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Quatre fermes grand-parisiennes dans une recherche pluridisciplinaire
Les moutons de la Ferme du bonheur contribuent à fertiliser la friche, au-dessus de l'échangeur entre l'A14 et l'A86. - © © Laurent Miguet

Quatre fermes grand-parisiennes dans une recherche pluridisciplinaire

Laurent miguet |  le 11/05/2017  |  ArchitectureUrbanismeTechniqueBâtimentInnovation

Pour comprendre et communiquer au public les risques de contamination alimentaire liés à l’agriculture urbaine, AgroParisTech parie sur la science participative. Quatre micro-fermes urbaines de Paris et de sa proche banlieue alimentent un programme de recherche engagé depuis 2016.

Les agriculteurs urbains ont rendez-vous le 2 juin à la Ferme du Bonheur de Nanterre, à l’occasion des Rendez-vous aux jardins. Le thème du partage, choisi par le ministère de la Culture pour cette 14ème édition de l’événement national qui se décline dans des centaines de sites à travers l’hexagone, a inspiré le programme Refuge, acronyme de « Risques en fermes urbaines : évaluation et gestion ». Orientée vers les sciences participatives, l’équipe pluridisciplinaire partagera avec le public les premiers résultats de ses recherches issues du croisement entre agronomie, pédologie, chimie, droit et évaluation des risques.

Six chercheuses

Les six chercheuses rassemblées par AgroParisTech traquent les traces de plomb, de cadmium  ou de mercure dans la production de quatre micro-fermes du Grand Paris : la ferme du Moultou à Montreuil, la Recyclerie à Paris, les jardins de la Fosse Sablonnière à Saint-Denis et la Ferme du bonheur à Nanterre. Dans ce dernier cas, l’examen des remblais révèle les débris d’une friche verrière de la fin du XIXème siècle, au-dessus de l’échangeur entre les autoroutes A 14 et A 86. La troupe du metteur en scène Roger des Prés a pris possession en 2008 de cette emprise de 4,1 hectares, dans le cadre d’un projet artistique et agricole : les moutons, les chèvres et l’âne font partie des acteurs, et grâce à ses parcelles cultivées, la Ferme du bonheur espère nourrir sainement son personnel, ses woofers, invités et bénévoles qui chaque dimanche, participent à l’entretien du site.

Evaluer, gérer, communiquer

Les légumes-fruits – tomates, courgettes, aubergines – offrent la piste la plus prometteuse, avec des teneurs en polluants proches situés sous le seuil de comestibilité. Outre les taux de métaux lourds, l’évaluation du risque prend en compte les usages qui permettent de relativiser les données brutes : « Chargé du projet environnemental de la ferme du bonheur, Mathieu Ohlmann ne travaille pas tous les jours sur l’exploitation et consomme très peu de légumes », explique la paysagiste Anne-Cécile Daniel qui, au sein de l’équipe Refuge, assure l’interface entre la recherche et la demande sociétale. Pour les légumes-racines et les légumes feuilles du site de Nanterre, la réduction des risques pourrait passer par des cultures hors-sol. « Le projet de la ferme du Bonheur reste un site expérimental, il ne sera pas toujours préconisé de cultiver sur des friches polluées. Chaque site justifie une approche spécifique », insiste Anne-Cécile Daniel. Au-delà des constats et des prescriptions de gestion, l’équipe de Refuge s’attache à une communication adaptée aux trois cercles ciblés par les micro-fermes : les salariés, les usagers et le grand public.

Fragile et prometteur

Conscientes du fait que le calendrier du projet ne leur permettra pas d’aller au bout de leurs investigations, les six chercheuses engagent déjà des prospections pour approfondir leurs travaux avec des financements complémentaires. Elles ciblent également un partenariat avec l’Agence régionale de santé (ARS), l’Institut national d’études des risques et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). L’évaluation des risques met en évidence un nouveau champ de recherche : la concentration de chaque substance dans le sol ne suffit pas. « Nous devons aussi approfondir une approche globale et adaptée au projet », indique Anne-Cécile Daniel. Secrétaire générale de l’Association française de l’agriculture urbaine professionnelle créée au début de cette année, la paysagiste se tient aux avant-postes d’une discipline émergente, fragile et prometteuse.

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