« Questionnons l’espace de travail ! », Aminata Sy, directrice du Simi
Aminata Sy, directrice du Simi - © CG.Web
Interview

« Questionnons l’espace de travail ! », Aminata Sy, directrice du Simi

Propos recueillis par Barbara Kiraly |  le 04/12/2020  |  SimiImmobilier tertiaireImmobilierFrance

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A quelques jours de la diffusion des Grands Prix Simi sur le site du Moniteur, le 11 décembre prochain, Aminata Sy, la directrice du Simi, dévoile les interrogations et réflexions des membres du jury – tous des directeurs immobiliers – sur les immeubles de bureaux. Pour la patronne du salon de l’immobilier, l’épidémie de covid-19 doit inciter l’industrie immobilière à s’interroger sur les espaces dédiés au travail, qui peuvent différer des lieux traditionnellement développés.

La remise de prix des Grands Prix Simi sera diffusée sur Lemoniteur.fr le 11 décembre prochain à 11 heures (pour s'inscrire, c'est par ici). Avec l’épidémie de Covid-19, les candidats ont-ils répondu présents ?

Malgré le contexte sanitaire, 2020 a été une bonne année : 32 dossiers de candidature ont été reçus, contre 16 en moyenne sur les dix dernières années. Tous les territoires sont représentés, et la typologie des immeubles candidats est variée : des sièges, mais aussi des immeubles multi-utilisateurs et multi-usages. Cela s’explique par la légitimité des Grands Prix Simi, qui se renforce chaque année un peu plus.

Les membres du jury représentent les utilisateurs, puisqu’ils sont tous des directeurs immobiliers qui arbitrent des milliers de mètres carrés. Potentiellement, chacun d’entre eux peut devenir le prochain utilisateur de l’immeuble qui candidate. Même si les dossiers ne sont pas retenus parmi les finalistes, ils acquièrent une certaine visibilité. Car les dossiers sont étudiés avec soin, en interrogeant de façon très précise le bâtiment dans sa globalité.

Il y a quelques années, nous avons renouvelé les membres du jury, pour éviter que des habitudes ne se créent : chacun a sa sensibilité. Cette année, nous avons accueilli Gilles Allard, le directeur immobilier d’Engie, également président de l’association des directeurs immobiliers (ADI). Et aussi Sabine Brunel, directrice de l'immobilier d'Axa France. Enfin, Bernard Michel (président du conseil d’administration de Viparis et membre du comité de direction de Real Estech Europe, NDLR) est le nouveau président du jury. Il succède à Alain Béchade, professeur émérite du Cnam.

Allez-vous renouveler le jury chaque année ?

Au regard de la manière dont s’est déroulée l’année 2020, je tiens d’abord à remercier le jury qui a beaucoup œuvré pour remettre les Grands Prix Simi. Ils ont travaillé à distance, en visitant virtuellement les immeubles et en auditionnant les candidats en visioconférence. J’aimerais qu’ils aient l’occasion de vivre une année normale en tant que membre du jury et qu’ils s’installent dans une certaine continuité. Je souhaite par ailleurs que le jury accueille un peu plus de femmes. Et aussi, des directeurs immobiliers qui ont récemment piloté un déménagement. Je pense par exemple à Stéphanie Ferrier, directrice de l’immobilier du groupe Canal +…

Cette année, les membres du jury ont utilisé les nouvelles technologies pour auditionner les candidats et visiter les immeubles. Allz-vous tirer des enseignements pour le Simi ?

A l’avenir, le Simi sera hybride, et ne proposera plus seulement des solutions en présentiel afin de donner la possibilité au plus grand nombre d’avoir accès au contenu. La visibilité du salon en sera également élargie. L’épidémie a accéléré les choses. Elle a aussi permis de voir que le « tout webinaire » s’essouffle. D’abord, parce que la concentration des internautes n’est pas toujours optimale. Mais aussi parce que dans l’industrie immobilière, nous avons besoin de contacts. Pour les grands patrons, le networking en ligne ne fonctionne pas ! L’hybridation peut être intéressante pour faire découvrir des nouvelles technologies à appliquer dans l'immobilier, et pour s’adresser à une certaine catégorie de salariés. Mais cette industrie a aussi besoin de moments de convivialité. Le Simi proposera les deux.

23 dossiers ont été retenus dans 8 catégories, dont deux qui ont été créées par le jury (tour de bureau et parc de bureaux). Quels enseignements en tirez-vous ?

Il y a une augmentation des immeubles multi-utilisateurs, ce qui est intéressant puisque les Grands Prix Simi sont décernés par les utilisateurs. Cela signifie que les bâtiments hébergent des sociétés différentes, aux demandes et cultures qui leurs sont propre, ce qui implique des aménagements spécifiques. En filigrane, les dossiers montrent comment la conception de l’immeuble permet de rendre le bâtiment flexible.

Par ailleurs, les enjeux liés au développement durable sont de plus en plus prégnants, tout comme la connectivité. Enfin, les directeurs immobiliers qui composent le jury portent une attention particulière à l’environnement dans lequel s’inscrit l’immeuble. Il doit interagir avec lui, être connecté à des solutions de mobilité, s’inscrire dans la vie de quartier, mais aussi, rendre des services aux usagers, en appliquant les codes de l’hospitality. Ce n’est plus une option, car il faut réussir à donner envie de se rendre au bureau.

Justement, le bureau a-t-il encore un avenir ?

En France, oui. Je ne crois pas au tout télétravail, car nous vivons dans un pays très réglementé. Et pendant le confinement, les femmes ont vécu une certaine régression : elles travaillaient, et en même temps, elles s’occupaient du logement, des enfants… Je crois beaucoup en l’essor des tiers-lieux et espaces de coworking. En 2021, j’aimerais que l’on créé un cycle dédié aux « espaces de travail » dans le cadre du Simi. Justement pour questionner ce qu’est un espace de travail. Ce n’est pas forcément un lieu traditionnel, mais un espace qui permet de sortir de chez soi pour aller travailler.

Chez les utilisateurs, des réflexions murissent pour garder les compétences et en recruter de nouvelles. La thématique de la ville du quart d’heure a largement émergé pendant les élections municipales. Les entreprises doivent prendre en compte le bien-être des salariés, et cela passe par un temps de transport raisonnable. Alors oui, il faut séparer le logement de l’espace de travail, bien que ce dernier doive également être un lieu de vie, d’échanges et de bien-être.

Pour assister à la remise des Grands Prix Simi 2020 le vendredi 11 décembre prochain, inscrivez-vous gratuitement ici.

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