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Notre-Dame : « Nous ne sommes pas à l’abri de mouvements de l’édifice »
"L’eau s’est infiltrée dans les joints, la maçonnerie… Nous ne sommes pas à l’abri de mouvements qui risquent d’entraîner des désordres lorsque le bâtiment sera complètement sec", prévient Frédéric Létoffé, le co-président du GMH. - © A.F.

Notre-Dame : « Nous ne sommes pas à l’abri de mouvements de l’édifice »

Augustin Flepp |  le 16/04/2019  |  PatrimoineEglisesFFBMonument historiqueReconstruction

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Frédéric Létoffé, le co-président du Groupement des monuments historiques (GMH), souligne que l’énorme quantité d’eau, utilisée par les pompiers de Paris pour éteindre l’incendie, génère des risques d’infiltration et de désordre dans la structure du monument.

Vingt-quatre heures après l’impressionnant incendie qui a ravagé la toiture de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, Frédéric Létoffé, le co-président du Groupement des monuments historiques (GMH), adhérent à la FFB, et Jacques Chanut, le président de la FFB, ont tenu à répondre aux nombreuses interrogations soulevées par cet accident, ce mardi 16 avril 2019, dans l'après-midi.

"C’est une charpente du 13e siècle qui a malheureusement une capacité à absorber le feu de manière exponentielle", a précisé Frédéric Létoffé. « Une partie de la couverture est en plomb et en cuivre, ce qui a accéléré l’incendie puisque le plomb entre en fusion entre 300 et 400° degrés ».

L'eau s'est inflitrée

Y’a-t-il eu des failles dans le dispositif de sécurité ? Pourquoi les pompiers ne sont pas intervenus plus tôt ? L’édifice était bien équipé de détecteurs incendies reliés à un PC de sécurité, d’extincteurs et de colonnes sèches. « Les pompiers ne pouvaient pas accéder à la charpente car l’incendie était d’une telle ampleur, qu'en moins d’une heure, la quasi-totalité de la charpente est partie en fumée », confie Frédéric Létoffé.

Dès le début de l’incendie, le GMH a travaillé en étroite collaboration avec le ministère de la Culture et la direction du pPtrimoine afin de les aider à réaliser les travaux d’urgence, à savoir les travaux de consolidation de certains éléments de structure. "Tous les périls ne sont pas écartés aujourd’hui", prévient le groupement. « Toute la nuit de lundi à mardi, les pompiers ont aspergé les voûtes pour éteindre le feu. L’eau s’est infiltrée dans les joints, la maçonnerie… Nous ne sommes pas à l’abri de mouvements qui risquent d’entraîner des désordres lorsque le bâtiment sera complètement sec. Tant qu’il n’y aura pas de protection installée contre les intempéries, il y aura un risque d’infiltration et donc de dégradations ».

D’importants travaux de nettoyage des pierres noircies par la fumée sont également à prévoir.

"Entre 10 et 15 ans de reconstruction"


Ces travaux indispensables conduiront à la reconstruction de l’édifice. « Nous avons entendu tout et son contraire ces dernières heures. J’ai entendu un ancien ministre parler de 3 à 4 ans mais c’est totalement irréalisable ! Une restauration entre 10 et 15 ans me paraît raisonnable. La sécurisation du site va nécessiter beaucoup de travail », indique Frédéric Létoffé. Le coût des travaux est évalué à « plusieurs centaines de millions d’euros », indique Jacques Chanut.


Au-delà des travaux de confortement, les professionnels des monuments historiques recommandent d’installer un échafaudage et un" parapluie" afin de protéger de la pluie la totalité de la couverture qui s’est écroulée.


La question du choix architectural se pose également. « Il va y avoir le temps court du confortement, le temps plus long de l’ingénierie et le temps encore plus long de la restauration", rappelle Jacques Chanut, le président de la FFB. « Contrairement à ce que nous avons pu entendre, les moyens locaux pour restaurer cette cathédrale existent. Nous n’avons pas besoin de faire appel à des structures étrangères », insiste le dirigeant.

Le groupement des monuments historiques représente 210 entreprises de restauration et 9 000 salariés répartis dans 12 métiers : maçons, charpentiers, couvreurs, ferronniers…

Double-numérique

Le mode opératoire de la reconstruction sera débattu entre la conservation régionale des monuments historiques et l’architecte des monuments historiques désigné pour ces travaux, rappelle le GMH.

Du côté des matériaux, la reconstruction de la cathédrale pourrait s’appuyer sur des ressources disponibles dans le bassin parisien pour la pierre (carrières de calcaire) et dans le reste de la France pour le bois. « Si nous voulons repartir sur des méthodes traditionnelles de restauration, nous savons le faire », affirme Frédéric Létoffé.

Autre point encourageant : la plupart des pièces de l’édifice parisien ont fait l’objet d’une numérisation. « Nous sommes en train d’agréger toutes les données et d’ici une semaine nous serons en mesure de savoir si nous détenons la totalité du double numérique de Notre-Dame-de-Paris », a indiqué le dirigeant de l’entreprise Art Graphique et Patrimoine qui réalise depuis 25 ans des campagnes régulières.

Elan de générosité


Plusieurs grandes entreprises françaises et riches donateurs ont d’ores et déjà apporté un soutien financier dans le cadre de la souscription nationale lancée par la fondation du patrimoine. Pour l’heure, près de 4 millions d’euros ont déjà été collectés par l’organisation.

« Ces premières heures nous permettent de garder l’espoir de pouvoir reconstruire la cathédrale à l’identique, avec la même approche mais avec des techniques de construction modernes », se réjouit Jacques Chanut. « L’idée, c’est aussi de faire de ce chantier une école des métiers de la conservation du patrimoine », souligne le président de la FFB.

Que dit la réglementation anti-incendie ?


Le GMH rappelle que la réglementation impose aux professionnels réalisant un travail par chalumeau (point chaud) d’attendre au moins deux heures sur le chantier afin de vérifier qu’aucun feu ne se soit propagé. Un guide de prévention anti-feu recommande, notamment, de protéger les tableaux électriques, d’installer des extincteurs à proximité. Lors de travaux, l’usage du feu est encadré par différents codes (ERP, IGH, ICPE…) qui imposent une demande d’autorisation (permis de feu) auprès du maître d’ouvrage.

Commentaires

Notre-Dame : « Nous ne sommes pas à l’abri de mouvements de l’édifice »

Votre e-mail ne sera pas publié

berrichon

17/04/2019 16h:34

ENFIN DES PAROLES DES HOMMES DE L'ART JE PARTAGE L'APPROCHE DES IDEES PAR CONTRE 15 ANS ME SEMBLE VRAIMENT CONFORTABLE JE RESTE A 10 ANS

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