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Reconstruire derrière une façade

ISABELLE DUFFAURE-GALLAIS, JACQUES-FRANCK DEGIOANNI, CLAUDE MANDRAUT, SANDRA HEISS, ALIX DE VOGUE, CHRISTIANE PERRUCHOT, JEAN-MARC MATALON, REMY MARIO |  le 02/05/2003  |  RénovationGros œuvreBoisProduits et matérielsEntreprises

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Place Valhubert et boulevard de l'Hôpital, à Paris XIIIe, 23 000 m2 de bureaux sont construits derrière une longue façade de pierre conservée. La rénovation d'un immeuble en conservant ses seules façades séduit plus d'un maître d'ouvrage. Ce type d'intervention requiert un phasage rigoureux et une coordination sans faille entre intervenants. Une pratique onéreuse, contestée... mais en plein essor.

Parce que « la forme d'une ville change plus vite, hélas, que le coeur d'un mortel » (Baudelaire), les opérations de rénovation placées sous le signe du « façadisme » tentent, à leur manière, d'y porter remède. De quoi s'agit-il ? De conserver, après démolition des structures intérieures, la seule enveloppe externe d'un bâtiment derrière laquelle viendra prendre place un nouveau programme.

Dopée par de successives flambées spéculatives, cette pratique de cosmétique urbaine a succédé aux opérations « table rase » des années 70 et accompagne désormais la mutation des quartiers bourgeois en quartiers d'affaires. Contestables sur le plan esthétique, ces interventions en milieu contraint obligent également à d'acrobatiques contorsions tant conceptuelles que techniques.

Coordonner le travail du béton et celui de la charpente

« Les principales difficultés techniques sont liées à l'insertion en site urbain et à l'accès de chantier rendu plus difficile par la conservation de la façade », souligne Yves Glandon, directeur technique de Vinci Construction. Le groupe Vinci est particulièrement équipé pour ce type d'opérations au travers de ses sociétés Sogea Construction et GTM Construction. La première compte parmi ses filiales Bateg, CBC (auteur de l'îlot La-Fayette à Paris) et Sicra (ex siège du Crédit Lyonnais à Paris), sans oublier SRC qualifiée « Monuments historiques ». Parmi les filiales spécialisées de GTM Construction figurent Dumez et GTM Bâtiment (Lainé, Petit) qui est intervenue sur l'îlot Edouard VII.

Pour ce type d'opérations de réhabilitation lourde, Vinci Construction fait systématiquement appel à ses équipes dédiées, dont les compétences sont le fruit d'une longue expérience de réalisation de projets comparables en sites urbains. « La capacité à coordonner le travail du béton et de la charpente métallique est aussi un facteur de réussite », ajoute le directeur technique. En effet, l'entreprise de gros oeuvre chargée de construire le nouvel édifice doit composer avec les entreprises de démolition, de travaux en sous oeuvre et de contreventement...

Une concertation sans faille entre ces différents intervenants et le maître d'ouvrage est indispensable pour définir les séquences de travaux. « Il existe un protocole général d'intervention pour ce genre d'ouvrage qu'il convient d'adapter à chaque opération, afin de tenir compte de leurs contraintes spécifiques », explique Yves Glandon. Avant de commencer la démolition, plusieurs solutions de stabilisation provisoire de la façade s'offrent aux entreprises. La première, qui libère l'espace intérieur pour la construction du nouveau bâtiment, consiste à monter un échafaudage poids à l'extérieur. Composé de tubes métalliques reliés à la façade, il est lesté à sa base. En l'absence d'autorisation d'implanter un tel équipement sur le domaine public, on pourra opter pour la palée de contreventement. Des semelles de fondation sont réalisées, en sous oeuvre du bâtiment existant, pour ancrer les pieux qui sont, par ailleurs, liaisonnés en superstructure par des liernes de part et d'autre de la façade.

