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REFLEXIONS Pierre Radanne «Il faut relancer les énergies renouvelables »

le 26/06/1998  |  Energies renouvelablesEnvironnementEnergieDéchetsFrance entière

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L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) négocie un projet d'entreprise avec les ministères de l'Industrie, de la Recherche et de l' Environnement. Son président nous parle de ses quatre priorités pour les années à venir Accélération de la politique des déchets Application de la loi sur l'air Maîtrise de l'énergie Développement des énergies renouvelables.

Quelles sont les grandes orientations de l'Ademe ?

Pierre Radanne : Nous pouvons retenir quatre grands axes d'actions. Tout d'abord les déchets, avec l'accélération de la mise en oeuvre de la loi de 1992. Il est clair que nous avions pris du retard, mais la circulaire du 28 avril dernier relative à la révision des plans départementaux devrait permettre d'accélérer le mouvement.

Seconde priorité : l'application de la loi sur l'air. Nous devons veiller à la mise en oeuvre effective des réseaux de surveillance avant l'an 2000. Mais on ne peut dissocier la qualité de l'air du problème des transports. Il y a d'ailleurs là une faiblesse de la loi sur l'air. C'est sur cette dimension air/transports que l'Ademe va axer ses travaux et ses programmes, en veillant à l'amélioration de la qualité des carburants et à la diminution de la consommation des véhicules.

Les transports renvoient aussi à l'aménagement. Là, les municipalités, avec le soutien des délégations régionales de l'Ademe, ont un rôle primordial à jouer, notamment avec les plans de déplacements urbains et les plans régionaux de la qualité de l'air. Il s'agit de politiques à long terme, mais c'est le domaine où l'Ademe devra le plus innover.

La maîtrise de l'énergie constitue le troisième pilier de notre action. Notre ligne d'horizon est 2010, date

des prises de décisions sur le renouvellement du parc nucléaire français.

En fin, le dernier volet est le développement des énergies renouvelables.

Pour ces quatre domaines d'action, nous travaillons actuellement sur un projet d'entreprise qui nous permettra, dans les semaines à venir, d'articuler l'ensemble de ces programmes, à la fois sur les moyens, les financements et les procédures.

Croyez-vous à l'essor des énergies renouvelables ?

Bien sûr. Nous allons dans le sens de la volonté du gouvernement, qui souhaite mettre en place, avec la loi sur l'aménagement du territoire, l'obligation de production d'énergie renouvelable à chaque fois que le coût pour la collectivité est inférieur au coût de l'énergie du réseau.

Actuellement, l'éolien est très proche de la compétitivité. L'Ademe va d'ailleurs renforcer son soutien à la filière industrielle.

Nous allons aussi renforcer le soutien à la filière bois, en la poussant à une meilleure organisation régionale.

Et pour le solaire ?

Le solaire thermique se rapproche également de la compétitivité. Je pense notamment au plancher solaire direct, qui offre au client un confort et une véritable garantie de service. Le problème avec cette source d'énergie, c'est l'absence de structuration du marché. C'est là-dessus que nous allons faire porter nos efforts, comme nous l'avons fait pour l'éolien, en partenariat avec EDF.

Il faut davantage valoriser les énergies renouvelables là où elles sont déjà rentables, comme la Corse et les DOM. Notre objectif est de pouvoir, dès 2005, décider quelle sera la place de l'éolien dans le renouvellement du parc électrique français en 2010.

En matière de déchets, l'Ademe a augmenté ses aides aux communes. Est-ce suffisant pour développer le recyclage et la valorisation ?

C'est sans doute suffisant pour les matériaux secs. En revanche, pour la valorisation organique, la sensibilité du milieu agricole et l'incertitude sur la réglementation font que cette filière se développera plus lentement.

La circulaire du 28 avril dernier, adressée aux préfets, va permettre d'agir plus volontairement sur la réduction de la production des déchets, d'intégrer davantage le recyclage matière et organique et d'éviter le surdimensionnement des incinérateurs. Nos aides vont dans ce sens et nous sommes en mesure d'assurer la mise en oeuvre de ces orientations. Néanmoins, l'incinération, pourvu qu'elle soit dotée d'une épuration complète de ses effluents, reste incontournable. Elle est notamment adaptée aux grosses agglomérations.

Pierre Radanne a été nommé, en janvier dernier, président de l'Ademe. Il était auparavant directeur adjoint du cabinet de Dominique Voynet, ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement. En 1987, il avait fondé l'Inestene, institut de prospective spécialisé dans l'énergie et l'environnement. Expert dans ce cadre auprès du Commissariat au Plan, de la Datar et de la Banque mondiale, il a rédigé plusieurs études sur l'énergie et les transports. Il est l'auteur de « l'Energie dans l'économie » (Syros, 1988).

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