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« Ré-enchantons la botanique », par Véronique Mure, conseillère en botanique, jardins et paysage
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« Ré-enchantons la botanique », par Véronique Mure, conseillère en botanique, jardins et paysage

Véronique Mure |  le 16/02/2017  |  PaysageERP

Conseillère en botanique, jardins et paysage et spécialiste de la flore méditerranéenne, Véronique Mure enseigne à l’Ecole nationale supérieure du paysage à Marseille et à l’université du temps libre de Nîmes.  Comme de nombreux acteurs de la filière horticole et paysagère, elle déplore un déficit de connaissances, malgré les bienfaits reconnus de la proximité des végétaux. Ce constat alimente une crainte : déconnectés de la nature, les générations montantes  se mobiliseront-elles pour la défendre ?

Le botaniste Francis Hallé commence souvent ses conférences (ou les termine) en expliquant combien l’arbre qu’il connaît aujourd’hui est différent de l’arbre qu’il a étudié lorsqu’il était à l’université.  C’est un fait, ces dernières décennies nos connaissances en botanique, cette science consacrée à l'étude des végétaux, ont progressé dans des domaines qui personnellement me fascinent.

Les chercheurs Stéfano Mancuso, Bruno Moulia,  Daniel Chamovitz et bien d’autres explorent depuis des années les mécanismes sensoriels des plantes et leurs travaux ouvrent une porte sur un monde encore méconnu. Les portraits qu’ils dressent des plantes, de leur capacité à communiquer, sentir, percevoir leur environnement, y réagir, s’y mouvoir… nous les font découvrir sous un jour nouveau.

Une vie à découvrir

On le sait maintenant, communication, sensibilité, temporalité, mouvement… font partie de leur vie quotidienne.  Sans possibilité d’esquiver les situations à risque par la fuite, elles sont même bien plus sophistiquées que les animaux pour ressentir leur environnement et anticiper le danger.

Mais ne nous emballons pas ! Restons sur des éléments factuels et gardons-nous d’interprétations anthropocentrées, plaisantes à raconter, mais erronées. Jacques Tassin, chercheur en écologie végétale au Cirad à Montpellier, nous le démontre à chaque page de son livre « A quoi pensent les plantes ? ».

Par contre, ce que nous enseignent ces découvertes, c’est que ce règne végétal, avec lequel nous cohabitons depuis toujours, ou plutôt qui nous a généreusement accueilli…, est doté d’une vie dont il nous reste beaucoup à apprendre.

Une formation à repenser

Paradoxalement, en même temps que la science avance à grands pas, la botanique est de moins en moins enseignée, pour ne pas dire, plus enseignée du tout.

Par ailleurs, nos modes de vie urbains disloquent notre rapport « physique » avec les plantes (c’est vrai aussi du règne animal). Nous n’avons plus de lieu pour nous « frotter » au végétal et celui ci nous devient étranger. Les savoirs traditionnels s’effritent peut-être encore plus vite que la biodiversité. Et la connaissance n’est plus détenue que par des [...]

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