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Recyclage des enrobés : des essais pour aller plus loin
L’entreprise Malet, filiale routière de Spie batignolles, teste la réutilisation des agrégats d'enrobés à Portet-sur-Garonne. - © © Projet MURE

Recyclage des enrobés : des essais pour aller plus loin

Paul Falzon |  le 09/04/2018  |  TechniqueInnovationHaute-GaronneGros œuvreVRD

L’entreprise Malet vient de lancer près de Toulouse la seconde phase d’un programme de recherche visant à multiplier les possibilités de recyclage des agrégats d’enrobés.

Quatre ans après son lancement, le projet national Mure (pour Multirecyclage des enrobés) est entré début avril dans une nouvelle phase. Et c’est à Portet-sur-Garonne, près de Toulouse, que l’entreprise Malet, filiale routière de Spie batignolles, procède aux premiers essais. Objectif : valider in situ les expérimentations menées en laboratoire pour la réutilisation des agrégats d’enrobés. « La filière procède depuis longtemps au recyclage d’enrobés bitumineux issus des couches de roulement : l’objectif aujourd’hui est de multiplier les cycles de recyclage de ces matériaux sans altérer la durabilité des chaussées », résume Alain Beghin, directeur technique de Malet. Un autre enjeu est de combiner cet objectif de recyclage avec l’abaissement de la température nécessaire à la fabrication des enrobés.

Un vieillissement accéléré par thermo-génération

La première phase du projet, conclue cet automne après deux ans d’expérimentations, a permis de valider une méthode de vieillissement accéléré pour les chantiers démonstrateurs. Le protocole s’appuie sur l’utilisation d’une machine de thermo-régénération alimentée au gaz, qui n’est plus utilisée sur les chantiers français depuis les années 1990 : il a fallu la faire venir d’Allemagne. Une fois mis en œuvre les fraisats d’enrobés à vieillir, les panneaux radians de la machine chauffent les matériaux, en envoyant une température d’environ 250° C à une dizaine de centimètres des enrobés. Rabotés une première fois, homogénéisés puis repositionnés au finisseur, les enrobés subissent une seconde phase de vieillissement avant prélèvement. Pour cette seconde phase d’essais, il a été décidé de réaliser chaque soir l’évaluation en laboratoire des échantillons de chantier : en fonction des résultats, les essais sont reconduits pour un nouveau cycle de vieillissement, avant la mise en œuvre ce jeudi 12 avril d’un enrobé bitumineux comprenant 40 % d’agrégats d’enrobé, destiné à être testé en conditions réelles d’utilisation pendant un an.

Tester la réaction des bitumes polymères

Programme de recherche porté par l’ensemble de la filière, le projet Mure fait l’objet d’un suivi régulier de la part du Cerema, qui gère les prélèvements et réalisera aussi le suivi des essais menés à Portet. Depuis le lancement des premiers essais en 2015, six chantiers démonstrateurs ont été lancés pour tester plusieurs taux d’enrobés (40 et 70 %) et plusieurs techniques de fabrication (à chaud ou tiède par additif), afin d’explorer différentes pistes de recherche. « Une des spécificités de notre chantier est l’utilisation d’un bitume modifié polymère, qui permet d’étendre la susceptibilité thermique des matériaux testés », précise Alain Béghin. Le point de ramollissement du bitume (TBA) est poussé jusqu’à 75° C tandis que le point de fragilité au froid (Frass) peut descendre jusqu’à -15° C.

Un rôle toujours plus décisif pour les additifs

En complément des essais sur chantier, le projet Improvmure poursuit les recherches en laboratoire pour tester les différentes solutions techniques facilitant le multi-recyclage. « Une des principales difficultés concerne la mise au point des additifs qui permettront de conserver les propriétés mécaniques des enrobés », souligne Christophe Salvatge, responsable du laboratoire Gracchus, associé à Malet sur ce cycle d’essais. Ces additifs sont indispensables pour redonner au bitume sa souplesse, sachant que les matériaux issus du recyclage sont sensiblement plus durs et plus cassants que les produits neufs. Les résultats définitifs du projet Mure sont attendus d’ici la fin de l’année 2020.

Multirecyclage des enrobés : le projet associe l’ensemble de la filière routière

Porté par 35 organisations, dont les principales entreprises de travaux routiers en France (Colas, Eiffage Infrastructures, Eurovia, Malet, Roger Martin, Siorat…), le projet National MURE est administré par l’Irex (Institut pour la recherche appliquée et l’expérimentation en génie civil) avec le soutien du ministère de l’Environnement. La FNTP et Routes de France (Union des Syndicats de l’Industrie Routière de France) sont également partenaires du programme, dont la direction est assurée par Jean-Eric Poirier, directeur scientifique de Colas.

Le volet scientifique Improvmure est lui porté par l’Agence nationale de recherche (ANR) sous la coordination d’Eiffage Travaux Publics.

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