Avantages et inconvénients

Ce procédé semble être aujourd'hui le plus répandu. Inconvénient : le dispositif de contreventement empiète sur le volume de l'ouvrage à construire. L'emplacement des éléments doit être soigneusement défini, en évitant les structures porteuses du bâtiment existant et celles du bâtiment à venir. « La démolition commence par une intervention manuelle, explique Jérôme Longelin, P-DG de l'entreprise de démolition Adec. Les toitures sont déposées à la main, ainsi que toutes les huisseries, les revêtements de sol et les équipements intérieurs. L'ensemble est évacué après un tri sélectif des déchets. La plupart des chantiers font, par ailleurs, l'objet d'une intervention spécifique par une entreprise qualifiée pour la dépose des matériaux et produits contenant de l'amiante. La structure des étages supérieurs est également démolie au marteau-piqueur ou à l'aide de mini-pelles de 1 500 kg, après avoir étayé les planchers ou réalisé des platelages. »

Une pratique en essor régulier

A l'issue de ces travaux préliminaires, la pelle de démolition peut arriver. Les bâtiments à détruire sont généralement organisés autour d'une cour. Pour permettre à la pelle d'y accéder, un portique métallique d'environ 7 m sur 4 m est réalisé dans la façade, en agrandissant le porche d'entrée trop étroit. « L'idéal est de pouvoir faire entrer un semi-remorque dans la cour pour évacuer les gravats sans trop perturber la circulation », remarque Jérôme Longelin. La pelle à chenilles, dont la flèche munie d'une cisaille se développe à 18,50 m, voire à 27 m, est posée au milieu de la cour, sur une couche de gravats issus de la démolition des étages supérieurs.

Le tas de gravats constitue un matelas qui amortit les chocs

« Ce tas de gravats permet non seulement de rehausser la pelle pour gagner 2 à 3 m en hauteur, mais il constitue également un matelas qui amortit les chocs », explique le démolisseur. A l'avancement, les planchers et les voiles perpendiculaires à la façade conservée sont désolidarisés de celle-ci, ainsi que des murs mitoyens. « Dans ce type d'intervention, la sécurité des intervenants est plus sensible que lors des démolitions par abattage, analyse Jérôme Longelin. On joue, en effet, à la fois sur la stabilité et l'instabilité des différents éléments. »

« Les liaisons du bâtiment nouvellement construit avec la façade à conserver se font de deux manières différentes, explique Yves Glandon : soit directement et à chaque niveau par les dalles de plancher, lorsque la façade conservée peut le supporter, soit en construisant une deuxième façade qui supportera l'ancienne selon un rythme de fixations à définir (toujours plus important que la hauteur d'étage). » Dans les deux cas, la nouvelle structure sert à stabiliser la façade conservée.

« Ce type de projet se développe régulièrement, malgré les surcoûts non négligeables qu'il engendre », constate Yves Glandon.

Reste que, si des justifications constructives a posteriori peuvent toujours être apportées à cette pratique, ses effets en termes d'urbanisme sont connus et souvent déplorés : muséification des centres-villes, hiatus grandissant entre expression en façade et vérité structurelle, frilosité architecturale, etc.

En savoir plus

Façadisme et identité urbaine, collection « idées et débats », éditions du Patrimoine/Monum, 2001.

PHOTO :

PARIS Place Valhubert et boulevard de l'Hôpital, à Paris XIIIe, 23 000 m2 de bureaux sont construits derrière une longue façade de pierre conservée.

NICE Renaissance de la façade classée du Palais de la Méditerranée

Afin de greffer à l'arrière de la façade classée « Monument historique » du Palais de la Méditerranée (Nice), un complexe hôtel et casino de 10 000 m2 en R + 9 tout en assurant le maintien et la consolidation de celle-ci pendant l'érection du bâtiment, les entreprises ont réussi un tour de force technique. La solution retenue a consisté à réaliser une partie (6 m de large, 15 m de haut) en béton de la future construction, laquelle a reçu ensuite une charpente métallique provisoire reliée aux anciens bracons qui assuraient depuis des années le maintien de la façade, avant d'achever enfin la structure complète du bâtiment.

MAITRISE D'OUVRAGE : SCI France Congrès (Meunier Méditerranée).

MAITRISED'OEUVRE : Olivier-Clément Cacoub, Maurice Giauffret, architectes.

ENTREPRISES : Groupement Dumez Côte d'Azur - Miraglia (gros oeuvre).

