En direct

Reconstruction Les entreprises se positionnent au Kosovo

guillaume delacroix, jacques-franck degioanni, jean-pierre delorme |  le 18/06/1999  |  TechniqueEnvironnementParis

Pour le moment mobilisé par les opérations de déminage, le Génie militaire devrait rapidement faire appel au privé pour la reconstruction.

Alors que les troupes de la Kfor (Kosovo Force) prennent place dans la région, la question de la reconstruction de la province yougoslave est concrètement posée aux Occidentaux. « La France a déjà joué au Kosovo un rôle déterminant. Elle doit naturellement avoir une place de premier plan dans la reconstruction économique. Dans les principaux secteurs, eau, électricité, télécommunications, travaux publics, nos entreprises peuvent jouer un rôle majeur », a déclaré Dominique Strauss-Kahn, ministre de l'Economie et des Finances, le 5 juin dernier.

Le Fonds monétaire international (FMI) a évalué les besoins à au moins 6,3 milliards de francs pour la seule année 1999 pour les pays limitrophes, et à environ 20 milliards de francs par an pendant plusieurs années pour le Kosovo. Mais tous ces chiffres resteront incertains tant que les experts n'auront pas analysé sérieusement la situation sur place. Les troupes de la Kfor ont commencé par assurer la sécurité de l'axe routier principal, qui relie Skopje à Belgrade, en passant par Pristina. Le réseau secondaire reste quant à lui à déminer. Le génie militaire y pourvoit, en rétablissant dans l'urgence les ouvrages prioritaires, comme certains ponts, mais surtout les équipements liés à l'eau potable et à l'électricité.

Des financements européens

Par la suite, il sera fait appel au secteur privé. L'Union européenne va créer une agence chargée de la coordination de la reconstruction du Kosovo et de l'ensemble de la région, qui devrait être opérationnelle avant la fin de l'été. La Commission européenne et la Banque mondiale ont créé une structure commune à Bruxelles afin d'analyser et d'évaluer les besoins financiers, et les deux institutions coordonneront la mise en oeuvre des futures actions décidées lors des réunions de donateurs.

La Commission garde toutefois ses propres programmes d'aide aux pays de la région qui s'intègrent notamment dans le programme Phare. La DG1A (Relations extérieures) propose sur Internet des pages intéressantes sur lesquelles figurent les textes de base, les personnes à contacter et même des « moteurs de recherche » pour retrouver les programmes subventionnés et les appels d'offres. A cet égard, c'est une société française, le BCEOM, qui est chef de file du contrat-cadre pour les projets énergétiques que la Commission finance.

Enfin, il ne faut pas oublier que la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque européenne d'investissement (BEI) pourraient également financer des projets, selon leurs critères d'intervention spécifiques (voir encadré ci-contre).

Déjà très présente dans la région, l'ingénierie française est à pied d'oeuvre. BCEOM (routes) et Sodeteg (hôpitaux) sont implantés en Macédoine et en Albanie. En Bosnie, Systra (transports), Safege (adduction, assainissement, électrification) et Sofinfra (études et conseils techniques préalables) se préparent. Et pour mieux coordonner les actions des sociétés d'ingénierie qui souhaitent intervenir sur ce terrain, Hédy Belhassine, directeur de Sofinfra, a mis en place un comité « Actions d'urgence » au sein de Syntec, la chambre syndicale de l'ingénierie.

Les majors sur les lignes

Côté entreprises, tout le monde s'intéresse au Kosovo, à commencer par les majors. En cas de catastrophe, Vivendi et Suez-Lyonnaise des eaux mettent traditionnellement des experts à la disposition des autorités. Mais comme le rappelle Gérard Mestrallet, président du directoire de Suez-Lyonnaise des eaux, « l'implication des organisations multilatérales dans le partage des risques est une condition essentielle ». Pas question, donc, d'oeuvrer généreusement pour la paix.

En revanche, si les conditions de sécurité financière sont garanties, les entrepreneurs ne demandent évidemment pas mieux que de participer aux travaux. Notamment ceux qui ont des intérêts dans la région. Exemple : Bouygues, qui accuse une baisse de fréquentation significative sur l'autoroute hongroise M5 qui lui a été concédée. Un axe qui relie Budapest... à la frontière serbe.

PHOTO

Les ponts ont été une des cibles privilégiées de l'Otan. Ici, le pont de Milosevo, sur la route entre Pristina et Mitrovica.

CONTACTS...

Union européenne

-Site Internet projets : http : //europa.eu.int/comm/dg1a/site/contacts/contacts-dg1a.htm

-Coopération européenne avec les Balkans : Patrick Renauld ; tél. : 00.32.2.299.08.07

-Programme Phare/Energie : BCEOM ; Claude Peyrebonne ; tél. : 01.30.12.49.58.

Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd)

-tél. : 00.44.171.338.60.00 ; http : //www.berd.com

-projets et propositions tél. : 00.44.171.338.62.82;

-équipes-pays : M. Descamps; tél. : 00.44.171.338.63.59

Banque européenne d'investissement (BEI)

-tél. : 00.352.43.79.31.53 ; http : //www.bei.org

-Pays d'Europe centrale et orientale : Max Messner ; tél. : 00.352. 43.79.31.50, E-mail : [email protected]

Les projets bénéficiant de financements internationaux doivent respecter certaines règles de publicité. En ce qui concerne l'Union européenne et la BEI, les appels d'offres sont publiés au «Journal officiel des Communautés européennes», série S.

-S'adresser au JORF, 26, rue Desaix, 75015 Paris ; tél. : 01.40.58.75.90 ou 01.40.58.76.45.

Pour la Berd, tous les projets sont référencés dans le « Procurement Opportunities » ;

-tél. : 00.44.171.338.75.53 ; fax : 00.44.171. 338.61.02.

Commentaires

Reconstruction Les entreprises se positionnent au Kosovo

Votre e-mail ne sera pas publié

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur