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Quand installer une centrale à béton mobile ?

Hakim Bendaoud |  le 18/09/2015  |  ÉvénementIlle-et-VilaineFrance entière

Génie civil. Avant de choisir sa centrale mobile, encore faut-il être sûr d’en avoir besoin… Dans le tableau d’investissement, le prix de l’équipement et la quantité de béton nécessaire sont des paramètres importants. Mais d’autres données entrent également en ligne de compte.

Le camion-toupie négocie son dernier virage. Dans quelques minutes, il déversera son contenu. Les compagnons, eux, ne devraient plus le revoir durant tout le chantier. Car le béton livré ne sera pas utilisé pour réaliser des voiles ou un radier. Il servira uniquement à couler une dalle afin d'y installer une centrale à béton mobile. « À partir d'un certain volume, il est clair que le choix d'une centrale mobile se pose, confirme Benjamin Richard, directeur matériel chez Léon Grosse. Chez nous, on commence à y réfléchir à partir de 7 000 m³, même si les volumes ne font pas tout car cela dépend aussi de la typologie du chantier, de la nature des bétons, et même de l'implantation de la centrale sur le site, sachant que, si on ne peut pas la placer sous une grue, une chargeuse sera forcément nécessaire, ce qui augmente le coût de l’installation. » Ce n'est donc pas un mais plusieurs paramètres dont il faut tenir compte, même si certaines zones géographiques ne laissent pas vraiment le choix. « En Rhône-Alpes, beaucoup de chantiers ont recours à ce type de matériel car leur accès est difficile et les routes sont sinueuses », confirme Pascal Pontillon, gérant de Savimat. Même chose pour les grandes agglomérations. Ainsi, chez Léon Grosse, 95 % des centrales sont montées en région parisienne. « Nous avons dix unités, dont quatre en propre », précise Benjamin Richard. Et ce chiffre pourrait encore évoluer car, ainsi que le rappellent les professionnels, le béton prêt à l’emploi coûte 20 % plus cher en région parisienne que partout ailleurs en France. Formulations de béton

L'autre signe qui ne trompe pas, c'est l'offensive des fournisseurs de béton eux-mêmes ! Après Lafarge et Cemex, Holcim a lui aussi ajouté cette prestation à son catalogue. Sa première ? et pour l'instant unique ? centrale à béton mobile tourne à plein régime sur le chantier du métro de Rennes (lire le « retour d'expérience » ci-contre). À l'instar de ses homologues, Holcim a pris soin de calculer son amortissement sur ce premier chantier car rien n'indique que la centrale sera réutilisée par la suite. Les équipes de Léon Grosse sont bien placées pour le savoir… « Sur un de nos chantiers, à Levallois-Perret, en région parisienne, nous utilisons une Skako Mastermix 3000, d’une capacité de 50 m3/h. Il nous fallait ça car la formulation des bétons pour la construction de ces bureaux est complexe », témoigne Benjamin Richard. Jean-Marc Abad, directeur du dépôt de Brétigny, détaille : « En tout, il y a sept formulations de béton différentes : des bétons à faible retrait que les centrales fixes alentour rechignaient à nous fournir ! » Le béton qui est coulé pour le plancher est sans joint de dilatation, d’où l’importance d’utiliser un tel béton. Autre caractéristique de l’équipement : la présence de quatre silos (et non de trois), dont deux pour le ciment, un pour le filler et un pour la cendre. » Cette centrale à béton resservira-t-elle ? A priori oui ! Mais pas tout de suite. Et en tout cas, pas par Léon Grosse qui a préféré la louer plutôt que l’acheter. L'autre donnée à calculer est celle liée aux travaux préparatoires et au recylage des eaux usées. Un silo de plusieurs dizaines de tonnes ne se pose pas à même le sol. Des travaux de fondation sont nécessaires. Il faut terrasser une plateforme plus ou moins grande, élever éventuellement des rampes pour la chargeuse, prévoir des voies de circulation pour les camions. Autres paramètres à prendre en compte : le bruit, la poussière, le trafic, les déchets. Le traitement des eaux usées fait également partie du cahier des charges. Les eaux de process et de nettoyage doivent ainsi être recyclées par un dispositif comprenant un ou plusieurs bacs de décantation et des bacs de stockage, tandis que les boues inertes issues de la décantation et des retours de béton doivent être évacuées vers un centre de décharge agréé. Cela en fait, des contraintes ! Car il faut se souvenir que les centrales à béton sont des installations classées pour la protection de l’environnement ; à ce titre, leur mise en place est soumise à des règles précisées par un arrêté ministériel daté du 26 novembre 2011. Un assouplissement a récemment été accordé aux centrales mobiles de chantier au sujet des distances d’éloignement minimales par rapport aux limites du site. Quiconque connaît l’étroitesse des emprises en centre-ville comprend que cette limite spatiale empêchait de facto l’installation d’une centrale à béton mobile sur son chantier. Mais ces dérogations aux règles communes sont exclusivement accordées aux centrales provisoires installées pour une période inférieure ou égale à douze mois. Au-delà, les contraintes administratives sont plus lourdes et peuvent décourager le chantier d'avoir recours à un tel équipement.

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