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MARSEILLE Façade hétérogène pour trois siècles d'histoire

La façade de la nouvelle bibliothèque de l'Alcazar résume, à elle seule, le parti architectural de cet équipement dont la réalisation vient de s'achever au coeur du plus vieux quartier de Marseille. Résolument « contemporaine » dans un environnement patrimonial très dégradé, cette façade est en fait composée de trois éléments distincts, faisant chacun référence à une période de l'histoire du cours Belsunce. Sa partie principale a été édifiée à la place d'un immeuble intégralement démoli. Composée d'une plaque de marbre « arabescato » prise entre deux feuilles de verre Saint-Gobain extra-blanc, ce morceau de façade de 30 mètres de long et de 20 mètres de haut a pour double fonction de signaler l'entrée de l'édifice et de capter la lumière naturelle (mais pas le rayonnement solaire) au profit des salles de lecture. D'une épaisseur de 27 mm, chaque panneau, accroché à la charpente métallique par quatre points d'ancrage, est calepiné pour obtenir un effet de marqueterie.

Une ouverture découpée à l'intérieur de la surface marbrée et vitrée constitue le second élément de cette façade hétérogène. C'est là que sera prochainement encastrée l'ancienne marquise (entièrement réhabilitée et partiellement redorée) du music-hall de l'Alcazar, une scène construite en 1852. La troisième partie du fronton de la bibliothèque répond à la nécessité de conserver la mémoire d'un immeuble adjacent à l'ancienne salle de spectacles.

Si l'arrière de cet édifice du XVIIIe siècle, dessiné par Puget, a été démoli pour donner de l'espace et de la profondeur au nouvel équipement public, sa façade a été minutieusement restaurée. Accrochée à une charpente métallique, elle repose sur un contre-voile en béton, tandis que les ouvertures ont fait l'objet d'un étrésillonnement. Pour mener à bien cette opération, d'importants moyens de levage ont été mobilisés, notamment une grue automotrice positionnée à l'intérieur du bâtiment et intégralement démontée en fin de chantier.

MAITRISE D'OUVRAGE : Ville de marseille.

MAITRISE D'OUVRAGE DELEGUEE : Marseille Aménagement.

MAITRISE D'OEUVRE : Adrien Fainsilber, architecte (mandataire) et Didier

Rogeon.

BUREAU D'ETUDES TECHNIQUES : Beterem Ingénierie

ENTREPRISES : Gagneraud, travaux préparatoires ; Saem et Dumez Méditerranée,

gros oeuvre ; Vivian, enduits et reconstruction ; Vinson, charpente métallique ; Alquier, marbre et verre.

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METZ Le Magasin aux Vivres réhabilité en hôtel de luxe

Le projet du cabinet messin Alpha Architecture conserve la volumétrie allemande de ce bâtiment militaire de plus de 6 000 m2, construit en 1559 en plein coeur de la ville. La façade retrouvera son échelle « française » avec la suppression des fenêtres carrées de l'étage supérieur, remplacées par une fente de verre assise sur une corniche en pierres jaunes de Metz et ponctuée de doubles poteaux en bois. Le groupe hôtelier Holigest, maître d'ouvrage, devrait inaugurer son Crowne Plaza en juin 2004.

MAITRISE D'OUVRAGE : Holigest.

MAITRISE D'OEUVRE : Alpha Architecture.

ENTREPRISES : Keller, fondations ; Thouraud, gros oeuvre, Maddolon, charpente.

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BORDEAUX Les anciennes «Nouvelles Galeries» se remplissent à nouveau

Vendu à l'investisseur Corio, le bâtiment des anciennes « Nouvelles Galeries » de Bordeaux retrouve une vocation commerciale. Tel que reconfiguré, il accueille sur 18 500 m2 quatre enseignes (Go Sport, H&M, Sephora et la Fnac) qui ouvriront successivement de la mi-avril à l'été 2003. Pour le gros oeuvre, ce chantier, conduit par GTM GSO en tant qu'entreprise générale, s'est étalé de septembre 2001 à la mise à disposition des enseignes, en novembre 2002. En fait, seule la façade, sur deux côtés, a été conservée et réhabilitée. Cet immeuble de la fin du XIXe siècle avait été maintes fois remanié et les volumes existants ne correspondaient plus à une exploitation commerciale moderne. Le chantier présentait la difficulté de se situer en centre-ville avec impossibilité d'étayer la façade par l'extérieur et l'obligation de devoir être approvisionné en passant par des petites rues et des voies piétonnes.

