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Qualite de l'air La surveillance a un coût

JEAN ROBERT |  le 30/03/2001  |  SantéUrbanismeRéglementationDroit de l'environnementTechnique

Loi sur l'air, préoccupations de santé publique et directives européennes dopent la croissance des réseaux de surveillance dotés de matériels de mesure toujours plus pointus : les budgets augmentent en conséquence.

Mesurer de nouveaux polluants atmosphériques, prévoir les pics de pollution plus à l'avance, informer le public... les réseaux de surveillance doivent mettre les bouchées doubles pour remplir leurs missions. Prise en compte de l'environnement oblige, le budget consacré à la surveillance de la qualité de l'air a été multiplié par trois en quelques années, passant ainsi de 11,5 millions d'euros (75 millions de francs) en 1995 à 38,49 millions d'euros (250 millions de francs) en 2001.

« Aujourd'hui, les principaux polluants - SO2, NOx, particules, plomb, monoxyde de carbone et ozone - sont mesurés dans toutes les villes de plus de 100 000 habitants », explique Rémy Stroebel, spé- cialiste de la qualité de l'air à l'Ademe. Les 39 réseaux de surveillance de la qualité de l'air de métropole et des territoires d'outre-mer s'appuient sur des stations de mesure comprenant des capteurs, des analyseurs et des automates, qui sont reliés à un poste central regroupant toutes les données.

En France, on recense environ 680 stations fixes pour 2 000 capteurs analyseurs. La mise en place d'une station de mesure urbaine classique revient grosso modo à 1 million de francs. Pour les polluants simples (SO2, NOx, CO, O3), les capteurs coûtent environ 15 400 euros (100 000 francs) pièce. Sans compter les frais de fonctionnement et d'entretien estimés à 9 240 euros (60 000 francs) par an et par capteur. Ce coût, en outre, ne prend pas en compte les appareils très sophistiqués comme le DOAS (spectroscopie optique par absorption différentielle), mesurant simultanément plusieurs polluants sur un faisceau d'une centaine de mètres ; avec un prix d'achat d'environ 76 990 euros (500 000 francs), ils sont réservés aux réseaux les plus riches.

L'arrivée de nouvelles directives européennes amènera les réseaux de surveillance à « traquer » de nouveaux polluants, tel le benzène, les métaux lourds ou les particules très fines. « Cela ne signifie pas que l'on va mesurer tout et partout », précise Patricia Blanc, chef du bureau de la pollution atmosphérique au ministère de l'Environnement. Avec un prix qui peut varier de 39 000 à 62 000 euros (250 000 à 400 000 francs) pour un analyseur de composés orga- niques volatiles, l'addition s'alourdit en effet très vite.... « Le recours à des campagnes mobiles de mesure et à la modélisation devrait permettre d'assurer la surveillance de la qualité de l'air au meilleur rapport qualité prix », estime pour sa part Alain Target, le directeur de l'Aspa à Strasbourg.

Dans le cadre de la loi sur l'air, chaque région est en effet dotée d'un camion laboratoire d'un coût d'environ 230 000 euros (1,5 million de francs). Equipés d'analyseurs et de stations météorologiques, ces camions effectuent des mesures ponctuelles dans le temps et dans l'espace à la demande des réseaux. « Des équipements utiles, mais fort onéreux », commente Rémy Stroebel. Avec un coût hebdomadaire d'environ 1 540 euros (10 000 francs), la campagne de mesure doit être élaborée de façon très précise.

L'Etat encourage les coopérations interrégionales

Employés par une dizaine de réseaux, les petits préleveurs passifs, de 7,7 à 77 euros (50 à 500 francs), permettent d'étendre la couverture à moindres frais. Ces capteurs (O3, Nox, benzène...) sont installés sur les arbres ou les poteaux pendant quelques semaines avant d'être analysés en laboratoire. Certains scientifiques cherchent également à développer aujourd'hui l'usage de bio-indicateurs (lichens, choux, plants de tabac...), qui s'avèrent peu onéreux.

Enfin, les pouvoirs publics encouragent la mise en place de coopérations régionales ou interrégionales afin d'améliorer l'efficacité des réseaux tout en réalisant des économies d'échelle. Dans l'Est, par exemple, les associations de Lorraine, de Champagne-Ardenne et de Franche-Comté coopèrent avec l'Aspa (Alsace) sur des programmes d'assurance qualité et sur la mesure de nouveaux polluants.

PHOTOS : Les réseaux de mesure disposent aussi bien de capteurs fixes (1 et 4) que mobiles, tel le camion laboratoire (3). Certains de ces outils sont très sophistiqués : ainsi le DOAS (2), qui mesure simultanément plusieurs polluants sur un faisceau d'une centaine de 100 mètres.

GRAPHIQUES : Evolution des effectifs et budgets des réseaux de surveillance 1995-2000)

Patricia Blanc, chef du bureau de la pollution atmosphérique au ministère de l'Environnement «Le gros des investissements a ete realise»

« De 1996 à 2000, l'Etat a consacré 52,35 millions d'euros (340 millions de francs) environ à l'équipement des réseaux de surveillance de la qualité de l'air. Aujourd'hui, le gros des investissements est réalisé. Désormais, ce sont les dépenses de fonctionnement qui augmentent. Les investissements dépendent des subventions de l'Etat (environ 12,32 millions sur 38,5 millions d'euros cette année, soit 80 millions de francs) ainsi que des cotisations volontaires des industriels et des collectivités. Ces réseaux ont donc tout intérêt à diversifier leurs ressources en tentant de convaincre les gros émetteurs de participer à l'effort collectif. »

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