En direct

Que se cache-t-il derrière le
Alain Dinin, P-DG de Nexity, dévoile sa vision de la politique du logement. - © BRUNO LEVY / LE MONITEUR

Décryptage

Que se cache-t-il derrière le "coup de gueule" d'Alain Dinin?

S.V., avec AFP |  le 21/11/2018  |  LogementAlain DininNexity

Adepte des prises de parole publiques, Alain Dinin, le P-DG de Nexity se positionne contre la politique du logement et redoute une prochaine crise de l'activité. Décryptage d'une démarche inhabituelle pour un grand patron d'entreprise. 

Multiplier les recommandations politiques, s'adresser directement au chef de l'État… en affichant publiquement une feuille de route pour le logement, Alain Dinin, P-DG du géant immobilier Nexity, suit une démarche inhabituelle pour un dirigeant de grande entreprise. "Je suis en train de parler des élections de 2022", a-t-il assuré lors d'un petit-déjeuner avec la presse en amont de la présentation, ce mercredi 21 novembre 2018, d'une série de propositions de politiques du logement.

Estimant que certaines mesures du gouvernement vont déplacer des votes "vers l'extrême droite et l'extrême gauche", Alain Dinin s'inscrit dans le champ politique et non économique. Cette position est d'autant plus assumée qu'il adresse une lettre ouverte aux chefs de l'État et du gouvernement, plutôt qu'au ministère du Logement.

Le PDG de Nexity, premier promoteur immobilier français avec trois milliards d'euros de chiffre d'affaires, est un habitué de la parole publique. Il avait proposé, sous le quinquennat de François Hollande, un "pacte de la constructibilité" au gouvernement. Sa tendance à faire cavalier seul s'est accentuée sous la présidence d'Emmanuel Macron. Fin 2017, Nexity a quitté la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), la privant de son premier membre.

Départ de la FPI

Alain Dinin jugeait trop catégorielle la parole de la FPI, qui soutient plutôt la politique du logement du gouvernement. Il l'accuse de ne pas défendre les constructeurs de maisons individuelles, défavorisés par la suppression d'aides à la propriété dans les zones les moins tendues en matière de logement. "Il ne se positionne pas comme chef d'entreprise, mais comme ayant une vision politique: quelqu'un d'autre l'a fait, c'est Leclerc", souligne un promoteur auprès de l'AFP.

Si ce promoteur estime que Michel-Édouard Leclerc "fait de la pub pour son enseigne gratos", en se différenciant publiquement de ses concurrents de la grande distribution, il juge plus complexe l'attitude du numéro 1 de Nexity. Il lui reconnaît des "valeurs", même s'il remarque que Nexity est présent, de manière minoritaire mais pas négligeable, dans les zones détendues. Le groupe est donc plus exposé au recentrage des aides que certains de ses principaux concurrents, quasiment absents de ces zones.

Un acteur de premier plan

Pour beaucoup, les acteurs interrogés par l'AFP ne croient pas qu'Alain Dinin soit animé par les seuls intérêts de Nexity mais estiment que la nature même du groupe influe sur cette démarche. "C'est l'un des rares acteurs qui a l'intégralité de la chaîne immobilière", juge Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim (Fédération nationale de l'immobilier), première fédération des professions immobilières comme les agents et les syndics.

Au fil des ans, Nexity a dépassé l'activité de promoteur. Il détient les agences Guy Hoquet et Century 21, tout en exploitant des résidences étudiantes ou seniors. Alain Dinin incarne cette transformation: il dirige le groupe depuis 2004 et occupait déjà des responsabilités lorsqu'il s'agissait de la filiale immobilière de Vivendi.

"Fibre politique"

Tout en saluant une démarche qui "réconcilie le capitalisme et l'intérêt public", André Yché, président de CDC Habitat, souligne une spécificité chez Alain Dinin: "Une fibre politique beaucoup plus prononcée que la plupart de ses homologues".

Pourtant, le président de CDC Habitat, qui compte plusieurs partenariats avec Nexity, exclue "absolument" que l’idée que le P-DG de Nexity viserait une carrière politique. À l'inverse, d'autres interlocuteurs de l'AFP n'en doutent pas. "Je ne serai jamais ministre du Logement, je ne suis pas légitime à l'être", assure de son côté Alain Dinin, pour qui le poste doit être occupé par un élu local.

Lire en intégralité la lettre ouverte d'Alain Dinin :

Commentaires

Que se cache-t-il derrière le "coup de gueule" d'Alain Dinin?

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Isolation thermique durable des bâtiments existants

Isolation thermique durable des bâtiments existants

Date de parution : 12/2018

Voir

Code des juridictions financières

Code des juridictions financières

Date de parution : 12/2018

Voir

De l'immeuble de bureau aux lieux du travail

De l'immeuble de bureau aux lieux du travail

Date de parution : 12/2018

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur