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Reconstruire Bam ou comment concilier risques sismiques et tradition

DEVIGE-STEWART Thierry |  le 16/12/2004  |  InternationalCultureArchitectureEnergies renouvelablesParis

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Le 26 décembre 2003, le séisme le plus meurtrier depuis plus d'un quart de siècle avait détruit Bam en Iran, tuant près de 31.000 de ses habitants, et sa citadelle en pisé dont les origines remontaient à plus deux millénaires.
Les 75.000 sans-abris après le séisme ont retrouvé un toit provisoire, avec la construction rapide de 36.000 unités dans le centre ou dans des camps en périphérie mais pour la suite, "le plan d'urbanisme n'est pas encore connu".
Les autorités tardent à annoncer le zonage des quartiers et d'autres détails même si les types de maisons et les matériaux à utiliser ont déjà été choisis pour la reconstruction, affirme M. Bijan, un chercheur irano-américain à l'Université de Columbia.
En attendant, rien n'interdit de rêver une ville exemplaire, qui résisterait évidemment bien mieux aux séismes et dont l'architecture reflèterait la tradition culturelle perse tout en incorporant des technologies de pointe. C'est ce que font experts et architectes réunis actuellement à Washington.
"Les victimes doivent retrouver l'atmosphère de leurs anciennes maisons, ils doivent se sentir chez eux, mais il faut construire avec des techniques et des matériaux nouveaux", solides et abordables, plaide Keyvan Khosrovani, un architecte iranien basé à Paris.
"Il faudrait imaginer une sorte de laboratoire de simulation, comme on fait pour les voitures, pour tester les structures et montrer aux gens que leur maison tiendra" en cas de nouveau séisme, ajoute-t-il.

Pour "retrouver la fierté nationale et réconforter les gens", la citadelle va aussi être reconstruite, rappelle l'architecte. Il attribue son effondrement total au fait qu'elle n'avait fait l'objet que de "réparations cosmétiques" superficielles, "comme on maquillerait une morte", en négligeant fondations et structures.
Son confrère Hossein Amanat, un Iranien vivant à Vancouver, voudrait que "les erreurs du passé ne se répètent pas" et que les autorités prennent le soin de maintenir la ville suffisamment éloignée du site de la citadelle, comparant sa contiguïté avant le séisme aux boutiques se trouvant au pied du Sphinx en Egypte.

"Soyons fous, osons imaginer un tout nouveau plan de ville. Les probabilités d'y parvenir sont faibles, mais un architecte doit penser au-delà", ajoute-t-il avec malice.
M. Amanat rêve notamment de panneaux solaires, un "must absolu" pour Bam, "une ville ensoleillée jusqu'à 350 jours dans l'année", et de "toits verts" recouverts de plantes, peu gourmandes en eau, qui réduisent la pollution et rejettent de l'oxygène dans l'air.

Mina Marefat, qui a organisé ce colloque à la Bibliothèque du Congrès, a aussi fait plancher des étudiants en architecture de Washington sur des projets pour Bam. Plusieurs d'entre eux ont imaginé des solutions pour recycler les décombres du tremblement de terre, dispersés tout autour de la ville.
"Là bas, le soir, on voit des étincelles de toutes parts, on se croirait presque à Los Angeles", plaisante-t-elle. "Ce sont les bouts de métaux mélangés aux gravats qui reflètent les lumières".

Mme Marefat espère que ces projets, transmis à l'agence gouvernementale iranienne du Patrimoine culturel, comme les suggestions des architectes qu'elle a réunis, pourront contribuer à des applications pratiques.

(avec AFP)

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