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Quand les collectivités locales toussent, les TP s’enrhument

le 23/12/2011

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Travaux publics -

Les jeux ne sont pas encore faits pour 2012 que rien ne va déjà plus. Pourtant, les statistiques des travaux publics ne sont pas si mauvaises. En 2011, la météo aidant, les heures travaillées sont reparties à la hausse ( 3 %), tandis que le chiffre d’affaires du secteur a atteint 40,8 milliards d’euros. Une progression de 5 % globalement similaire à l’évolution du prix des matières premières. Cette embellie relative est portée par le bloc communal. Ainsi, sur les 11 premiers mois de l’année, les lots de travaux publics dans les appels d’offres émanant des communes et de leurs groupements ont augmenté respectivement de 6 % et 3 %, alors que ceux issus des départements ont chuté de 14 %. « La reprise du premier semestre n’aura été ni suffisante, ni assez durable pour empêcher la poursuite de la fragilisation des entreprises », déplore Patrick Bernasconi, le président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP).

Relative stagnation

Pendant cette période, 16 % des entreprises ont enregistré des pertes, leur rentabilité moyenne avoisinait les 2 % et 3 200 postes d’ouvriers permanents ont été supprimés (24 000 depuis 2008). Le manque de visibilité incite les entreprises à recourir à l’intérim. C’est pourquoi, malgré des carnets de commandes plutôt encourageants (5,8 mois à fin octobre, contre 5,1 un an plus tôt), l’année 2012 inquiète les entreprises du secteur.
L’année prochaine, selon les prévisions de la FNTP, le chiffre d’affaires descendrait à 40,3 milliards d’euros (-1 %). « Cette relative stagnation est en trompe-l’œil, explique Patrick Bernasconi. Ce sont les grands projets (LGV Est seconde phase, LGV Sud Europe Atlantique, LGV Bretagne-Pays de la Loire), les chantiers de transports en commun en site propre et les travaux sur les autoroutes concédées qui vont porter le secteur ( 5 %). Que ce soit du côté de l’Etat (-3 %), des collectivités locales (-1,5 %) ou du privé (-4 %), tous les investissements vont baisser. » L’entretien routier tire quand même son épingle du jeu avec des crédits de l’Etat qui passent de 133 à 169 millions d’euros ( 27 %). « Cela ne suffira pas à compenser le retard pris dans l’entretien du patrimoine routier », regrette Patrick Bernasconi. A titre de comparaison, ces crédits atteignaient 278 millions d’euros en 2008 (soit -40 % sur la période 2008-2012).

Investissement local

Nous entrons dans la période du cycle électoral où l’investissement local devrait être soutenu. Ainsi, les prévisions de la FNTP (-1,5 %) ne sont pas catastrophiques compte tenu de la conjoncture économique. Mais il s’agit du scénario « optimiste ». Le tout est de savoir si les collectivités locales, dont l’investissement représente près de la moitié de l’activité du secteur, trouveront de quoi financer leurs projets. Or, « les robinets du crédit bancaire se ferment, assure en chœur Patrick Bernasconi et Dexia Crédit Local. Et personne au gouvernement ne semble avoir conscience de la gravité de la situation ».
La FNTP estime que le besoin de financement non satisfait des collectivités territoriales s’élève, pour 2012, à 7 milliards sur les 16 milliards nécessaires. Jusqu’à son démantèlement, c’était Dexia qui prêtait. Le gouvernement souhaite que le nouveau pôle public reprenant les activités de Dexia soit rapidement opérationnel. « Dans la pratique, cela nécessitera plusieurs mois », estime Patrick Bernasconi. Cet établissement financier porté par la Caisse des dépôts et la Banque postale ne devrait commencer à financer les collectivités qu’au cours du second semestre. Voire en 2013. Idem pour l’Agence de financement des collectivités locales. Et en attendant ? Mystère. La FNTP suggère que la Caisse des dépôts pioche cette somme dans ses fonds d’épargne. Ou que le Livret A soit déplafonné. « Si ces 7 milliards ne sont pas financés, dans le scénario du pire, cela impactera l’activité des travaux publics non plus de 1,5 %, mais de 10 %, s’alarme le président de la FNTP. Ce sont 30 000 emplois qui pourraient alors disparaître. »

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emplois d’ouvriers permanents ont été supprimés dans le secteur des travaux publics depuis 2007, dont 3 200 en 2011.

Cet article fait partie du dossier

Conjoncture 2012

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