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QUESTIONS À… Jean-Paul Volle, professeur de géographie émérite à l’université Montpellier 3 Paul-Valéry
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QUESTIONS À… Jean-Paul Volle, professeur de géographie émérite à l’université Montpellier 3 Paul-Valéry

Propos recueillis parJean-Marc Matalon et Jean Lelong |  le 24/01/2008  |  FormationArchitectureAménagementBouches-du-RhôneGard

« Sans une grande communauté urbaine, Montpellier regardera passer les trains »

Faut-il créer une communauté urbaine réunissant Montpellier, Nîmes, Sète et Alès ?

Il y a dans cet espace un million d’habitants ; il y en aura un million et demi en 2020, la moitié de la population du Languedoc-Roussillon, et l’on ne fait rien ! Comment va-t-on gérer des dossiers comme le risque inondation, l’accueil touristique, le développement économique sans mettre en place un principe de gouvernance commun ? Si l’on veut être lisible à l’échelle internationale, il faut valoriser cette aire de vie métropolitaine dont le cœur est Montpellier. Sinon il n’y aura rien entre Marseille et Barcelone. Et l’on regardera passer les trains.

Cette organisation des aires de vie relève-t-elle d’une logique économique ou d’un choix politique ?

Pour moi c’est politique, c’est un problème de gouvernance. L’économie fonctionne déjà sur ces principes-là. Voyez la façon dont les entreprises répartissent leurs opérations sur ce territoire. Elles savent où est leur clientèle.

Comment souder ces territoires ?

Le principe de mobilité est déterminant dans le processus de métropolisation. Je lance une idée : celle d’un pendulaire métropolitain. Il s’agirait d’un train rapide qui soit aussi un train de desserte entre Sète, Montpellier, Lunel et Nîmes. De telle sorte que pour aller d’une ville à l’autre, je puisse aller à la gare sans me poser de question, en sachant qu’il y aura un train dans les vingt minutes qui suivent. Ce pendulaire métropolitain devra être articulé sur une desserte de proximité. C’est fondamental. A Sète, il est branché sur le port. A Montpellier, il est connecté à tous les systèmes de desserte complémentaires qu’une métropole-centre peut faire naître. A Nîmes, il sera en liaison avec Alès et, demain, avec Marseille et Avignon.

Etes-vous optimiste sur la capacité des responsables politiques à organiser ce territoire ?

Je navigue entre des périodes d’optimisme et des phases de doute. Ce qui a été lancé ces trois dernières années par la région Languedoc-Roussillon m’amène à penser qu’une prise de conscience s’opère. A d’autres moments, je vois les considérations politiques locales prendre le dessus et pénaliser pour plusieurs années l’évolution. La pire des catastrophes, à cet égard, a été l’exclusion de certaines communes littorales de l’agglomération de Montpellier.

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