l'est. - La ville centre complète son réseau d'équipements publics. - Etudes d'infrastructures routières et ferroviaires et création de ZAC s'articulent sur des chantiers phares. - Une phase active de travaux s'annonce entre 1998 et 2001.

La récente réhabilitation par le Conseil d'Etat du Sdau (schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme) de Reims, version 1992, a dénoué la situation des 137 communes concernées, et exhumé nombre de projets. Pour Jean-Louis Schneiter, président du district rémois et du Syndicat intercommunal d'études et de programmation - le Siep, ranimé par la même occasion -, « cet heureux dénouement ouvre la voie à un aménagement plus réaliste et plus qualitatif du cadre de vie, de développement d'infrastructures et de l'économie ».

A 140 km de Paris, desservie par les autoroutes A4 et A26, un nouvel aérodrome et, à terme, par le TGV Est, l'agglomération rémoise entend tirer son épingle du jeu. Dans la foulée, les communes périurbaines s'activent, à l'instar du district de Gueux qui élabore la ZAC de Thillois, susceptible d'accueillir l'ESC (école supérieure de commerce) de Reims et un complexe cinématographique - en rivalité avec le projet rémois et celui de Cormontreuil -, ou de la communauté de communes Vesle-Montagne de Reims, lancée dans la réalisation d'un écomusée... Ce fourmillement d'initiatives suscite l'intérêt.

Les projets rémois en phase de concrétisation

Ville universitaire et de sous-préfecture, ville des sacres et du champagne, Reims se caractérise par une situation contrastée : de fortes potentialités de développement et une réalité sociale délicate. Pour endiguer les risques d'une ville à deux vitesses, Jean Falala, le maire, s'engage à doter la ville d'équipements adéquats, avec entre autres la construction du gymnase Léon-Borgnier, de la cuisine centrale de la caisse des écoles (voir page Est de ce numéro), la restauration du secteur de la Rafale, l'aménagement de la zone franche Croix-Rouge, ou encore la rénovation des Halles. Les projets se structurent, laissant présager une intensification des mises en chantier dès 1998.

Dans cette optique, la vie associative rémoise est naturellement l'objet d'attentions. Les élus viennent ainsi d'opter pour la réhabilitation lourde de la Maison des associations du 122, rue du Barbâtre. Un immeuble en bon état extérieur, d'après Pierre Despas, directeur technique, pour qui « la reconstruction interne et l'aménagement des combles permettront de gagner un niveau supplémentaire passant de 3 400 à 4 500 m2 ». Cette lourde restructuration, estimée à 40 millions de francs, et l'occupation rationalisée de locaux permettront d'accueillir 80 associations au lieu de 40 actuellement.

L'exiguïté frappe également le Centre international de séjour, ouvert en 1976, au parc Léo-Lagrange. Le CIS avec ses 7 750 nuitées - un taux d'occupation de 77,4 % sur l'année - va faire l'objet d'une extension, dont la maîtrise d'oeuvre a été confiée à son concepteur d'origine, le cabinet parisien Jean Le Couteur. Portant la capacité d'hébergement de 66 à 140 lits, le futur bâtiment, identique au premier, sera relié à celui-ci par des passerelles couvertes, pour un coût de 16 millions de francs, et viendra parachever l'ensemble constitué par le centre culturel Saint-Exupéry et la Comédie.

Quinze hectares près du centre-ville

Mais les grands projets de la « ville des sacres » avancent bien, eux aussi. Ainsi, le réaménagement des abords de la cathédrale, objet d'un concours international d'idées, remporté par l'architecte espagnol José Ignacio Linazasoro en 1994, pourrait être stimulé par la réalisation de la médiathèque centrale. Cinq équipes d'architectes (1) doivent remettre leur esquisse en juin. Opération phare sur le parvis, estimée à 100 millions de francs pour 4 663 m2 de surface utile, elle doit entrer en phase de chantier fin 1998 et sera synchronisée avec la construction de la médiathèque de proximité de Croix-Rouge (28 millions de francs). L'ensemble complétant la bibliothèque Carnégie, confortée dans sa mission de bibliothèque d'étude et de conservation du patrimoine écrit, doit redéfinir le réseau des bibliothèques municipales.

A la charnière du quartier de l'Europe et de la cité du Chemin-Vert, la ZAC Jeanne-d'Arc (« Le Moniteur » du 23 février 1996) doit métamorphoser près de 15 ha proches du centre-ville, dont 7 ha sont réservés pour le regroupement futur des unités départementales de gendarmerie et plus de 2 ha pour la construction de la Maison de la mémoire contemporaine.

