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Quand j'étais champion (3/7) : Christophe Marcelle
Christophe Marcelle - © © Vincent Leloup / Le Moniteur

Quand j'étais champion (3/7) : Christophe Marcelle

christian robischon |  le 04/08/2016  |  MarneInternationalFrance entièreTravaux publicsRénovation

lls ont fait se lever les foules dans les stades, au bord des pistes, dans les gymnases… Après un dernier match, un sprint final, un ultime combat contre leur propre corps, ils ont troqué le survêtement pour le casque de chantier… D’autres font encore la une des gazettes sportives mais ont déjà construit dans le BTP leur vie d’après. Tout l’été, la rédaction du « Moniteur » vous propose de découvrir ces personnages hors du commun. Athlète olympique, footballeur professionnel, boxeur, rugbyman ou hockeyeur… ils incarnent à présent les valeurs d’un BTP moderne, sympa et conquérant. Aujourd’hui : Christophe Marcelle. L’ancien hockeyeur rémois s’est reconverti dans le ravalement de façade où il continue à promener son tempérament bien marqué… qu’il lui faut parfois réfréner.

On l’imagine bien en meneur de gars sur un chantier, Christophe Marcelle. Poignée de main appuyée, voix de stentor au langage sans fard, regard droit dans les yeux, l’homme marque son entourage de son 1,80 m et plus encore de ses 92 kg (poids de forme…), de la même manière qu’il savait motiver les troupes sur les patinoires, comme hockeyeur sur glace à Reims, sa ville et son club de toujours.

Un profil de besogneux

« Jouant au poste de défenseur, je faisais partie de ceux qu’on nomme les besogneux, au sens non péjoratif. Le genre de type qui n’a pas peur de se coucher sur la glace pour prendre un palet en pleine figure, ce dont j’ai gardé quelques traces », reconnaît-il. Bref, l’homme de l’ombre précieux, prompt à pousser une salutaire gueulante dans les vestiaires et qui a contribué aux heures glorieuses des Flammes bleues de Reims. Le club a été deux fois champion de France au début des années 2000 et a réussi à « soulever le trophée grâce aux gars du cru », relevant ainsi le challenge posé quinze ans plus tôt par le père de Christophe qui en avait repris la présidence alors que le club était au plus bas. « Sur l’effectif champion, nous étions environ les trois quarts formés au club », se souvient l’ex-défenseur.

L’heure de la reconversion a sonné tout de suite après, en 2002 à l’âge de 34 ans. Elle n’a pas été un long fleuve tranquille. Coïncidence : le club est alors liquidé - « la patinoire était devenue obsolète au point qu’on jouait nos matchs à domicile à Epinal ». Pour Christophe Marcelle, le BTS force de vente décroché avant de passer pro n’est pas le sésame imaginé : un premier poste ne se concrétise pas, l’offre de reprise d’une petite affaire s’avère douteuse. Il tâte du bâtiment et finit par être repéré par Damien Sionneau, patron du groupe éponyme de second œuvre à Reims, qui suivait le hockey local et recherchait un conducteur de travaux. « Je pense qu’il a parié sur ma capacité à motiver et à mener une équipe », relate Christophe Marcelle.

L’esprit de compétition intact

Si la greffe prend, ce n’est pas sans quelques étincelles. L’ex-hockeyeur l’avoue, il lui faut parfois réfréner ce côté fonceur et fort en gueule qui lui avait sans doute coûté une carrière en équipe de France plus riche que ses 30 sélections ainsi que la participation aux Jeux olympiques de Nagano. « On passe d’une vie de passion, où l’individualisme n’a pas sa place et où tout se règle entre quatre yeux, à la vie tout court, avec des personnes aux centres d’intérêt différents ou qui parfois même n’en expriment aucun. C’est un simple constat, pas un jugement. »

Lui trace sa route, avec des responsabilités grandissantes jusqu’au pilotage aujourd’hui du service ravalement et industrie de 50 personnes. Il s’en acquitte avec le même esprit de compétition que dans sa première vie. « Je ne sais pas fonctionner autrement. »

Parcours sportif

1987 : premier championnat du monde junior.
1997 : tournoi pré-olympique. de Nagano (Japon).
2000 : premier titre de champion de France avec les Flammes bleues de Reims.
2002 : fin de carrière avec un deuxième titre.

Parcours professionnel

2003 : conducteur de travaux dans le groupe Sionneau.
2012 : responsable du service ravalement de façades.
Depuis mai 2016 : chef du service ravalement et industrie.

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