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Quatre méthodes pour rendre la route fluide

GUILLAUME DELACROIX, JEAN-MICHEL GRADT |  le 01/08/1997  |  InternationalEntreprisesTransports mécaniquesTransportsFrance entière

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Parmi toute la palette des techniques de gestion de la fluidité routière testée aux Etats-Unis, quatre méthodes se distinguent.

LE PEAGE : EMBRYONNAIRE MAIS PROMETTEUR

Cette possibilité a été ouverte par le loi de 1991, mais pour les seules infrastructures neuves. « Aujourd'hui le péage concerne surtout les ouvrages d'art, car c'est la seule façon de les financer. Avec 7 milliards de voitures, cela rapporte 4 milliards de dollars par an. Pour les autoroutes, seulement 7 000 des 60 000 km d'autoroutes y sont soumis, dont la Dallas Greenway et la SR91. Et 1 000 km supplémentaires sont en cours de construction. », reconnaît Jack Schuster, de l'Association des ponts et chaussées.

Les références françaises reconnues

La Californie, en adoptant l'Assembly Bill 680, a été le premier Etat à s'engager dans la voie du péage autoroutier en autorisant le lancement de quatre projets : la SR57, un viaduc proposé par le milliardaire Ross Perot ; la SR 125, projet d'autoroute reliant San Diego à la frontière mexicaine, un projet soutenu par le français Transroute ; la Mid State, projet d'autoroute au nord de Los Angeles, et la SR91, autoroute à péage dynamique sur le terre-plein central d'une autoroute existante, à Orange County, à l'entrée sud-est de Los Angeles, tous deux soutenus par Cofiroute. Bref, à l'export, le savoir-faire français dans le domaine autoroutier fait référence.

A l'heure actuelle, même si Transroute, après quatre ans de procédure, se dit « optimiste », seule la SR91 Express Lane, développée par Cofiroute, est opérationnelle. Pour ce faire, Cofiroute (40,9 % des parts), associé au groupe de BTP Kiewitt (50,1 %) et Granit (9 %), a créé la CPCT, une société en commandite qui a obtenu la concession, pour trente ans, des miles de la SR91. Les investisseurs se sont vus garantir par l'Etat un taux de rentabilité sur investissement qui varie entre 17 % et 23 % (si le covoiturage augmente).

Mise en service le 20 décembre 1995, après 126 millions de dollars d'investissements (730 millions de francs), la SR91 offre aux utilisateurs-abonnés - le système est prévu pour 400 000 abonnements - la possibilité de rouler à près de 100 km/h, en utilisant un péage automatique pleine voie, pendant que sur les files gratuites attenantes, on roule au pas. Le tarif est modulable : de 50 cents (2,50 francs) aux heures creuses à 2,75 dollars (15,65 francs) aux heures de pointe.

Jean-François Poupinel, le président de Cofiroute, se montre aujourd'hui très prudent : « Notre véritable marché est la France. Aux Etats-Unis, nous n'avons investi que 3 millions et demi de dollars dans la SR91. Par ailleurs, nous sommes consultant sur des projets similaires au Brésil, et en Argentine. Le chiffre d'affaires de la SR91, pour la première année effective, devrait être de 12 millions de dollars. » Toutefois, Cofiroute, est persuadé que le péage s'affirmera comme une des réponses aux incontournables problèmes de congestion et d'entretien des routes aux Etats-Unis.

LE TELEPEAGE : UNE METHODE

BIEN CONNUE EN FRANCE

A Manhattan, au coeur de New York, les voitures arborent le « easy pass », EZ pour les connaisseurs. James Fortunato, directeur général du Verazzano Bridge (le pont routier qui donne accès à Manhattan), constate : « Ce pont a été le premier équipé d'un péage unidirectionnel. Le trafic est de 190 000 véhicules par jour et la moitié utilise le "easy pass". Conséquence : depuis plus d'un an, il n'y a plus d'embouteillages. » De plus, des 735 millions de dollars de recettes de péage perçues en 1996, 75 % vont à l'entretien du réseau et 25 % sont consacrés aux transports collectifs.

Une première : le péage électronique

Même enthousiasme pour le télépéage aux entrées sur Brooklyn : « 50 % des automobilistes ont adopté le EZ pass ; c'est un résultat qui va au-delà de nos attentes. Avec un débit cinq fois plus rapide que le paiement manuel, ce système peut débiter de 4 000 véhicules/h en moyenne, jusqu'à 11 000 au maximum ; la fluidité s'est considérablement accrue », constate Walter Fax, le directeur général de l'agence du pont et du tunnel de Brooklyn.

