Performance énergétique

Quand Paris connecte ses chaufferies

Mots clés : Etat et collectivités locales

La Ville a entrepris en 2016 de raccorder 1500 de ses installations de chauffe à une supervision informatique. Cette vaste opération se conclura cette année.  

 

Depuis près de deux ans, la mairie de Paris est engagée discrètement dans un ambitieux projet de contrôle informatique de ses chaufferies. En effet, ses équipes de maintenance suivent aujourd’hui en temps réel le fonctionnement du chauffage de 476 bâtiments publics par le biais d’une application web, baptisée tout simplement Supervision Energétique des Bâtiment (SEB). Les agents disposent ainsi en un clic de la consommation de sites variés allant de la crèche à la piscine, en passant par des gymnases ou des écoles. Ils reçoivent aussi des alertes en cas de dysfonctionnement et peuvent même dans certains cas intervenir à distance sur les installations.

 

 

L’opération conclura cette année avec l’intégration de 1024 constructions supplémentaires à cette plate-forme numérique, soit un total de 1500 édifices connectés sur les 2000 gérés par la direction Constructions publiques et architecture (DCPA) de la Ville. « C’est une idée qui a émergé dans nos services il y a environ quatre ans, explique Jacques Baudrier, conseiller délégué auprès de l’adjoint chargé de l’urbanisme. Grâce à ce pilotage plus fin, nous espérons au minimum une réduction de 7 % de nos consommations, ce qui représenterait une économie comprise entre 2 et 3 millions d’euros. » La facture de chauffage de la collectivité s’élève en moyenne à 30 millions d’euros par an pour une consommation de 670 GWh.

 

S’adapter à la variété

 

Le Conseil de Paris a amorcé ce grand chantier le 30 mars 2016 avec l’attribution du marché à Eiffage Energie. Le contrat comportait deux volets : l’instrumentation des sites afin de récolter les données nécessaires et le développement de la SEB qui agrège ces informations. L’investissement se monte à 15 millions d’euros, dont 8,8 millions versés par l’Etat, dans le cadre du fonds de soutien à l’investissement local. Le cahier des charges concocté en interne par la direction Construction publique et architecture de la municipalité se révèle très intéressant. Dans la plupart des chaufferies d’une puissance inférieure à 75 kW, les compteurs existants sont équipés de modules radio qui transmettent leurs chiffres au système informatique. Des sondes de température sans fil fixées aux coins des locaux complètent le dispositif. « L’ensemble de ces produits emploie des protocoles de communication bas débit et longue portée, précise Romain Poisson, responsable du projet au sein de la Mairie de Paris. Afin de garder une liberté de choix, nous souhaitions des systèmes compatibles à la fois avec les réseaux Sigfox et LoRa. A l’époque, ce type de technologie était encore rare. » C’est finalement la société toulousaine Connit qui fournit le matériel. Environ 2000 de ces appareils ont déjà été posés et 8000 autres devraient suivre.

 

 

Quant aux bâtiments de grande taille et aux sites les plus sensibles, tels que les crèches, les armoires de leur installation de chauffe sont complètement rénovées. Eiffage Energie y incorpore un automate qui centralise les mesures de différents capteurs puis les envoie à la plate-forme web. Grâce à cette machine, les agents peuvent également régler à distance certains paramètres. Autre spécificité du projet, et non des moindres, l’application SEB, en service depuis octobre 2016, appartient à la municipalité.

 

Dépasser la maintenance

 

Réalisées au cours des deux précédentes saisons estivales, les premières connexions ont concerné uniquement des constructions entretenues par la DCPA. Or, 40 % du parc immobilier de la municipalité est exploité par des organismes privés. Ces édifices seront au cœur de la dernière tranche de travaux. La municipalité compte sur la renégociation de plusieurs contrats de maintenance pour demander un raccordement à son tableau de bord.

Par ailleurs, la collectivité entend bien exploiter tout le potentiel de ce nouvel outil. Ses équipes réfléchissent au moyen de partager les données récoltées avec les occupants des installations. Des opérateurs iront ainsi informer les directeurs d’école ou les gardiens de gymnase des consommations de leurs locaux. « Si tous les usagers participent à cette démarche, nous pourrions même réduire de 15 % nos besoins énergétiques », observe Jacques Baudrier. La masse de chiffres enregistrée aidera aussi la Ville à définir ses prochains programmes de rénovation.

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X