Sous maîtrise d'ouvrage conjointe des ministères de la Culture et de la Défense, le Centre des archives de la Ve République, conçu par Henri et Bruno Gaudin, (« Le Moniteur » du 6 septembre 1996) est un ouvrage monumental : 37 000 m2 de surface utile et des travaux estimés à 134 millions de francs. La consultation des entreprises devrait avoir lieu fin juin pour un début de construction en janvier 1998 et une ouverture au public fin 1999. Le président de la République doit inaugurer le clos et le couvert le 4 octobre 1998, date du 40e anniversaire de la Ve République.

Deux cents logements individuels et collectifs, des locaux commerciaux sur 4 ha et des équipements sportifs doivent compléter l'aménagement de zone, concédée à la SAEM Reims Développement.

Par contre, le réaménagement de la place Boulingrin, lié à la restauration des halles, prend du retard. La convention de financement pour la restauration du monument, signée avec le ministère de la Culture en mai 1996, prévoit l'affectation de 60 millions de francs entre 1997 et 2000. Seulement 3 millions de francs ont été consommés en études préalables.

La programmation sine die des travaux destinés à rétablir le marché couvert n'entrave pourtant pas l'étude lancée récemment par la ville pour le réaménagement global du secteur proche de la porte Mars.

Mise en valeur du centre-ville et reconquête des faubourgs

Dans le cadre du DSU (développement social urbain), le district de Reims vient d'approuver un nouveau programme d'investissement, pour 1997, dans les quartiers Châtillons, Croix-Rouge, Epinettes, Europe, Murigny et Orgeval. Classé en zone franche, le quartier Croix-Rouge doit « s'intégrer au développement du sud de l'agglomération par la création d'un nouveau pôle d'animation », explique Daniel Roland, directeur de la SAEM Reims Développement.

Simultanément, l'Association pour le développement économique de Reims - l'Ader, présidée par Serge Kochman, adjoint au maire chargé des activités économiques - se concentre sur l'accueil et l'assistance aux investisseurs. Illustrations récentes : l'extension du constructeur de wagons, Remafer, du centre d'étude et de recherche automobile de la société Trèves ou la délocalisation de Freinrail, spécialiste des systèmes de freinage.

L'Ader tente de catalyser les énergies autour de pôles d'excellence. Au-delà des agroressources développées par Europol'Agro, de nouveaux thèmes fédérateurs pourraient naître autour du matériel ferroviaire ou de l'automobile, avec la présence de Valéo, de Chausson et d'une kyrielle d'équipementiers automobiles. Une opportunité qui pourrait séduire le constructeur japonais Toyota.

(1) Les Parisiens Viguier-Delporte, Bodin Associés et Beaudoin Laurent et Emmanuel, le Nancéien Faloci-Pigeon, l'Espagnol Rodriguez associé à Balan et le Rémois Thiénot.

PHOTOS : LE DISTRICT DE REIMS : Bétheny, Bezannes, Cormontreuil, Reims, Saint-Brice-Courcelles et Tinqueux.

Population : 207 393 habitants. Superficie : 8 787 ha.

VILLE DE REIMS :

Population : 185 164 habitants. Superficie : 4 700 ha.

PLAN :A proximité de la cathédrale - dont les abords vont accueillir une médiathèque -, le pôle technologique Henri-Farman se prolonge en zone d'activités et en zone indutrielle. Desservies par le barreau Est, elles porteront le développement dans les cinq prochaines années.

PHOTOS

Jean Falala, maire de Reims, s'engage à doter la ville d'équipements adéquats.

Une étude est lancée pour le réaménagement du secteur de la porte Mars.

Le centre des archives de la Ve République, un ouvrage monumental de 37 000 m2 de surface utile (134 millions de coût d'objectif). Architectes Henri et Bruno Gaudin.

Principaux projets

Station d'épuration de 500 000 équivalents habitant (400 millions de francs) : lauréats marchés connexes choisis, concours de conception-réalisation en septembre 1997, appel d'offres pour travaux en octobre 1998, livraison en 2001.

Extension du Centre international de séjour (16 millions de francs) : appel d'offres en juin 1997, mise en chantier en novembre 1997, livraison en octobre 1998.

Mise aux normes et rénovation intérieure du Grand Théâtre de 930 places (23 millions de francs) : appel de candidatures de maîtrise d'oeuvre (équipe pluridisciplinaire, dont un scénographe acousticien, un bureau d'études spécialisé en fluides et un économiste) en juin 1997, appel d'offres pour les travaux en mars 1998, mise en chantier en juin 1998, livraison en septembre 1999.

Réalisation de la médiathèque centrale (100 millions de francs) : projet architectural arrêté en juin, appel d'offres pour désignation du contrôleur technique et du coordonnateur hygiène et sécurité imminent, appel d'offres pour les travaux au second semestre 1998.

Construction de la médiathèque Croix-Rouge (28 millions de francs) : concours d'architecture et d'ingénierie en cours, sélection des équipes fin mai, projet architectural arrêté au quatrième trimestre 1997, appel d'offres pour les travaux à la mi-1998.

