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Quartiers de gare Perpignan dans l’orbite barcelonaise

JEAN LELONG |  le 03/01/2008  |  TransportArchitectureAménagementUrbanismeRéglementation

Le quartier de la gare de Perpignan est entré dans une restructuration complète en vue de sa proximité future avec la capitale catalane et de sa liaison TGV Perpignan-Barcelone.

Initialement, la liaison Perpignan-Barcelone à grande vitesse (50 minutes) était prévue pour 2009. Depuis l’été dernier, on sait qu’il faudra plutôt tabler sur 2012, en raison de problèmes survenus côté espagnol, concernant les traversées de Gérone et Barcelone. En 2009, la ligne à grande vitesse – livrée par le groupement franco-espagnol TP Ferro – ne rejoindra donc que Figueras, située juste de l’autre côté des Pyrénées. Un contretemps qui n’affecte guère l’importante restructuration prévue du quartier de la gare de Perpignan. « Nous faisons comme si… », commente Daniel Hamelin, directeur de l’aménagement, de l’urbanisme et de l’architecture à la mairie de Perpignan et concepteur du projet urbain de la gare. En effet, l’arrivée du TGV à Perpignan a servi de levier à une opération de grande envergure, portant sur un périmètre de 35 hectares et faisant intervenir dix maîtres d’ouvrage différents. L’enjeu : désenclaver les quartiers situés au-delà des voies ferrées, créer un centre d’échanges multimodal à l’échelle de l’agglomération perpignanaise et faire émerger un nouveau pôle urbain et tertiaire à l’ouest du centre-ville.

Rue couverte. L’élément-phare de ce programme est un ensemble immobilier de 26 000 m2 qui sera construit sur une ancienne emprise SNCF, à l’arrière de la gare actuelle. La Ville en a confié la réalisation, après appel d’offres, au promoteur espagnol Sacresa/Metrovacesa avec les architectes L35 Arquitectos et Giribet Lopez. Le bâtiment, long de 320 mètres, sera constitué de sept plots disposés autour d’une rue couverte. Il abritera 1 000 places de parking, 10 000 m2 de commerces, 10 000 m2 de bureaux, deux hôtels et un espace sportif. Il intégrera également un nouveau hall de gare relié par un passage sous voies à l’actuel bâtiment voyageurs, qui lui fera lui-même l’objet d’une rénovation complète. Une nouvelle gare routière, accolée à ce pôle d’échanges, entrera en service dès janvier 2008.

Liaison verte. Le projet de la gare contribuera également à raccrocher au centre-ville le quartier de Saint-Assiscle, jusqu’ici isolé par le faisceau des voies ferrées. La liaison sera assurée par un passage piétons de 8 mètres de large, construit sous le terre-plein ferroviaire et financé par la Ville. Entre la nouvelle gare et Saint-Assiscle, un nouveau quartier de 250 logements, la ZAC du Foulon, établira une transition urbaine. Cet ensemble accueillera également le nouvel hôtel d’agglomération, un cube de verre de 6 500 m2, conçu par Dominique Perrault.

Plus au sud, l’opération permettra d’urbaniser à terme une friche industrielle et ferroviaire de 12 hectares. Cette vaste zone, rebaptisée les Jardins de la Basse, devrait accueillir 1 000 à 1 200 logements. L’un des propriétaires, le groupe Stef TFE, étudie la création d’un premier quartier de 700 logements. De son côté, la Ville créera le long de la rivière Basse un parc public de 4 ha, qui établira une liaison verte entre Sainte-Assiscle et le centre-ville. Autre perspective : une cité judiciaire pourrait voir le jour sur la partie est du site, détenue aujourd’hui par RFF.

Jusqu’ici, le retard annoncé dans la mise en service de la liaison Barcelone-Perpignan n’a pas pesé sur le calendrier des opérations. Sacresa a engagé la construction du pôle d’échanges, la SNCF a lancé cet été les travaux de restructuration de la gare, l’hôtel d’agglomération devrait sortir de terre début 2008, et les 250 logements de la ZAC du Foulon ont fait l’objet d’une demande de permis de construire. « Le retard du TGV, côté Espagne, a peut-être soudé encore davantage les équipes », souligne Daniel Hamelin. « Il y a une vraie dynamique de réussite autour de ce projet », constate de son côté Bruno Rufer, directeur du développement à la direction régionale de la SNCF. Toutefois, les incertitudes ne sont pas entièrement levées.

Changer l’image de la ville. « La révision à la baisse des perspectives d’évolution du trafic ferroviaire n’incite pas forcément les investisseurs à engager tous leurs budgets pour 2009, admet Bruno Rufer. La SNCF ne tient pas à se désengager, mais il faudrait que tous les partenaires suivent. » Jean-Paul Alduy, maire de Perpignan et président de l’agglomération Perpignan Méditerranée, s’affirme confiant. « L’implantation de l’hôtel d’agglomération et la création de la cité judiciaire vont tirer la commercialisation des bureaux », espère-t-il. « Ce nouveau pôle va changer l’image de Perpignan, assure encore Jean-Paul Alduy. Il sera le point d’accroche d’une agglomération transfrontalière de 800 000 habitants, allant de Narbonne à Gérone, qui nous permettra d’entrer résolument dans la sphère barcelonaise. »

DESSIN - AME OUV 32 JARDIN 2.eps
DESSIN - AME OUV 32 JARDIN 2.eps
PHOTO - AME 32 OUV ZAC FOULON.eps
PHOTO - AME 32 OUV ZAC FOULON.eps
DESSIN - AME OUV 32 HOTEL D'AGGLO.eps
DESSIN - AME OUV 32 HOTEL D'AGGLO.eps
Fiches techniques

Pôle d’échanges

Maître d’ouvrage : Sacresa/Metrovacesa

Maître d’œuvre : L35 Arquitectos et Giribet Lopez.

Coût : 55 millions d’euros.

ZAC du Foulon

Aménageur : Ville de Perpignan.

Maître d’œuvre : L35 Arquitectos et Giribet Lopez.

Coût : 5,9 millions d’euros.

Jardins de la Basse, tranche 1

Aménageur : STEF TFE.

Maître d’œuvre : Arep Ville et Michel Desvignes (paysagiste).

Coût : 11 millions d’euros.

Hôtel d’agglomération

Maître d’ouvrage : Agglomération Perpignan Méditerranée.

Architecte : Dominique Perrault.

Coût : 14,3 millions d’euros.

Parc de la Basse

Maître d’ouvrage : Ville de Perpignan

Paysagiste : Michel Desvignes.

Coût : 2 millions d’euros.

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