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PROSPECTIVE L’EXPERT : JAC TORTOS Directeur du centre de ressources technologiques Nobatek « Nous avons cent contrats en cours avec des en­treprises et des collectivités sur le développement durable »

Propos recueillis par BERTRAND ESCOLIN |  le 12/02/2010  |  SantéEnergieImmobilierEntreprisesCollectivités locales

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Expert et homme de terrain, Jac Tortos met à profit l’expérience des voisins espagnols et collabore avec l’un des leaders euro­péens des centres technologiques : la Fondation Tecnalia. Celle-ci regroupe six centres technologiques basés en Espagne et plusieurs centaines d’in­génieurs et chercheurs. A l’échelon du Sud ouest, Jac Tortos dirige Nobatek, issu de la fusion des centres de ressources technologiques Nobatek (basé à Anglet, la­bellisé depuis 2007) et Eco­campus (Talence). Mission: développer des so­lutions à haute performance dans la construction durable.

Qu’est ce que Nobatek pour le Sud-Ouest et que pouvez vous apporter aux entreprises et aux collectivités ?

Né en 2004 avec un soutien la fondation Tecnalia, des professionnels du BTP, des collectivités, Nobatek a été labelisé centre de ressources technologiques en 2007 par le ministère de la Recherche et intégré en 2009 Écocampus la cellule transfert de l’université de Bordeaux. Notre objectif est de développer des so­lutions à haute performance dans la construction durable. Dans la pratique, notre regroupement assure une complé­mentarité pour nos activités de recherche appliquée et les pres­tations de service que nous proposons dans les domaines de l’aménagement et de la construction durables. La fusion nous per­met d’atteindre une masse critique, avec une équipe d’une trentaine de personnes, dont 25 ingénieurs chercheurs, et que nous allons développer jusqu’à 80 salariés d’ici à cinq ans.

Vous voulez bâtir un centre technologique de référence en Europe ?

Actuellement, nous avons plus de 100 contrats en cours avec des en­treprises et des collectivités. D’ici à cinq ans, nous voulons de­venir le centre technologique de référence en Europe pour l’amé­nagement et la construction du­rable. Une ambition qui s’appuie sur l’étroite relation que nous entretenons avec l’un des leaders euro­péens des centres technologiques, la Fondation Tecnalia, qui regroupe six centres technologiques basés en Espagne avec plus de 1 600 in­génieurs et chercheurs. Depuis trois ans, par exemple, nous déve­loppons avec Tecnalia un projet sur les matériaux à changements de phase, permettant des gains de confort, de mise en œuvre très importants notamment dans la construction bois. Nous travaillons actuellement avec l’université de Bordeaux sur le projet plan campus qui devra en cinq ans réhabiliter de façon exemplaire 200 000 m2. Le CRT sera est impliqué dans le pôle de compétitivité Creahd, pôle aquitain Construction ressources environnement aménagement et habitat durables. Et nous travaillons avec Toulouse, en matière d’audit énergétique et patrimonial de la ville. Ainsi que sur deux projets de construction durable en Haute-Garonne dont un collège avec Patrick Arotcharen à Cadours.

Quelle est votre valeur ajoutée en matière d’analyse des performances ?

Beaucoup de projets manquent d’outils d’évaluation qui font défaut lors de la phase de conception. Nous utilisons les tech­niques informatiques les plus ré­centes avec des capteurs dédiés pour un suivi thermique et énergétique as­socié à des modèles de simulations thermiques dynamiques. Cela permet d’intégrer, dès la phase de conception, les demandes les plus précises et pointues des maîtres d’ouvrage, et de savoir vraiment où l’on va. Parmi les références récentes, nous avons par exemple développé la première utili­sation en logement social d’un ma­tériau à changement de phase (un panneau à couche mince développé par Dupont de Ne­mours) sur une construction bois dans l’opération Arroussets à Bayonne (le COL). Nous participons également au premier éco­quartier aquitain (ZAC du Séqué), au système de végétalisation de toi­ture Vertige, ou au programme de valorisation des sco­ries d’aciérie pour la construction routière (Durruty).

Plus généralement, où en est la construction durable dans le Sud-Ouest ?

Par rapport à nos voisins européens, la spécificité française vient des exigences apportées par le Grenelle de l’environnement. Cela a donné une formalisation et une impulsion avec obligation de résultats en matière de logement. Et mobilisé beaucoup d’acteurs. Enfin, par rapport à l’Espagne, spécifiquement, le Grenelle nous donne un calendrier mobilisateur pour le BBC, alors que nos voisins ont des objectifs par secteur (les énergies renouvelables). Et ils sont encore très marqués par la crise immobilière. Dans le Sud-Ouest, des politiques se déclinent avec plus de volontarisme, sur les marchés publics, où l’on voit désormais affichés clairement les objectifs HQE, BBC, ou de système constructif bois.