Autre gageure, il s'est déroulé en même temps que les travaux du futur tramway de Bordeaux. La démolition a commencé par l'arrière avec la destruction des bâtiments de stockage très composites. « Nous avons effectué un curetage en conservant seulement deux façades », explique Jacky Ferrier, chef de service, directeur des travaux. Une rotonde se trouve à l'articulation de ces deux façades. La logistique étant très importante, la livraison des matériaux a été programmée par un « Monsieur logistique » au quart d'heure près, afin que personne ne perde de temps. Ne pouvant pas avoir recours aux profilés métalliques de longue portée utilisés habituellement pour les étaiements, Jacky Ferrier a utilisé des tubes de 2 à 3 m de longueur, manuportables, et fixés par des colliers. L'ensemble de la structure repose à 6 m de profondeur sur des micropieux enfoncés à 14 m et inclinés à 30°.

Pour la reconstruction, il a fallu jongler entre la trame de l'étaiement, la trame de la construction et la trame de la démolition qui étaient différentes.

« Nous avons travaillé avec deux types d'équipes, celles qui reconstruisaient le coeur du bâtiment et celles qui étaient en périphérie », commente Bernard Hudrisier, directeur de l'agence Aquitaine de GTM GSO.

Le procédé constructif a consisté en la mise en place de dalles en béton alvéolaire de 10 mètres en partie centrale, alors qu'en périphérie, des bacs collaborants avancent jusqu'à la façade.

INVESTISSEUR : Corio.

MAITRISE D'OUVRAGE : Sarl Bordeaux 2002.

MAITRISE D'OEUVRE : Philippe de Fouchier et Philippe Mazières, architectes.

BUREAU DE CONTROLE : Bureau Veritas.

DEMOLITION : Delair.

ENTREPRISE GENERALE : GTM GCS.

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LILLE Etayer plutôt que démonter des façades inscrites

L'extension du centre commercial des Tanneurs, réalisée sur une friche urbaine de la rue de Paris (Lille), a nécessité la conservation de huit façades (deux façades du XVIIe, cinq du XVIIIe et une du XIXe siècle), dont six d'entre elles sont inscrites à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. « Nous avions un devis de démontage et de remontage, ce qui aurait été à l'avantage du chantier, indique Pierre Favé, architecte en charge du projet au sein de l'équipe de Pierre-Louis Carlier, mais je ne voyais pas comment on aurait pu les remonter à l'identique. Il y avait un risque de déchet important avec les pierres calcaires tendres et les briques anciennes. Surtout, on y aurait perdu les irrégularités et les hors d'aplomb qui en font une partie du charme. »

La solution retenue a donc consisté à les maintenir à l'aide d'un étaiement installé sur le trottoir sur 45 m de long et 3,50 m de large. « L'inscription à l'inventaire interdisait le moindre trou ou scellement. On a donc bridé la façade », explique Paul Sintive chez Entrepose. Des protections en bois ont été mises en place lorsque les tubes de l'échafaudage venaient au contact de la pierre ou de la brique. L'étaiement, très dense, a nécessité 60 t de matériel et 150 t de lest. « Afin de conforter la tenue du terrain et des façades, des reprises adjacentes ont été réalisées en sous-sol, sur 8 m de profondeur, côté chantier (parois berlinoises). Les façades seront liaisonnées aux nouveaux planchers par des chaînages métalliques.»

MAITRISE D'OUVRAGE : Altaréa.

MAITRISE D'OEUVRE : Pierre-louis Carlier, architecte ; Coplan Ingénierie, OPC.

ENTREPRISES : Thouraud, gros oeuvre ; entrepose, étaiement.

