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PROVENCE-ALPES-COTE D'AZUR Camargue 300 millions pour stopper les inondations

le 14/03/1997  |  France entièreSécurité et protection de la santéTravailBouches-du-RhôneRhône

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En Camargue, la submersion du delta, zone humide par excellence, est une donnée permanente depuis des siècles. Mais, jusqu'à une date récente, elle n'avait pas eu des conséquences économiques très graves. L'introduction d'une agriculture intensive (riz, vigne), le développement de l'urbanisation dispersée et du tourisme imposent de maîtriser les entrées d'eau en Camargue, pour préserver à la fois les équilibres écologiques et les activités humaines.

La faillite incontestée (soulignée dans un rapport fameux de la Chambre régionale des comptes) des syndicats d'arrosants et d'agriculteurs, chargés de la gestion pratiquement sans regard externe indépendant, a déclenché une prise de conscience. Les digues étaient de véritables passoires, chacun y pratiquant à son gré des brèches, et cela sans le moindre contrôle. La catastrophe était donc inéluctable.

Les collectivités à la place des propriétaires

Pour réparer les dégâts les plus voyants, 21 millions ont été engagés en 1993 et 1994, l'Etat et les collectivités publiques intervenant massivement.

Mais les secours d'urgence n'ont été qu'une goutte d'eau. Pour assurer la sécurité des biens et des personnes, des sommes infiniment plus considérables sont en jeu : 300 millions au moins sur trois ou cinq ans pour restaurer les digues, les équiper de moyens d'évacuation de crue, restaurer les ouvrages d'art et les réseaux de canaux. Sans compter les dépenses d'entretien au jour le jour (débroussaillage, curage).

Après plus de deux ans de négociations avec les élus, la préfecture des Bouches-du-Rhône a décidé de confier la gestion des digues, non plus à des collectifs d'agriculteurs et de propriétaires fonciers, mais aux maires concernés à travers un Syndicat mixte créé entre les communes d'Arles, de Port-Saint-Louis du Rhône et des Saintes- Maries-de-la-Mer. A cet organisme ira la gestion de quelque 100 km de digues et d'innombrables ouvrages d'art (vannes, pertuis, canaux de fuite, etc.).

PHOTO : La digue de Figarès, à Saint-Gilles, devra être consolidée après les premiers travaux d'urgence.

PROVENCE-ALPES-COTE D'AZUR MICHEL VAUZELLE, PRESIDENT DU SYDRHEMER

Le Sydrhemer (Syndicat de gestion des digues du Rhône et de la mer en Camargue) est placé sous la présidence de Michel Vauzelle, maire d'Arles, et comprend en outre les communes de Port-Saint-Louis- du Rhône et des Saintes-Maries- de-la-Mer. Il est géré par un comité syndical de neuf membres, trois par commune, les municipalités pesant dans les décisions proportionnellement à leur contribution financière (15 voix pour Arles, 6 pour les Saintes-Maries, 3 pour Port-Saint-Louis). Le budget 1997 du Syndicat mixte n'est pas encore établi.

PROVENCE-ALPES-COTE D'AZUR Héritier/Génie civil Un spécialiste des salins

L'entreprise Héritier, qui a réalisé de nombreux canaux d'irrigation et d'assainissement en Camargue, était en première ligne lors des inondations de 1994. « On a participé jour et nuit aux travaux d'urgence. Pas toujours les plus adaptés, car les politiques et l'administration ont beaucoup agi dans la précipitation, en privilégiant les interventions les plus médiatiques », se souvient André Héritier. Le dirigeant de cette entreprise de génie civil centenaire, basée à Arles (25 salariés, 15 millions de chiffre d'affaires), se rappelle la création en quatre jours d'une station de pompage de 1 m3/s à Gimeaux (avec 1 000 mètres de canalisation 1 200 mm en béton armé) où l'eau n'est jamais arrivée...

Il a effectué par la suite d'autres travaux plus « rationnels », comme la réfection des chemins d'accès sur les digues pour pouvoir les conforter. Aujourd'hui, il se réjouit de la mise en place du syndicat intercommunal présidé par le maire d'Arles, Michel Vauzelle (voir ci-dessus), qui vient de définir un premier programme de travaux d'une dizaine de millions pour intervenir sur les points faibles des digues. Il compte bien que l'on fasse appel aux entreprises locales mises à contribution en 1994, dans des « conditions parfois dantesques et payées un an après », et que l'on doit pouvoir considérer comme les « mieux disantes ».

Pas d'inquiétude à avoir pour la mise en oeuvre des matériels : avec Falchetti, Trivela, autres PME du cru, il a la possibilité de se regrouper pour répondre aux besoins.

André Héritier, Camarguais, également riziculteur, connaît parfaitement le milieu où il opère. « Le gros problème en Camargue, milieu où l'on vit et travaille avec l'eau, est que l'on n'arrive pas à se mettre d'accord sur l'entretien courant des digues et des berges. Et avec la disparition des gardes qui ont effectué cet entretien pendant un siècle, les ouvrages sont aujourd'hui fragilisés », explique-t-il.

PHOTO : André Héritier

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