A Toronto, au Canada, le premier tronçon de l'autoroute à péage ETR 407 (69 km) qui contourne la mégalopole entre, ce mois-ci, en service. Première mondiale : elle est équipée d'un péage totalement électronique, dont la gestion est assurée à partir d'un central. Les véhicules passent systématiquement sous des portiques « polyvalents » : les abonnés transmettent leurs données par un transpondeur fixé au pare-brise de la voiture ; les non-abonnés voient leur plaque d'immatriculation filmée par une caméra. Grâce à des fibres optiques, le système permet de classer les véhicules, de les percevoir par des émetteurs au sol et de traiter des transactions. La Canadian Highways International Corporation a développé pour cela un partenariat public-privé qui commence à faire école dans le pays.

LES SYSTEMES DE GUIDAGE

ET DE GESTION DE TRAFIC

Rien que sur les autoroutes urbaines des Etats-Unis, 70 % des véhicules sont pris dans les embouteillages aux heures de pointe aujourd'hui, contre 52 % en 1980. Comme pour l'autoroute automatique, les Américains réfléchissent à toute une panoplie de systèmes dans le cadre du programme ITS (Intelligent Transportation Systems), l'équivalent de notre programme de recherche Predit.

Dans ce domaine, la France n'a rien à envier à ses homologues d'outre-Atlantique. Elle serait même plutôt en avance, avec des systèmes de navigation embarqués, comme Carminat, qui permettent à l'automobiliste de savoir quel est, en temps réel, l'état des encombrements sur le réseau des autoroutes d'Ile-de-France.

La France qui, avec les centres d'informations routières, avait depuis 25 ans pris de l'avance dans ce domaine (services Minitel), a diversifié les besoins en fonction des attentes des utilisateurs (guidage sur une ville comme Paris, Lyon, etc.), mais aussi pour un réseau autoroutier donné. Et surtout, elle a cherché à rendre les terminaux compatibles.

Lors du premier Programme de recherche dans les transports terrestres (Predit 1), les constructeurs automobiles, Renault et Peugeot en tête, ont participé à des programmes d'expérimentations : Carminat (associant Renault, Lyonnaise des eaux, TDF), qui utilise la technique RDS-TMC, a été testé en Ile-de-France (projet Cities), sur Paris-Lille (projet Pléiades) et sur Lyon (projet Melissa), tandis que INF-Flux (développé par PSA, Urba 2000 et la Compagnie générale des eaux) avec la même technologie a été testé en Ile-de-France.

Démarré en septembre 1996, AIDA (Application pour l'information des autoroutes) est un projet de développement et d'expérimentation, à grande échelle (500 véhicules test sont équipés), du système embarqué d'information Adams (Cofiroute et Renault). Née de la collaboration de Cofiroute, CS Route, Peugeot PSA, Citroën et Renault, cette application est dédiée au confort et à la sécurité de l'automobiliste. C'est aussi un système de communication interactif. Chaque véhicule équipé de ce système sert d'émetteur et de récepteur pour la gestion du trafic. Son rayon est de 100 km d'autoroutes autour de Paris.

Le 27 mars 1997, Mediamobile (groupe France Télécom, avec TDF, Cofiroute, la Sagem et la CDC) lançait, en première européenne, « Visionaute », soit l'équivalent des panneaux à messages variables (indiquant les temps de parcours) directement accessibles depuis l'automobile. De plus, Visionaute propose, sur l'écran de l'ordinateur de bord, trois itinéraires différents selon la destination choisie.

LE COVOITURAGE

Le « Clean Air Act » (loi sur l'air pur), considérant que les entreprises sont directement responsables de la pollution, les engage à faire baisser de 25 % le trafic dû aux déplacements domicile-travail. C'est pourquoi les entreprises - Nestlé en tête, qui a depuis réédité l'expérience en France - ont incité leurs salariés à pratiquer le « car pooling », c'est-à-dire le covoiturage (suppression de places de parking, déduction sur le salaire des dépenses de stationnement ; sauf pour les adeptes du covoiturage...). Résultat : en un an, le nombre de salariés utilisant chaque jour leur voiture en solo est passé de 98 % à 54 %.

Un moyen supplémentaire d'encourager le covoiturage est de prévoir un accès réservé sur les infrastructures, existantes ou neuves. Pour les responsables des transports, les HOV - voies réservées aux véhicules à haut degré d'occupation - sont « l'étape logique pour accroître de façon significative la capacité du système autoroutier ».

PHOTOS :

Péage automatique : le savoir-faire français est déjà exploité à Los Angeles.

Les portiques du péage électronique lisent

un transpondeur sur le pare-brise, ou la plaque d'immatriculation.

L'automobiliste utilise un système embarqué interactif pour connaître l'encombrement de la route.

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