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Puzzle de béton fibré et de verre en toiture pour le nouveau stade Jean-Bouin
Chantier du stade Jean Bouin à Paris - © © Leon Grosse

Puzzle de béton fibré et de verre en toiture pour le nouveau stade Jean-Bouin

Olivier Baumann |  le 07/05/2012  |  ParisBétonBâtimentSportToiture

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L’enveloppe du nouveau stade Jean-Bouin à Paris est constituée de 3600 panneaux en béton fibré ultraperformant de grandes dimensions. En toiture, ils associent des inclusions de verre et répondent à un véritable défi technique.

Le chantier de construction de la résille en béton fibré à ultrahautes performances (BFUP) de 20 000 m² qui enveloppe le stade Jean-Bouin, à Paris, est un véritable puzzle. « Nous devons poser 3 600 panneaux préfabriqués, dont 3 200 différents ! », s’exclame Christophe Carminati, directeur régional Ile-de-France de Léon Grosse, en charge du montage. C’est que la géométrie de l’enveloppe conçue par l’architecte Rudy Ricciotti, totalement dissymétrique, ondule dans les trois dimensions. Pour s’y adapter, les fins panneaux autoportants triangulaires - la seule forme qui permettait d’épouser cette courbure complexe, selon Christophe Carminati - varient subtilement dans leur longueur (de 8 à 9 m), leur largeur (de 2 à 2,5 m) et leur épaisseur (de 3,5 à 4,5 cm). Les panneaux, en Ductal de Lafarge, sont de deux types. En façade, ils dessinent un réseau tortueux aux mailles évidées. En toiture, le dessin se simplifie et les vides de la maille sont comblés par des inclusions de verre qui protègent le public de la pluie tout en laissant pénétrer la lumière. C’est là que le projet du stade Jean-Bouin innove réellement.

Deux premières sur le chantier

« Le BFUP a rarement été marié au verre, et la toiture n’était pas constructible au sens des DTU », illustre Christophe Carminati. Si la faisabilité d’une telle solution avait été démontrée par la maîtrise d’œuvre au moment de la conception, restait à prouver qu’elle était applicable. La justification a pris la forme d’une Appréciation technique d’expérimentation (Atex) obtenue au bout d’un an et demi auprès du CSTB. C’est la conception du joint d’étanchéité entre le béton et le verre qui a poussé les réflexions techniques le plus loin.
Autre contrainte technique : la couverture, portée par 74 fléaux métalliques dont le porte-à-faux atteint 40 m, forme un large auvent au-dessus des gradins. Il fallait vérifier sa résistance aux vents turbulents.
Les simulations, réalisées sous des vents de 200 km/h avec une soufflerie numérique - c’est une autre première du chantier - ont montré que pour pouvoir suivre les déformations des souples fléaux, les panneaux de Ductal, rigides, devaient être liaisonnés aux fléaux par des attaches rotulées.
Sur le chantier, la complexité est d’abord d’ordre logistique : les panneaux, livrés en flux tendu, sont posés tête-bêche dans un ordre très précis permettant une mise en charge progressive de la charpente. Alors que les premiers terrassements ont démarré en août 2010, la livraison du stade est prévue pour mars 2013.

A l’interface du Ductal et du verre, du silicone

L’usine Bonna Sabla de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) fabrique les 3 600 panneaux en béton fibré ultraperformant (Bfup) Ductal qui constituent l’enveloppe du stade. Pendant un an, l’usine se consacre à ce projet pour soutenir la cadence industrielle de production : pas moins de 18 panneaux en sortent tous les jours ! Cette importante vitesse de croisière fait oublier les longues heures passées à mettre au point les panneaux. Il fallait en effet assurer une étanchéité parfaite à l’interface entre le béton et les inclusions de verre. « Nous devions façonner un joint qui reste parfaitement collé au verre malgré le retrait important du Bfup au jeune âge », explique Christophe Carminati, directeur régional Ile-de-France de Léon Grosse. Différentes matières ont été essayées et plusieurs épaisseurs de joint testées. « Lorsque le joint était trop fin, il avait tendance à se décoller du verre lors du retrait du béton, et lorsqu’il était trop épais, il devenait inesthétique ! » Au final, un joint en silicone préformé d’épaisseur optimisée a été choisi.
Pour augmenter encore la durabilité de l’étanchéité, les pavés de verre - des triangles ou quadrilatères répartis de trente manières différentes - ont des angles arrondis : les courbes douces minimisent la propension des joints à se décoller.

fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Paris. Maîtrise d’œuvre : Rudy Ricciotti, architecte (mandataire) ; BET : Lamoureux & Ricciotti Ingénierie (couverture), Alto (charpente métallique), Bérim (ingénierie TCE). Entreprise macrolot « structure » : Léon Grosse. Préfabricateur : Bonna Sabla. Coût macrolot « structure » : 57,5 millions d’euros HT (35,8 millions pour le gros œuvre, 12,4 millions pour les panneaux préfabriqués, et 9,3 millions pour la charpente).

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