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RE 2020 : ArcelorMittal, Ursa, Vicat et Wienerberger en guerre contre l'ACV dynamique
La RE 2020 fait une analyse dynamique du cycle de vie des produits de construction. - © momius - stock.adobe.com

RE 2020 : ArcelorMittal, Ursa, Vicat et Wienerberger en guerre contre l'ACV dynamique

Adrien Pouthier avec AFP |  le 04/03/2021  |  ACVRE2020Ursa FranceArcelor MittalWienerberger

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Dans une tribune publiée par Les Echos mercredi 3 mars les dirigeants des quatre entreprises s'élèvent contre le mode de calcul du poids carbone des matériaux qui risque selon eux de favoriser "l'intérêt particulier de quelques industriels du bois".

La prise en compte de l'ACV dynamique pour le calcul du poids carbone d'un bâtiment dans la RE 2020 continue de mécontenter les industriels.

Cette fois ce sont quatre poids lourds de l'acier, de la brique, du ciment et de l'isolation en laine minérale qui dénoncent dans une tribune intitulée "Environnement : évitons la guerre des matériaux" et publiée dans Les Echos du 3 mars cette méthode et le choix du gouvernement.

"Le gouvernement choisit arbitrairement des paramètres qui avantagent à court terme les produits ayant des émissions notables en fin de vie (tous les produits contenant du carbone comme les plastiques ou le bois)", écrivent ainsi Philippe Darmayan, président d'ArcelorMittal France, Guy Sidos, président de Vicat, Frédéric Didier, directeur général de Wienerberger et Jean-Pierre Laherre,  directeur général d'Ursa France.

Cette nouvelle disposition reflète "un dogme selon lequel seul le bois permettrait de réduire l'empreinte carbone", affirment-il. "Ce dogme est faux. C'est par la complémentarité des matériaux qu'on progressera... pas en les dressant les uns contre les autres", ajoutent-ils.

"Si le gouvernement persiste contre toute logique, à imposer l'ACV dynamique simplifiée, nos industries, privées pour certaines de 40% de leur marché, devront fermer des sites", affirment encore les auteurs de la tribune.

3 questions à :

 

Jean-Pierre Laherre, directeur général d'Ursa France

 

Pourquoi avoir signé cette tribune ?

J’ai été contacté par Philippe Gruat de la filière béton sur le sujet. Il m’a proposé d’être cosignataire de cette tribune. J’ai accepté bien volontiers dans le sens ou comme le titre de cette tribune l’indique, nous voulons éviter la « guerre des matériaux ». S’agissant d’Ursa nous regrettons plus particulièrement qu’il n’y ait pas de méthode, de norme claire sur lesquelles se fonde cette ACV dynamique. Dans nos professions nous travaillons sur des documents normalisés comme les FDES. Le fait est que l’ACV dynamique ne  s’appuie pas sur de tels documents. Il n’y a pas de consensus sur ce calcul. Et ce n’est pas acceptable.

 


Que préconisez-vous pour que vos matériaux soient pris en compte de manière juste?

C’est la mixité des matériaux qui va faire la pertinence de cette RE 2020. L’idée c’est de ne pas favoriser un matériau plutôt que l’autre par un biais sur la mesure du cycle de vie de ces matériaux. Dans notre domaine spécifique, l’isolation, nous nous adaptons à toutes sortes de solutions, que ce soit en termes de construction, de process, ou de matériau. La vraie lutte pour nous c’est la baisse des émissions carbonées. Et nos solutions d’isolation, qui s’adaptent aussi bien au neuf qu’à la rénovation, vont dans ce sens-là. Il faut prendre en compte le cycle de vie du produit de sa naissance à sa fin de vie (destruction ou recyclage), simplement. Et il faut que sur la ligne de départ, le maître d’œuvre ou le maître d’ouvrage puissent choisir selon les principes habituels normés, les solutions qu’ils jugent les plus adaptées. Il faut que l’ACV soir normalisée et je pense qu’il n’est pas trop tard pour bien faire.

 


Plus largement quelles solutions environnementales préconisez-vous ?

Chez Ursa, nous avons des solutions moins carbonées comme notre laine de verre minérale qui est faite à partir de verre de parebrise recyclé. Et nous ambitionnons Xella (le groupe auquel appartient Ursa, ndlr) de réduire de 30% nos émissions d’ici 2030. Mais le vrai combat à l’avenir, sera pour l’environnement au sens large. Si la crise sanitaire a eu une vertu, c’est bien d’avoir permis une prise de conscience de tout un chacun, de l’importance des préoccupations environnementales, en termes de confort, de bien-être et bien sûr de santé. C’est une préoccupation majeure. Et pour Ursa, c’est un point capital. Nous proposons donc des solutions à la fois bonnes en termes de performance énergétique mais aussi de santé, à l’image de Pure One, un produit sans formaldéhyde. Nous allons d’ailleurs accentuer notre communication sur les bénéfices de ce type de solutions.

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