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Québec : un festival de jardins au bord du Saint-Laurent

Laurent miguet |  le 08/08/2016  |  ProfessionArchitectureAménagementCultureInternational

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Avec une forte présence européenne, y compris française, la 17e édition du festival international des jardins de Métis confirme la notoriété du site québécois. Sur 203 candidatures venues du monde entier, cinq concepteurs ont convaincu le jury majoritairement composé d’architectes et de paysagistes, pour présenter leur œuvre jusqu’au 2 octobre aux 50 000 visiteurs annuels.

Pas d’effet feu de paille : comme chaque année, cinq nouveautés enrichissent le site du festival international des jardins de Métis, au confluent de la rivière Mitis et du fleuve Saint-Laurent, dans la province du Québec, au Canada. Mais contrairement à son homologue français de Chaumont-sur-Loire, l’organisateur québécois ne démantèle pas la totalité des œuvres à la fin de l’événement programmé cette année jusqu'au 2 octobre. Issues de 203 candidatures venues du monde entier, les cinq nouveautés s’intègrent dans une exposition de 27 jardins provisoires dont la durée de vie s’étend sur plusieurs années, comme le montrent plusieurs exemples de notre portfolio (voir ci-dessus). Outre le jeu, la méditation et le rêve - points communs entre les manifestations française et québécoise - cette dernière donne au public le temps de voir vieillir des œuvres paysagères, compensant partiellement la courte durée de sa saison verte. Le vote électronique, recueilli à l’issue de la visite, contribue à la sélection des oeuvres pérennisées.

Intriguer et impressionner

Autre différence : aucun thème fédérateur ne distingue chaque édition. "Le but est d’intriguer les visiteurs avec de l’insolite ou de les impressionner par de nouvelles façons de représenter ce qui est banal", explique Alexander Reford, président du jury et de l’association des amis des jardins de Métis, organisatrice du festival depuis sa création en l’an 2000. La magie d’internet a dopé la notoriété de la manifestation handicapée par l’éloignement des métropoles internationales : Grand-Métis se situe à quelque 600 km de Montréal et à 350 km de Québec, la capitale de la province. "Le nombre de candidatures a doublé à partir de 2009, quand nous avons démarré leur gestion électronique", précise Alexander Reford.

Retour aux sources

En 2016, la coïncidence entre la dix-septième édition du festival et le quatre-vingt-dixième anniversaire des jardins historiques voisins invite à un retour en arrière : âgée de 54 ans, en 1926, Elsie Reford, arrière-grand-mère d’Alexander, hérite de la villa et du domaine de chasse de son oncle. Elle décide alors d’y créer un paradis susceptible de soulager les cicatrices de la Grande Guerre, où nombre d’enfants de ses amis ont péri. Malgré l’épreuve annuelle des hivers longs et rigoureux, l’architecte-paysagiste improvisée consacrera trente années à l’aménagement de 17 hectares, grâce aux bras des jardiniers formés sur le tas et recrutés dans la population locale de Français Canadiens. L’acclimatation des pavots bleus de l’Himalaya donnera à cette fleur le statut d’emblème du site, jusqu’à aujourd’hui où sa vente contribue aux ressources de l’association, qui emploie 73 salariés dont 20 dans ses jardins historiques et 10 au festival international.

Energie créatrice

Incarnation d’un nouvel élan en même temps que de la continuité d’une énergie créatrice, Alexander Reford a fermé en 1995 la parenthèse de 34 ans de gestion publique. L’événement créé en 2000 a donné le signal d’un renouvellement permanent. Deux aménagements majeurs ont marqué l’année 2004 : le pavillon d’accueil et l’enceinte du site autour d’un mur où les fenêtres sur le jardin alternent avec des photos (architecte : In Situ ; paysagiste : Vlan Paysage) et un jardin aux oiseaux ponctué d’œuvres d’art (paysagiste : Yvan Maltais) pour relier le site historique au festival. Depuis 10 ans, des plantations nourricières alimentent un restaurant gastronomique. Depuis 2015 avec la participation de l’école cantonale d’art de Lausanne, des moutons épaulent les jardiniers pour la tonte depuis 2015. En 2016, de nouvelles acquisitions laissent prévoir des extensions des promenades aménagées autour de l’embouchure de la rivière Mitis.

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