Emploi / Formation

« Réduire l’accidentologie pour les salariés intérimaires », Max Roche d’EGF.BTP

Mots clés : Droit du travail - Entreprise du BTP

Le Syndicat national des entreprises générales de France (EGF.BTP) propose à ses entreprises adhérentes le Passeport sécurité intérim (PASI). Max Roche, son président, par ailleurs directeur général adjoint d’Eiffage, dégage les grands enjeux de la démarche.

 

Quels sont les enjeux de la mise en place du Passeport sécurité intérim (PASI) par EGF.BTP ?

Max Roche : Nous avions constaté de longue date, au sein d’EGF.BTP, que le taux de fréquence d’accidents du travail (1) était deux fois plus élevé chez les intérimaires que pour nos propres salariés. La prévention représentant un enjeu majeur pour notre syndicat, l’objectif est ainsi de réduire l’accidentologie pour ces salariés. Un ouvrier entrant dans une entreprise affichant un taux de fréquence de 15 a la probabilité de subir un accident du travail avec arrêt dans sa carrière. D’où la nécessité de descendre en-dessous de ce seuil.

Nous avons formalisé l’initiative PASI au mois d’octobre, mais ce dispositif constitue la poursuite de démarches engagées depuis plusieurs années par des entreprises d’EGF.BTP. Nous les avons ainsi capitalisées et mises à disposition de l’ensemble de nos adhérents. Un comité de pilotage anime le dispositif, et référence, avec l’appui technique de l’OPPBTP, les organismes de formation candidats pour dispenser cette formation.

 

Comment le dispositif  PASI fonctionne-t-il ?

M.R. : Une formation pratique de deux jours est mise à la disposition des entreprises de travail temporaire (ETT) qui souhaitent s’engager dans le dispositif pour leurs salariés. L’idée ? Mettre en condition les futurs intérimaires, et leur faire prendre conscience des fondamentaux de la sécurité sur les chantiers. Un gage de qualité, puisque cette formation référencée est harmonisée pour l’ensemble des intérimaires. Un gage d’efficacité, également : la formation PASI est dispensée une fois pour toutes, sans avoir donc à réitérer l’exercice à chaque changement d’entreprise utilisatrice.

 

Comment s’assurer que le salarié intérimaire a assimilé les fondamentaux de cette formation ?

 M.R. : La formation est sanctionnée par un examen d’évaluation en fin de session sous forme de questionnaire à choix multiples (QCM). Pour se voir délivrer le passeport « PASI », la personne doit obtenir 18 bonnes réponses, sur un total de 26 questions. Une base de données, mise à disposition des ETT et des entreprises utilisatrices, permet en outre d’assurer la traçabilité des formations. Quelque 10 000 intérimaires ayant suivi cette formation y ont ainsi déjà été recensés. Cette plateforme digitale propose aussi l’annuaire des organismes de formation référencés et des ETT associés au dispositif.

 

Où en sont les entreprises adhérentes d’EGF.BTP en matière de sinistralité ?

M.R. : Alors que le taux de fréquence des accidents du travail de nos entreprises (2) s’élevait encore, avant  2005, à plus de 30, il est descendu à 9,5 au titre de 2016. Le taux de gravité (3) est quant à lui passé de 1,5 avant 2005, à 0,76 l’an passé.  En comparaison, la sinistralité moyenne dans la branche du BTP est plus de trois fois supérieure.

 

Comment expliquez-vous ces meilleurs résultats en regard de ceux de l’ensemble du secteur ?

M.R. : Les progrès réalisés par les entreprises d’EGF.BTP relèvent d’une véritable prise de conscience, ainsi que de la mise en œuvre de moyens humains comme matériels. A titre d’exemple, la mise en place, dans les entités d’une certaine taille, d’un responsable prévention doté du pouvoir d’arrêter les travaux ou de modifier leur organisation, offre des garanties non négligeables d’amélioration de la sécurité. En somme, productivité et compétitivité économique des chantiers vont de pair avec la sécurité. Dans le cadre de notre concours prévention santé sécurité, qui récompense tous  les deux ans les meilleures pratiques en la matière, nous observons en outre que les réussites proviennent de l’implication  du management, qui conduit d’ailleurs tous les acteurs de l’entreprise à se mobiliser sur le sujet. Travailler sur la prévention permet de surcroît d’améliorer le climat social en interne. Nous remettrons de nouveaux trophées prévention au mois de juin prochain.

 

(1) NDLR : le taux de fréquence représente le nombre d’accidents du travail avec arrêt par million d’heures de travail.

(2) Moyenne pondérée calculée sur l’effectif total des entreprises.

(3) NDLR : le taux de gravité représente le nombre de journées perdues, par incapacité temporaire, pour 1000 heures travaillées.

 

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