Réhabilitation de la Maison des associations (40 millions de francs) : concours d'architecture et d'ingénierie imminent, appel d'offres et démarrage des travaux en 1998, livraison en 1999.

Autres programmes pour 1997 : le réaménagement de la traversée piétonne du centre commercial Croix-du-Sud, la rénovation du parc paysager Simon, l'aménagement du château d'eau et de ses accès et la démolition de l'immeuble SCI Kennedy, site destiné à la construction d'un centre commercial au sein de la ZAC de la Rafale - ce centre rénové et étendu de 2 500 à 4 000 m2 doit accueillir un supermarché de 2 000 m2, des commerces de proximité (guichets bancaires, poste relocalisée, brasserie, restauration rapide...) et un parking.

ENTRETIEN JEAN-LOUIS SCHNEITER « Le clivage urbain/rural s'estompe » Le président du district voudrait susciter une concertation permanente.

Le rétablissement du Sdau semble accélérer les projets urbains et périurbains. Quelle appréciation portez-vous sur cette évolution ?

jean-louis schneiter.

De grandes infrastructures routières vont cerner l'agglomération. Après l'ouverture de l'A26, du boulevard des Tondeurs, l'achèvement prochain du barreau est, il ne restera à engager que le contournement sud, lié à la réalisation du TGV. Sous la responsabilité de la Sanef (1), cette section autoroutière, déjà incluse dans le péage, doit soulager la traversée de Reims.

Or, le projet de TGV est ficelé, mais sa réalisation ne démarrera que lorsque nous aurons la capacité de le financer. A mon sens, il ne sera opérationnel qu'en 2005-2006, et le retard de l'un ne doit pas entraîner le retard de l'autre. Si les deux opérations sont conjointes dans la localisation, elles n'ont pas forcément à être réalisées en même temps. Le contournement autoroutier a fait l'objet d'engagements il y a vingt-cinq ans. Il appartient à l'Etat de donner les instructions nécessaires à la Sanef.

Comment appréhendez-vous le développement de l'agglomération rémoise ? Les réserves foncières sont-elles suffisantes ?

Il y a lieu de préciser ce que l'on met sous le vocable d'agglomération. D'autres communes, hors district, s'agglomèrent insensiblement. Nous devons en tenir compte. Je pense à Taissy, Champigny, Champfleury, voire Les Mesneux, ou encore Witry-lès-Reims. D'importantes réserves foncières situées sur Bezannes (2) sont gelées par la commune qui souhaite garder un caractère rural.

Aujourd'hui, nous travaillons uniquement dans les limites du district de Reims. Le plan urbain, dispositif de référence non opposable aux tiers, englobe toutes les communes du district. Il se met en place graduellement, en mettant en cohérence les projets des communes.

Nous disposons d'environ 600 ha urbanisables entre les communes de Reims, de Cormontreuil et de Bétheny. Sur Reims, le projet du secteur est, assis sur 450 ha, est le plus instruit. Traversé par le barreau est, le secteur comprend une zone d'aménagement différé, avec droit de préemption, et, vers la RN44, une zone d'aménagement concerté, en cours de préparation.

Cette ZAC, située derrière la faculté des sciences, permet d'envisager une première étape avec la construction d'un échangeur à partir du barreau est et l'aménagement des voiries et réseaux divers. Confiée à la SAEM Reims Développement, cette phase doit s'étaler sur trois à cinq ans, en fonction de la pression d'éventuels acquéreurs.

Quelle articulation trouver entre projets urbains et périurbains ?

Le développement des collectivités périurbaines nécessiterait une négociation de façon que les fonctions de périphérie, qui sont des fonctions urbaines, puissent être discutées avec la ville centre qui supporte toutes les charges de centralité. Il faudrait définir un modèle d'intercommunalité et susciter une concertation permanente. Le fait que les élus ruraux aient accepté la reconduction du Siep est significatif de l'évolution des comportements face aux problèmes d'aménagement et de répartition des charges. C'est le seul endroit d'échange avec la ville et le district de Reims.

Dans cette structure formalisée, les discussions s'engagent, une aide est apportée dans le montage de dossiers, et les décisions s'imposent. Le Siep a compétence d'étude et de suivi du schéma directeur, sans fonction opérationnelle. Mais les statuts peuvent évoluer. Nous pourrions envisager, un jour, la création d'un établissement public foncier, même si cela concerne près de 200 communes. Le clivage urbain/rural s'estompe, et les comportements évoluent. Exemple : le vignoble a pris conscience de la pollution qu'il générait par les eaux de ruissellement au moment du pressurage. Des investissements considérables ont été réalisés. Ce qui, il y a dix ans, provoquait des discussions à n'en plus finir, aujourd'hui, satisfait chacun.

(1) Sanef : Société des autoroutes du nord et de l'est de la France.

(2) NDLR : lieu d'implantation de la gare de connexion du TGV.

PHOTO : JEAN-LOUIS SCHNEITER

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