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Quand un bâtiment se fait spectacle son et lumière

Stéphane Miget |  le 08/01/2014  |  metaphoneERPCulturePas-de-CalaisProfession

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C’est un ouvrage comme il n'en existe aucun autre. A la fois salle de spectacles et « instrument de musique urbain », baptisé Metaphone®, il est doté de façades produisant et diffusant des sons en association avec des jeux de lumière.

A la fois salle de spectacles et instrument de musique le Metaphone® est un bâtiment doté d’une façade « musicale » et « lumineuse » unique en son genre. Un bâtiment ultra innovant, inclassable, inauguré l’été dernier qui s’inscrit dans le vaste programme de requalification du site minier des Fosses 9 et 9 bis, à Oignies (Pas-de-Calais). Un ouvrage qui redonne vie à cette friche industrielle réduite au silence depuis plus de trois décennies.

 

Structure légère en acier

 

Long de 53 m, il présente une largeur de 30 m dans sa partie la plus large (auvent) et de 16 m dans sa partie la moins large, à l'arrière. Ses hauteurs varient de 12 mètres en partie courante à 14 mètres à l’extrémité au niveau du auvent, lequel est composé d'une verrière et de façades suspendues portées par 4 PRS en console.

Il est composé d’une première boîte en béton noir étanche qui contient une salle de concert modulable (500 places assises ou 1000 en configuration assis/debout), et ses annexes. Ladite salle est habillée d'une structure légère en acier (panneaux fixés sur doubles plats en acier de 10 à 15 x 1.5 cm suspendus), sur laquelle sont accrochés des modules de différents matériaux : acier Corten, verre clair et dépoli, multipli de bois (mélèze). Au total, 712 panneaux – 311 sur chaque façade est et ouest, 90 sur la façade nord – qui, fixés via quatre ou six pattes en acier selon leurs dimensions, font de cette surfaçade une véritable peau d'écailles. La finesse de la structure participe à la légèreté de l'ensemble.

Cette double peau s'élance au-dessus de l'esplanade en un porte-à-faux long de 10 mètres, surplombant le vaste portique qui abrite l'entrée. On retrouve, courant sur le toit, la trame d'écailles qui se prolonge par 600 m2 de cellules photovoltaïques. En outre, l'espace ménagé entre cette peau et la boîte de béton noir est ponctué de passerelles techniques arrimées sur la fine structure métallique, qui permettent l'accès au matériel pour le son et la lumière.

 

48 panneaux musicaux

 

Bâtiment musical, le Metaphone® joue sa partition selon deux principes d'émissions des sons : électroacoustique avec des panneaux transformés en membranes diffusantes, ou mécanique avec des instruments acoustiques pilotés par interfaces électroniques. L'installation sonore se concentre, dans son intégralité, en extérieur. Tout d'abord au niveau des façades est et ouest où 24 « plaques », indépendantes les unes des autres, ont été sonorisées. Soit 48 panneaux musicaux en multiplis de mélèze, répartis régulièrement sur deux hauteurs différentes, qui, en vibrant, offrent une immense surface de jeu (50 m par 30).

A l'arrière de chacun d'entre eux, sont vissés quatre moteurs de haut-parleurs (2 à large bande et 2 tweeters), alimentés directement par un signal audio. Ces moteurs mettent les plaques en vibration, les transformant en membranes. Les fixations des plaques sonores sont montées sur silentblocs pour éviter la transmission des vibrations à l’ensemble de la façade. Deux caissons de basses, placés de chaque côté, viennent parfaire ce dispositif grâce auquel les sons vont courir dans l’espace, d'un bout à l'autre, créant un univers sonore particulièrement riche en timbres. Réalisé au préalable, un prototype de la façade musicale composé de 8 modules de 1 m2 – une moitié recevant un instrument acoustique, l’autre des plaques vibrantes – avait permis d'en valider le principe.

 Auvent acoustique

 

Toujours à l'extérieur, la seconde implantation instrumentale se situe sous l'auvent, à l’intérieur de chaque face latérale. Ici, douze instruments acoustiques ont pris place, disposés sur des panneaux de 1 x 1 m. Roue à corde, grosse caisse, marimba, bols tibétains, orgue, bâtons de pluie, vibraphone, tam-tam, tambours, tubes résonnants, cymbale chinoise, ride, gong, tous disposent d'un système d'amplification.

Ici, tout participe à cette mise en scène sonore : la scène, justement, que les architectes ont eu l'idée de retourner vers l'extérieur et qui laisse aux musiciens le loisir de s'y installer et d'y concevoir des spectacles – une sorte de scène abritée. L'escalier et la terrasse, en acier Corten, qui proposent un autre espace d'écoute, et aussi la cabine de commande toute habillée de rouge et qui jaillie de la façade noire. Cette régie pilote tout le dispositif musical à partir de claviers MIDI qui vont mettre en marche les percuteurs des instruments mécaniques (à percussion), ou encore d’un ordinateur pour les plaques vibrantes. D'où un fonctionnement automatique qui autorise, au choix, une programmation mémorisée ou une prise de contrôle manuel. « Tout ceci peut évidemment fonctionner en même temps.

 Panneaux de verre rétro-éclairés

 

Harmonies de sons, ce bâtiment instrument est aussi un jeu de lumières. En effet, si certains panneaux en multiplis de mélèze ont été sonorisés, d'autres, en verre dépoli, ont reçu des rubans de Led qui, à l’image des pixels d’un écran vidéo, anime le bâtiment de jour comme de nuit. Chaque façade latérale comptent 14 panneaux de verre rétro-éclairés, contre 6 en façade nord. Ces modules lumineux se composent d’un coffret de LED fermé par un panneau vitré opale.

À l'instar des panneaux sonores, c'est la régie qui les programme individuellement. Passage fugitif d’un nuage ou d’une silhouette, vacillement d’une flamme, crépitement de couleur, effet de scintillement, autant de reflets lumineux, ténus ou spectaculaires, qui animeront les panneaux. Comme les sons, la lumière et les ombres parcourent la peau extérieure, renforçant ainsi l'impression de « machine vivante ».

 

 

Fiche technique

Le Métaphone® sur le site des Fosses 9 et 9bis, à Oignies (Pas-de-Calais)

Maîtrise d’ouvrage : Communauté d’agglomération d’Hénin-Carvin – CAHC
Maîtrise d’œuvre : Hérault Arnod Architectes, mandataire
Chefs de projet : Florent Bellet et Martin le Bourgeois
Sous-traitants HA : Ducks Scéno, scénographe – Diasonic / Louis Dandrel, compositeur et designer sonore – Maurice Auffret, acousticien – Atelier H. Audibert, mise en lumière – Batiserf, structure – Nicolas Ingéniérie, fluides
Surface : 1 980 m2 SHON
Images : Labtop-rendering, Hérault Arnod
Maquettes : Atelier Fau, Hérault Arnod
Prototype des systèmes musicaux : conception Louis Dandrel avec Luc Moreau, prototypiste, et Sylvain Ravasse, luthier
Entreprises : Balestra, gros œuvre – ERTCM, charpente –  SAM+, façades et enveloppe –  Arblade, étanchéité – Module, menuiseries bois, partition et finitions – Inytium, électroacoustique et façade sonore – Prototoutyp, instruments automatisés

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