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Quand le chanvre fait école
- © Frédéric Pigot / APAP

Quand le chanvre fait école

le 14/06/2018  |  ApprentissageFormation continuebiosourcébatbiosourceChanvre

En Lozère, à l'initiative d'artisans, l'école nationale du chanvre a déjà formé une centaine de professionnels du bâtiments attirés par la mise en œuvre d'un savoir-faire dans l'air du temps…

Fin mai, l'Ecole nationale du chanvre accueillait en stage deux commerciaux d'un magasin de matériaux de bricolage, une première. Après les architectes, mais surtout les artisans et leurs salariés (1), c'est un nouveau profil de stagiaires qui est venu, à Mende, découvrir le béton chanvre sur le site de la Capeb de Lozère. Leur patron a souhaité les former pour qu'ils soient plus à même de conseiller les clients dans la mise en œuvre de cette technique.

Prévenir ou guérir avec le chanvre

Dans le groupe, la salariée d'un artisan déjà venu se former et Nicolas Consigny (Ajilit), professionnel du bâtiment (maçonnerie, taille de la pierre, ravalement et rénovation). Ce dernier emploie sept salariés très intéressés par cette technique de la construction chanvre. Ils l'ont découvert suite à la visite d'un fournisseur venu leur présenter les produits à la demande d'un client. Après un premier chantier, dans le centre d'Angers, sur un bâtiment à colombages du XV-XVIe siècle, l'artisan a voulu approfondir le sujet. "De plus en plus, on doit résoudre des problèmes de pathologies de bâtiments enfermés dans le ciment avec notamment des remontées d'humidité. Cette technique répond à ces besoins de réparation", constate Nicolas Consigny en soulignant une demande de plus en plus forte des architectes et des clients pour des produits sains et écologiques.
Pour Rémy Chorda, artisan maçon, président et formateur de l'école nationale du chanvre, l'histoire remonte à 2006. "J'étais physiquement allergique au ciment, raconte-t-il. Mon médecin m'a demandé de changer de métier, j'ai changé de matériaux et ça me va très bien. Dès lors que j'ai eu la machine à projeter, les chantiers n'ont pas tardé." C'est ainsi qu'il s'est tourné vers les matériaux bio-sourcés, et il a fait école… "Il y a une communion avec le béton de chanvre, c'est addictif. Quand on l'a connu, on ne peut plus s'en passer, même nos clients", constate Rémy Chorda.

"Du boulot pour tout le monde"

En Lozère, sept machines sont désormais en service chez des artisans dont le carnet de commandes ne désemplit pas. "Il y a du boulot pour tout le monde", constate Sophie Barrial, de la Capeb 48. Elle évoque un délai de 18 à 24 mois en précisant qu'il y a eu beaucoup de communication sur le chanvre au niveau local.
À Mende, la Capeb met à disposition de l'école, une salle de 50 m2 pour la théorie, un plateau technique de 70 m2 aménagé pour la mise en pratique et deux emplois administratifs pour la gestion du projet et le suivi des stages. Aux côtés de Rémy Chorda, cinq chanvriers lozériens convaincus s'investissent dans cette école.
C'est en 2006 que l'idée a germé pour éclore en septembre 2017 avec la mise en ligne - sur la plate-forme Internet de l'Ademe - d'un Mooc "Construction chanvre", gratuit et ouvert à tous. 2 000 heures ont été nécessaires pour concevoir ce programme de formation à base de témoignages d'applicateurs, de tutoriels et d'extraits de sessions de formations pratiques. Ce Mooc a enregistré 1500 inscrits dont la moitié d'architectes (2).

Vers une titre professionnel

Formateur agréé "Construire en chanvre" depuis neuf ans, Rémy Chorda propose à Mende un module de base sur trois jours pour apprendre le b.a.-ba. Un minimum permettant aux stagiaires d'obtenir la garantie décennale. Là-dessus, des modules optionnels de deux jours viennent se greffer (mécanisation et mise en œuvre ; finitions intérieures et extérieures ; commercialisation). Hors-cursus, une journée est proposée pour les prescripteurs (architectes, bureaux d'étude, thermiciens, commande publique…). Il faut compter 250 € HT la journée pour 8 heures de formation en groupe de 10 stagiaires maxima. Dernièrement, l'Ecole nationale du chanvre a établi un devis pour douze entreprises suédoises…
Nouvelle étape, l'établissement travaille sur un parcours de formation de treize semaines conduisant à un titre professionnel "Opérateur Pro-Chanvre". Il  prendra en compte les différents modes d'utilisation du chanvre (en isolation par l'intérieur, par l'extérieur, en isolation de toiture, de plancher bas, en finition). Son lancement est prévu pour octobre 2018 à raison d'une session par an sur l'Occitanie avec un développement sur d'autres régions.

Texte et photo : Frédéric Pigot/APAP

(1) Les formations se composent de 60 % d'artisans (maçons, platriers-plaquistes et charpentiers), 30 % de salariés de ces entreprises et 10 % d'architectes.

(2) Il sera remis en ligne en début d'année 2019.


 

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