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Quand les industriels font du sur-mesure

P. F. |  le 16/03/2018  |  Marne

Conception -

Pour garantir la qualité des éléments préfabriqués et offrir une plus grande variété de finitions, les industriels engagent de plus en plus tôt le dialogue technique avec la maîtrise d'œuvre. Nombre d'entre eux sont impliqués dès la phase de conception. En retour, les architectes sont invités en atelier pour tester des prototypes. Cette collaboration très en amont de la construction - qui a émergé grâce aux possibilités nouvelles offertes par la préfabrication béton - a même conduit plusieurs industriels majeurs à dédier des équipes à l'échange avec la maîtrise d'œuvre. « Nos prescripteurs ont un double rôle : ils sont à l'écoute des tendances et sont moteurs dans l'élaboration de certains produits », témoigne Philippe Henri, chef du service études produits de Bonna Sabla.

Le plus souvent, le choix des solutions techniques s'engage dès la désignation de l'entreprise générale et du préfabricant. Composants, adjuvants, armatures, teintes et finitions : les progrès réalisés dans la chimie du béton ces dernières années ouvrent un champ très large de variantes. Les industriels disposent généralement de leur propre bureau d'études pour adapter leurs réponses au cahier des charges de la maîtrise d'œuvre. « La demande tend à évoluer : il ne s'agit plus d'appliquer des formulations mais d'atteindre des performances, que ce soit sur l'étanchéité, la résistance mécanique, la durabilité, etc. Cette approche convient très bien à nos processus industrialisés, notamment dans le suivi continu de la fabrication », assure Philippe Henri.

Cette approche dite « performantielle » présente un autre avantage : la possibilité de tester les éléments en usine avant le lancement de la production en série. « Nous proposons souvent aux architectes de réaliser des façades témoins pour qu'ils puissent travailler dans le détail sur leur finalisation. Régulièrement, ils nous demandent des améliorations techniques, dans une approche d'itération », indique Kader Guettou, directeur général adjoint du pôle entreprise de GA Smart Building.

De nouvelles pistes de progrès grâce au numérique. Ce dialogue implique, de la part des industriels, une grande réactivité dans la conception et la fabrication des coffrages. Et c'est justement l'une des phases qui a le plus évolué durant la dernière décennie. « Les années de crise nous ont obligés à faire mieux avec moins d'argent, résume Thierry Bourgade, P-DG de CIR Préfa. Il y a encore vingt ans, nous créions des coffrages spécifiques pour chaque forme, que nous jetions à la fin du chantier. Aujourd'hui, nous pouvons récupérer 80 % du moule, comme les règles latérales et le fond, et nous adaptons les gabarits de fenêtres et les matrices pour définir l'esthétique des façades. » Plutôt que de consacrer trois mois à fabriquer les moules, les industriels sont en capacité de les ajuster en deux ou trois semaines.

Selon Philippe Henri, les instruments de mesure en trois dimensions garantissent une grande précision dans la fabrication des coffrages, y compris pour les formes complexes. « Les matières synthétiques, telles que le polyester ou le polyuréthane, sont aussi utilisées et usinées par des machines 3D pour la fabrication de matrices en fond de coffrage, afin d'offrir à nos clients une plus grande variété de parements », ajoute-t-il.

Les architectes peuvent tester les éléments en usine avant la production en série.

Du côté de l'impression 3D, les industriels travaillent sur deux approches. La première est basée sur la réalisation directe d'éléments en béton, sans coffrage. La seconde vise à fabriquer des moules en matières synthétiques. « Nous avons déjà réalisé des coffrages par impression 3D. Pour des formes complexes, le process est plus simple qu'avec le bois ou le métal, témoigne Kader Guettou. Et leur conception est facilitée par notre utilisation du BIM sur tous les projets. » Encore peu présente dans les pratiques quotidiennes des préfabricants béton, la maquette numérique est un enjeu majeur des prochaines années. Là encore, l'économie des chantiers pourrait inciter la filière à basculer. « Le volume des travaux augmente avec le Grand Paris. Nous pouvons nous attendre à ce que les solutions préfabriquées soient privilégiées pour des raisons de productivité. De même, les bureaux d'études techniques ne manqueront pas de préconiser une intégration directe des plans de préfabrication dans le BIM », estime Clément Blanc, directeur de l'usine de Cormicy (Marne) de Capremib. De quoi renforcer encore les interactions avec la maîtrise d'œuvre dès la phase de conception.

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