Profession

Réglementation accessibilité : la réponse de Cristina Conrad à Patrick Grépinet

La présidente du Corps des architectes-conseils de l’Etat (ACE) répond à Patrick Grépinet qui dénonçait dans une tribune au Moniteur.fr, le « tissu d’affirmations gratuites » énoncé dans l’article « Accessibilité dans les logements : « un enfer pavé de bonnes intentions ».

Vous parlez d’affirmations gratuites et d’une connaissance très approximative des règles d’accessibilité. En l’occurrence, c’est bien, de votre part, une affirmation gratuite et vous n’étayez pas vos propos. Mes deux confrères et moi-même, sommes confrontés quotidiennement à ces règles en réalisant des logements sociaux. Les pratiquez-vous?
Nous constatons, Dominique Tessier et moi-même, en tant qu’architectes-conseils, les dégâts sur la qualité des projets et le renoncement à certaines opérations sur des sites difficiles.
En tant qu’architectes, nous apprécions bien entendu, la majoration de 5 m2 autorisée, mais comme elle se répercute sur les loyers, elle s’applique rarement.
Ces constats sont partagés par la plupart de nos confrères, de nos maîtres d’ouvrages et des locataires que nous logeons. « Pourquoi le WC et la salle de bains sont immenses alors que les séjours sont tout petits? »
La règle est aussi trop axée sur le fauteuil roulant alors qu’à ma connaissance, 3% environs de la population est concernée et que chaque handicap a ses particularités: beaucoup d’handicapés vivant seuls, n’utilisent pas de cuisine; les handicapés motorisés ne passent pas dans les couloirs « adaptés »…

La contrainte peut en effet, être parfois, source d’inspirations pour l’architecte mais la règlementation pour l’accessibilité ne favorise pas la créativité car au lieu d’interroger les concepteurs sur les meilleures solutions, elle apporte des réponses toutes faites (le couloir, le WC, le palier, la cuisine, etc. doivent avoir telles dimensions, etc.) qui engendrent un coût supplémentaire ou une réduction du séjour et de l’entrée. C’est pourquoi, nous croyons plus à des travaux spécifiques qu’à une règlementation qui banalise toute la production de logements et empêche parfois des réalisations qui prennent en compte l’histoire et la géographie des lieux (pentes, demi-niveaux, trames étroites, etc.)
Je constate que vous concluez votre texte par la nécessité de prévoir des dérogations possibles. C’est déjà une avancée vers plus d’intelligence et une vision plus large de la qualité d’usage. Mais il faudrait pour cela que la commission départementale d’accessibilité ait aussi une formation à l’architecture.

 

 

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  • - Le

    excellent

    quand la culpabilisation face au handicap rejoint le lieu commun de comptoir sur l’architecte empètré dans son égo et incapable de prendre en compte les évolutions réglementaires, il est rassurant de lire quelques bons mots qui de façon simple posent la question éternelle de la théorie à la pratique. merci cristina jean-christophe
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