Environnement

Qualité environnementale : les maîtres d’oeuvre s’engagent

Mots clés : Architecte - Architecture - Démarche environnementale - Développement durable

A l’occasion de la semaine du développement durable, un sondage Ipsos/Le Moniteur rappelle que les maîtres d’œuvre sont convaincus de l’intérêt de la démarche de qualité environnementale. Ils avouent toutefois manquer d’information sur ce sujet et souhaitent majoritairement se faire aider par un spécialiste.

La construction éco-responsable, un mouvement apparu dans les années 90, semble aujourd’hui irréversible. La démarche de qualité environnementale dans la conception des bâtiments rencontre un réel succès mais on dispose aujourd’hui de peu d’informations permettant de quantifier le niveau d’investissement des maîtres d’œuvre et leur perception de cette approche dans leur pratique professionnelle quotidienne. On peut ainsi se demander combien de maîtres d’œuvre sont aujourd’hui impliqués dans de telles démarches et sur quels types de bâtiments. Comment considèrent-ils cette pratique ? Y croient-ils ? Quelles difficultés rencontrent-ils pour la mettre en œuvre ? Autant de questions auxquelles « Le Moniteur » a souhaité apporter des réponses en donnant la parole, via un sondage réalisé par Ipsos, à 300 architectes, 100 ingénieurs de bureaux d’études et 100 économistes de la construction.

Il ressort de cette étude que la qualité environnementale est un concept globalement bien intégré par la plupart des maîtres d’œuvre et que la majorité d’entre eux a déjà mis en application dans la conception de bâtiments (59 % disent avoir déjà conçu un ou des bâtiments selon cette démarche). Et ils ont l’intention de s’engager encore davantage au cours des prochaines années (81 % des personnes interrogées).
Considérée comme une démarche plutôt innovante que traditionnelle (58 % contre 37 %), la mise en œuvre de la qualité environnementale suscite encore de réelles difficultés et une attente d’information, même chez les professionnels qui l’ont déjà mise en pratique. Les maîtres d’œuvre s’estiment encore trop inexpérimentés pour s’engager dans ces démarches sans l’aide d’un spécialiste de l’environnement (63 % le jugent utile et 21 % indispensable).
La difficulté à changer les pratiques est l’obstacle le plus important rencontré aujourd’hui par les maîtres d’oeuvre. Et, lorsqu’on demande aux personnes interrogées de dresser un panorama détaillé du niveau d’investissement de la profession, on note qu’aucun des acteurs de la construction n’est massivement perçu comme très engagé.
Enfin, la certification environnementale des bâtiments reste controversée. Elle recueille un assentiment certes majoritaire mais encore modéré. Elle est jugée par ses détracteurs à la fois réductrice et compliquée, constituant un frein à l’innovation.
Isabelle Duffaure-Gallais

Les résultats complets seront présentés dans notre numéro hors-série « Innovations techniques 2006 », livré avec Le Moniteur du 26 mai.

Focus

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81 % des maîtres d'œuvre vont se mettre à la qualité environnementale.


Plus d’un maître d’œuvre sur deux déclare avoir déjà une expérience de démarche environnementale et compte renouveler l’expérience (54 %), tandis que 27 % ne l’ont pas encore mais souhaitent s’engager à l’avenir. Au total, 81 % des maîtres d’œuvre ont l’intention d’adopter cette approche pour un prochain projet. Les architectes sont les plus impliqués (89 % des architectes, 74 % des économistes et 62 % des bureaux d’études) et aussi les plus impatients puisque près de 6 sur 10 le feront d’ici à un an (41 % pour les économistes et les ingénieurs). Du côté des bureaux d’études, les spécialistes des fluides sont plus intéressés (70 %) que les ingénieurs structures (54 %).

84 % jugent utile d’intégrer un spécialiste de l’environnement à l’équipe de maîtrise d’œuvre.
Si l’enquête Le Moniteur/Ipsos montre l’intérêt des maîtres d’oeuvre pour la conception environnementale, elle révèle aussi qu’ils ne se sentent pas toujours assez armés pour affronter les difficultés qu’elle implique sans l’aide d’un spécialiste de l’environnement. 84 % d’entre eux estiment en effet indispensable (21 %) ou utile mais pas indispensable (63 %) d’intégrer à l’équipe de maîtrise d’œuvre un spécialiste en environnement. Ce sont les économistes qui estiment le plus souvent indispensable l’intervention d’un spécialiste (33 %).

67 % sont favorables au principe de la certification environnement des bâtiments.
Près de 7 personnes interrogées sur 10 affirment aujourd’hui être favorables au principe de la certification environnementale (67 % contre 31 % qui y sont opposés). Bien que majoritaire, cet assentiment reste cependant modéré puisque seulement 14 % se déclarent tout à fait favorables à la certification. Les maîtres d’œuvre s’estimant bien informés sur les démarches de qualité environnementale et ceux qui ont déjà mis en œuvre de telles pratiques se montrent légèrement moins favorables que les autres à la certification. Le niveau d’information et l’expérience ne sont donc pas des facteurs qui poussent aujourd’hui les maîtres d’ouvrage à appuyer le processus de certification. Parmi les arguments des anti-certification : le frein à la créativité et à l’innovation, les obstacles administratifs et financiers, la complexité des démarches.

Ce sondage a été réalisé par Ipsos pour « Le Moniteur » du 27 février au 2 mars 2006 auprès de 500 professionnels exerçant une activité de maîtrise d’œuvre : 300 architectes, 100 ingénieurs de bureaux d’études, 100 économistes de la construction.

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