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QUESTIONS À Fanny Nogues-Chollet, interne en médecine du travail (Loire-Atlantique)

Propos recueillis par Blandine Dahéron |  le 24/04/2008  |  Loire-AtlantiqueTravail

« Des conducteurs de travaux de plus en plus stressés »

En décembre 2008, vous avez soutenu une thèse sur « les risques psychosociaux des conducteurs de travaux du bâtiment et des travaux publics ». Dans quel contexte ?

Alors que je devais effectuer un stage de six mois à l’association de médecine du travail du bâtiment et des TP de Nantes (Amebat 44), comme interne en médecine du travail, mes confrères m’ont dit qu’ils constataient que les conducteurs de travaux « allaient de plus en plus mal ». Mais n’avaient aucunes données objectives sur ce sujet. J’ai orienté mes travaux sur cette question en me focalisant sur les risques psychosociaux. Ils englobent le stress, la violence physique ou verbale, la gestion des nouveaux modes de communication ou les addictions...

Comment avez-vous mené cette enquête ?

J’ai sondé, au travers d’un questionnaire, 90 conducteurs de travaux travaillant dans les travaux publics, le gros œuvre et le second œuvre. Le questionnaire – anonyme – portait donc sur la santé (insomnies, douleurs, prise de médicaments, etc.) et sur les conditions de travail (stress, difficultés de management, environnement, etc.) avec cinq graduations possibles par réponse. Après analyse de ces données par l’INRS, j’ai reçu en entretien individuel trente d’entre eux.

Sur le terrain, j’ai également mené plusieurs études de postes, en observant pendant 10 heures le travail réel des conducteurs de travaux.

Enfin, l’un d’eux a porté un cardiofréquencemètre pendant une journée.

Que révèle votre étude ?

Le porteur du cardiofréquencemètre est un homme de 42 ans, extérieurement paisible. Son électrocardiogramme a révélé qu’à chaque « coup dur » de la journée, son rythme cardiaque, déjà rapide, s’accélérait fortement. Ce grand fumeur est un candidat à l’infarctus !

L’analyse du questionnaire a montré que 20 % des conducteurs de travaux sondés sont en équilibre précaire sur le plan « santé/travail ». Le rythme soutenu de travail comme d’autres facteurs ont des répercussions sur des conduites addictives : pour tenir, certains fument, s’alcoolisent, ou parfois, se droguent.

PHOTO - Gest48 oeil nogues.eps
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