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ECOLE-VALENTIN (DOUBS) Des logements sociaux dans des fermes désaffectées

Dans l'impossibilité de construire du neuf sur cette partie de la commune d'Ecole-Valentin, à la périphérie de Besançon, l'office public d'HLM du Doubs a « désossé » deux corps de fermes du XVIIIe siècle afin d'y aménager 21 logements. Un type de chantier « pragmatique » qui découle de l'analyse des pathologies du bâti et des résultats des études de sol. « Nous avons joué la carte de la sécurité », commente Philippe Lelièvre, architecte. Les études préalables indiquaient, pour le bâtiment le plus récent, que seul le pignon principal, d'une hauteur de 13 m, était trop fragile pour être conservé. Durant la phase de démolition, nous avons également constaté qu'un mur de soutènement présentait des fragilités. La solution a donc consisté à ne conserver que deux des façades d'origine et à reconstruire, à l'intérieur du bâtiment, une ossature en béton indépendante. Les charpentes ont été repositionnées, mais seule la ferme de l'ancienne grange a été remise en état afin de préserver l'esthétique de l'ensemble. Les volumes intérieurs ont été restructurés sur trois niveaux en décalage avec les planchers initiaux, afin de tenir compte des hauteurs minimum des appartements. Ceux-ci sont accessibles par un escalier métallique implanté dans l'ancienne grange. Cette travée centrale, de 15 m de hauteur sous faîtage, reste ouverte sur l'extérieur et est éclairée depuis la toiture par des tuiles de verre disposée en alternance avec celles en terre cuite. La différence de niveau entre les planchers et les ouvertures d'origine est masquée par des impostes en bois. « Pour ce type de chantier, il faut aussi beaucoup d'efforts d'adaptation des entreprises », remarque Philippe Lelièvre.

MAITRISE D'OUVRAGE : Habitat 25.

MAITRISE D'OEUVRE : Philippe Lelièvre, architecte ; image et calcul,

BET structure.

ENTREPRISES : SAS P. Chaillet, vrd, démolition, gros oeuvre, enduits ; Verdot, charpentes ; Mairey, menuiseries.

LIVRAISON : août 2003.

COUT : 11,34 millions d'euros.

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«Le façadisme est contraire aux exigences du développement durable» Avis d'expert Christiane Schmückle-Mollard, architecte en chef des Monuments historiques

Né en Belgique dans les années 80, le façadisme a pris dans les capitales européennes un essor inquiétant. A Paris, dans le « centre des affaires » du VIIIe arrondissement, plus de 2 millions de mètres carrés ont été vidés de leur substance ! Ces interventions d'un coût élevé privent en outre, sur le long terme, le secteur du bâtiment d'une main-d'oeuvre qualifiée dans les métiers de la restauration.

En dévorant la substance même du patrimoine, elles produisent également d'énormes quantités de déchets de démolition.

Parce qu'à Bruxelles, dans les années 70, le ministre chargé de l'Urbanisme affirmait que la façade appartient à celui qui la regarde et non à celui qui l'habite, beaucoup en ont conclu que ce qui se passait derrière cette façade ne regardait que le propriétaire ! Les musées de cette ville ont été les premiers à mettre en pratique cette doctrine en vidant les hôtels urbains et les palais de la place Royale...

Les urbanistes et architectes dignes de ce nom doivent refuser et combattre le fléau du façadisme qui accouche d'une « architecture de silo » : des planchers empilés derrière une façade. Il est indispensable de penser la ville et son bâti au travers d'une vision élargie et de mener des études « fines » afin de protéger le parcellaire chaque fois qu'il a engendré une mixité sociale et une qualité de vie incontestable.

La façade historique ne saurait avoir une vie autonome dans le contexte du façadisme tel qu'il existe aujourd'hui. Il faut optimiser les opérations de réutilisation avec une approche archéologique du patrimoine dans son intégralité. Les opérations réversibles doivent être favorisées et se montrer davantage respectueuses de l'écologie en matière de déchets de démolition.

Il faut également définir des critères de reconnaissance de la valeur architecturale du patrimoine et de sa capacité à accueillir de nouveaux usages. Chacun doit être conscient que le façadisme est contraire aux exigences du développement durable dans le coeur historique des grandes villes.

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