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Quand le génie côtier planche sur la protection du littoral
Vue générale du littoral de Dunkerque - © Ville de Dunkerque

Quand le génie côtier planche sur la protection du littoral

Nicolas Guillon (Bureau de Lille du Moniteur) |  le 03/07/2014  |  Travaux sans tranchéeNordFrance entièreEuropePrincipauté de Monaco

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Organisées à l’initiative du Centre Français du Littoral (CFL), les 13e Journées nationales du génie côtier – génie civil se tiennent à Dunkerque du 2 au 4 juillet. Si le grand mérite de la manifestation est d’effectuer une mise à jour des connaissances dans le domaine, celle-ci revêt cette année un intérêt particulier alors que l’Etat a annoncé de nouvelles mesures pour la gestion du risque d’érosion et de submersion marines.

En France, près d’un quart du littoral recule du fait de l’érosion côtière. Pour les experts du génie  côtier et du génie civil associé, réunis durant trois jours à Dunkerque, la protection du littoral est le grand sujet du moment. Qu’ils soient spécialistes de l’hydrodynamique côtière, de la dynamique sédimentaire, de l’instrumentation, des mesures, de l’imagerie et de la télédétection, des ouvrages portuaires et offshores, des énergies et ressources marines, de la gestion durable des zones littorales et estuariennes, des risques côtiers ou de la gestion et de la valorisation des sédiments marins, tous sont concernés par les questions de lutte contre les inondations et la submersion marine et de protection du trait du côte.

Pour autant, il apparaît impossible de protéger l’ensemble du littoral, comme l’a souligné Patrice Vergriete, maire de Dunkerque et président de la communauté urbaine Dunkerque Grand Littoral, dans son allocution d’accueil. Daniel Levacher, professeur de génie civil et géotechnique à l’université de Caen et président du Centre Français du Littoral, partage ce point de vue : « On ne peut pas tout protéger car la protection a un coût élevé et que nous savons tous quelle est la situation économique ». On parle d’un milliard d’euros pour la seule protection de la ville de Dunkerque, une dépense qu’il n’est tout simplement pas envisageable pour la collectivité de pouvoir financer.
« La contrainte va donc imposer de revoir la copie, poursuit Daniel Levacher. Cela signifie en premier lieu repenser la notion de risque, qui est, par exemple, très différente en Asie. Les Japonais, les Sud-Coréens, les Philippins n’appréhendent pas la catastrophe naturelle de la même manière que nous : pour eux, elle fait partie des aléas de la vie et ils adaptent leurs modes de faire en fonction. Nous devons revenir à un certain réalisme, lequel est aujourd’hui empêché par le principe de précaution. Puisque tout le monde veut habiter sur le littoral, construisons du résidentiel qui laisse passer la houle, voire, comme aux Pays-Bas, des structures flottantes. A Dunkerque, il y a des canaux partout. Plutôt que de bâtir sur la berge, bâtissons sur l’eau, on sait le faire et cela ne revient pas plus cher. »

Rentabiliser les investissements

Patrice Vergriete ne tient pas un autre discours lorsqu’il déclare vouloir mettre à profit l’argent placé dans la lutte contre l’érosion et la submersion marines, autrement dit ne pas investir dans de « simples » ouvrages de protection mais au contraire dans des infrastructures pouvant avoir une autre utilité. « Si dans l’état actuel des choses, nous sommes incapables d’avancer des solutions, la réflexion de Patrice Vergriete a le mérite d’ouvrir un débat, estime Yves Lalaut, directeur de l’aménagement et de l’environnement du Grand Port Maritime de Dunkerque. Il se demande si ce que propose l’Etat est la bonne méthode et la question mérite, en effet, d’être posée. Faut-il investir dans des murs de protection si cela impose de revoir le problème de l’évacuation à la mer et de s’équiper de nouvelles pompes ? »
Pour les experts du génie côtier, la notion de rentabilité des investissements dans les ouvrages de protection est frappée au coin du bon sens. « La protection peut rapporter de l’argent, affirme Daniel Levacher. On sait, par exemple, construire des digues creuses pour y mettre des choses à l’intérieur, parking ou même habitat. Cela a été fait à Monaco, même si le projet n’a pas totalement abouti.

Mais un simple rechargement en sable en pied de digue, comme dans le cas du confortement de la digue des Alliés à Dunkerque, peut également permettre le développement d’activités. » De même, le génie côtier est en mesure d’aider les concepteurs de terminaux à conteneurs à choisir le procédé de renforcement du sol à l’arrière des quais le mieux adapté au regard du contexte géotechnique afin d’atteindre les objectifs de trafic fixés. « En résumé, c’est tout le modèle de défense du littoral qu’il faut repenser », conclut Daniel Levacher.                                



Un organisme de conseil et d'échanges

Créé en 1992 par Jean Crepey, le Centre Français du Littoral est une association loi 1901 à caractère scientifique et technologique. Il a pour centre d’intérêt le littoral au sens large : son étude scientifique, sa protection, son aménagement, sa mise en valeur et le développement de ses ressources. Organisme de conseil, le CFL organise des événements propres à favoriser l’échange entre les spécialistes du génie côtier, discipline mise en place à la fin des années 80 par des universitaires normands et nantais. Outre les Journées nationales de génie côtier – génie civil, qui se tiennent tous les deux ans, le CFL est également à l’initiative, avec le Pôle Mer PACA, de la Conférence méditerranéenne côtière et maritime CM2. Enfin, il participe activement à la diffusion de l’information scientifique et technique, l’ensemble de son patrimoine documentaire, dont les 117 communications du colloque de Dunkerque, pouvant être consulté en ligne sur un site du Centre Français du Littoral.

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