Vous dites que manquent des outils d’évaluation pour les écoquartiers ?

En matière d’aménagement, on est toujours dans une approche où il y a peu de règles et d’analyses comparatives qui permettent d’évaluer les projets. Chaque acteur tire un peu la couverture à lui au point qu’on peut se demander ce qui est durable sur certains écoquartiers, si ce n’est le nom. On dispose rarement des indicateurs globaux sur lesquels seraient assis les choix d’équipes de conception et de solutions techniques. Certains projets concentrent leur effort, par exemple sur la gestion de l’eau ou sur la performance thermique, sans les mettre en perspective. Sur la centaine d’écoquartiers durables recensés par le Meedat, on manque d’outils globaux pour mesurer les réalisations comme les intentions, réfléchir en termes de conception, de réaménagement, et pour prendre en compte les points clés afin de développer la performance.

Est-ce-à-dire que l’abondance de critères nuit à une bonne évaluation ?

Dans un quartier, on est forcément sur le multicritère. Quid d’un quartier « durable » éloigné du centre ville qui va forcément générer des déplacements de population donc un flux de CO2 qui est inhérent au projet ? Le mot écoquartier ne repose sur aucune définition normalisée, on profite de ce vide pour baptiser un peu rapidement certains projets. On commence aussi à centrer la reflexion sur l’utilisateur, la qualité de vie, à avoir des critères, des ratios européens : on peut par exemple évaluer le temps d’accès à un transport en commun ou à un service collectif. Ou bien, la consommation d’eau (et son taux de récupération), les émissions de CO2, la nature des matériaux utilisés (et leur recyclabilité), ou plus globalement l’analyse du cycle de vie d’un quartier.

En matière de construction et de conception qu’est-ce qui a changé récemment ?

En thermique, on raisonne sur des niveaux de performance qui n’ont plus rien à voir avec ceux d’il y a à peine cinq ans. Et l’offre industrielle se met en place au niveau des entreprises qui font des offres de système constructif, avec des variantes dans les appels d’offres. Le train est en marche, indéniablement. Ce qui a le plus changé, c’est l’idée d’interdépendance : la performance s’accroit à condition que tous les acteurs avancent au même rythme. Ce qui change : une conception moins séquentielle plus coopérative avec des solutions partagées entre maîtres d’ouvrages, maîtres d’œuvre et entreprises. C’est l’ensemble de la chaîne qui se met au diapason. Ce qui ne veut pas dire que c’est facile. Mais on assiste à une prise de conscience que la performance touche à la chaîne entière de construction.

Est- ce que construire durable, c’est construire en matériau sain dans un environnement adapté ?

Il faudrait d’abord bien définir ce qu’est un matériau sain ! Se poser la question oblige à chercher des informations. Il n’y a pas de solution absolue, elle dépend à la fois de l’endroit et de l’usage. Pour le choix par exemple entre béton, acier et bois, il faut se poser au préalable des questions sur l’usage continu ou pas du bâtiment, sur la recherche d’inertie thermique ou non, sur la nature du climat environnant, du vent, du souhait d’intégration du bâtiment au paysage, etc. Autant de paramètres qui impliquent des choix et permettent au concepteur d’élargir sa palette de solutions.

Est-ce que la construction bois vous semble avoir le vent en poupe dans le Sud-Ouest ?

Si ce n’est assez visible en volume de construction, en revanche, dans le Sud-Ouest, la maîtrise d’ouvrage y est désormais plus sensible. On voit des demandes spécifiques de construction bois, comme l’appel d’offres auquel nous avons participé pour le collège de Saint-Symphorien (Gironde), pour lequel, le conseil général a demandé une construction en bois. De même, les filières industrielles s’organisent, avec des regroupements et rachats. Les grands groupes rachètent et se constituent des filiales spécialisées dans le bois, comme Vinci qui a repris en Haute-Garonne Satob construction bois.

Contact : Jac Tortos 06 07 56 26 88

SON PARCOURS

8 janvier 1953 : naissance à Toulouse

1976-77 : Ingénieur chimiste diplômé en 1976 de l’ENSCT

Spécialisation en Génie des procédés en 1977 de l’IGC

Années 80 : responsable Bureau d’étude APROMIP (3 ans à Toulouse )

Assistance technique Innovation / modernisation PME (5 ans - CCI Bayonne)

Années 90 : directeur d’un centre de Formation supérieure et

de Recherche Appliquée (10 ans IDLS/ ESTIA) : de la création à l’école d’ingénieur

Directeur Industriel d’une société du secteur agroalimentaire : responsable usine et développement Industriel Asie et Amérique du Sud (7 ans)

Depuis 2004 :

Directeur du centre Nobatek, depuis sa création en 2004

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