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Régénérer nos villes, valoriser nos patrimoines

le 30/04/2018  |  UrbanismeRéglementationFrance entièrePatrimoineDroit de l'urbanisme

Alors que les nouvelles possibilités de surélévations, par la suppression du COS (coefficient d'occupation des sols) de la loi ALUR en 2014, apportent un souffle d'air frais potentiel, les questions suivantes se posent.

La surface habitable par habitant ne cesse d’augmenter, environ 50 % en 40 ans, passant de 22 mètres carrés en 1973 à 31 mètres carrés en 2015 1 , doit-on conserver en l’état nos centres-ville anciens au risque de les muséifier ? Comment densifier sans forcément construire des tours ? Quelles valeurs et quels usages souhaitons-nous conserver ou ajouter à nos villes ? Quels modèles d’urbanités au XXI e siècle ?

Construire contemporain au-dessus de l'ancien ?

Depuis que des bâtiments ont été construits, l'homme n'a eu de cesse de les transformer, d'ajouter des ailes, de rehausser des tours toujours plus hautes, d'ouvrir des baies toujours plus grandes, châteaux, lieux de culte, de travail et de logement, au gré des évolutions des techniques de construction, notamment par les améliorations des dimensions des produits verriers. Le style architectural reflète tout autant le niveau des acquisitions techniques que les goûts et modes d'une époque.

En continuité avec ces pratiques millénaires, il me semble nécessaire d'affirmer et d'assumer la surélévation de bâtiments existants par une écriture architecturale qui découle des techniques et matériaux de construction actuels, et … des aspirations des maîtres d'ouvrages.

Construire sur les toits de la ville, en plus d'être rationnel par la création de surface, donne accès à un espace privilégié, celui des « penthouses » avec plus de lumière naturelle et des vues dégagées ; qualités très prisées puisque rares dans les espaces urbains denses. Habiter le toit permet de passer de la ville verticale à la découverte du paysage urbain horizontal. Plus que la quantité de mètres carrés créés, la part de rêve et le sentiment de dominer la ville, constitue la véritable valeur ajoutée de ces surfaces et volumes potentiels au-dessus des toits.

Nos immeubles parisiens, pour la plupart intéressants du point de vue du patrimoine, méritent de ne pas être coiffés de pastiches d'anciens. Ils gagneront à être complétés par une architecture identifiable. Surélevées ou juxtaposées, élégamment greffées, ces architectures résolument contemporaines, lumineuses, atypiques, séduisantes, respectueuses seront à coup sûr… valorisantes. Une surélévation « juste » ne détruit pas l'ancien bâtiment contre ou sur lequel elle se pose : elle le complète. Soyons audacieux, construisons sur les toits des lieux de vies visibles et confortables.

Soyons humbles, prenons en compte les évolutions futures par changement de destination, prévoyons un démontage facile et le réemploi potentiel des matériaux. Permettons l'expérimentation et la réversibilité, jusqu'à une possible restitution en l'état. Cette évolutivité et réversibilité sont des arguments supplémentaires à la valorisation écoresponsable des biens immobiliers par l'utilisation du foncier aérien.

Valoriser les quartiers par ajout d'usages et d'usagers complémentaires

Pourquoi est-il intéressant de se saisir des surélévations pour favoriser la mixité des programmes et des populations ?

Par l'observation des quartiers à dominante tertiaire, désertés en soirée, on comprend qu'ils gagneraient en attractivité par la création de logements et d'équipements. Construire des appartements apporte des usagers à différentes temporalités, favorise l'implantation des commerces et services ouverts le soir et de fait, sécurise tout un secteur.

Contribuer à « faire de l'urbanité »

Une crèche sur le toit de son bureau ? Un jardin potager pour jardiner avec les collègues, sa famille ? Des logements pour les salariés détachés ? Un terrain de tennis ? Une conciergerie ?

En utilisant le potentiel existant notamment sur les immeubles de bureaux, les surélévations sont l'occasion d'un « rééquilibrage ». La proximité des services, des équipements culturels, sportifs, d'écoles, participant à la valeur du mètre carré.

Densifier le centre par la construction de logements

Plutôt que de s'étendre sur des terrains agricoles, la densification du centre par la surélévation permet aussi de limiter des [...]

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