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Ramery, la dynamique anti-crise
Philippe Beauchamps, président du directoire de Ramery - © © Sébastien Jarry

Ramery, la dynamique anti-crise

Nicolas Guillon (Bureau de Lille du Moniteur) |  le 19/02/2015  |  Ramery

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Le groupe familial de BTP, né dans le Nord en 1972, confirme le succès de sa diversification. Avec ses 3 000 collaborateurs, l’ETI rayonne désormais sur une grande partie du territoire national. Et annonce un chiffre d’affaires de 540 millions d’euros, deux fois plus qu’il y a sept ans !

Tout ce qui est rare est précieux. Comme les Jeux Olympiques ou la Coupe du Monde de football, les conférences de presse de Ramery ne reviennent que tous les quatre ans. Le groupe familial cultive la discrétion et sa parole, anachronique, n’en prend que plus de force. Par sagesse, Philippe Beauchamps, le président du directoire, n’ose pas affirmer clairement que tout va bien mais convient que « cela va certainement moins mal qu’ailleurs ». Ajoutant avec humour : « Quand on se regarde on s’inquiète mais quand on se compare on se rassure ». Certes, les travaux publics, le premier métier de Ramery, souffre comme ailleurs, accusant en 2014 une perte de 2 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 198 millions d’euros. Mais chez ces gens-là on ne pleure pas. On essaie de voir plus loin. « Nous sommes en train de nous positionner sur des sujets plus porteurs, les réseaux et l’assainissement, et les marchés industriels, où nous étions déjà présents via notre filiale Ramery Environnement. »

Car en matière de stratégie, tout l’art de Ramery est dans l’anticipation. Ramery Environnement a sonné l’heure de la diversification en 2000 mais cette activité s’est véritablement développée à partir de 2007, en même temps qu’étaient créées deux autres filiales : Coexia (second œuvre et lots techniques) et Pream Immobilier (promotion immobilière et aménagement foncier), un sacré challenge au moment où le secteur se cassait la figure. Résultat : en 2014, le groupe Ramery a réalisé 30 % de son chiffre d’affaires sur des métiers qu’il n’exerçait pas avant 2007. Précisons que seule l’activité travaux publics était déficitaire sur l’exercice. Même le bâtiment a gagné de l’argent ! Pream a, pour sa part, franchi le cap des 1 000 réservations.

Affranchi du diktat de la bourse

Le bras armé de cette dynamique ? La croissance externe. Depuis sa création, Ramery a fait 65 acquisitions. La dernière date de début janvier : Gauthier Energies, entreprise de CVC, chauffage, ventilation et climatisation implantée dans le Maine-et-Loire, qui vient étendre les compétences de Coexia. Même méthode pour l’autre métier historique de Ramery, à savoir le bâtiment. Depuis quelques années, le groupe, confronté aux difficultés d’un bassin de vie en perte de vitesse démographique,  est parti à la conquête d’horizons plus dégagés, prenant le parti de se développer à l’Ouest. Ramery a d’abord racheté le Normand Zanello, qui réalise le chantier de la BMVR de Caen. Puis le Bordelais Snegso, qui lui a permis de décrocher un des plus gros chantiers  de logement de son histoire. Ramery bâtiment réalise désormais 32 % de son chiffre d’affaires (187 millions d’euros) en dehors du Nord-Pas-de-Calais. Une proportion qui devrait monter à 50 % en 2015.

« Si nous n’avions pas procédé à ces diversifications, il est certain que nous serions dans une situation plus compliquée », concède Philippe Beauchamps. Il n’empêche que la situation compliquée a été évitée. Et que l’emploi a été préservé. C’est à peine si les TP et le bâtiment ont été touchés par l’activité partielle (5 à 10 % des effectifs pour les premiers, entre 20 et 50 compagnons par ailleurs). Ancien avocat fiscaliste chez Ernst & Young, Philippe Beauchamps, qui détient 3 % du capital de Ramery aux côtés des fondateurs, mesure  chaque jour sa « chance de travailler dans un groupe familial. Je ne subis par le diktat de la cotation, je n’ai pas au-dessus de la tête un actionnaire qui me réclame toujours plus de dividendes. Il me demande les mêmes depuis quinze ans ! Nous pourrions demain faire 800 millions d’euros de chiffre d’affaires mais il faudrait pour cela ouvrir notre capital à un financier, or notre choix c’est justement de ne pas le faire. »

A l’heure où la morosité nourrit les bilans comme les discours, et où il semble n’y avoir qu’un modèle économique possible, le message de Ramery mérite sans doute d’être colporté au-delà de la sphère du BTP.

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