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Propriété partagée : un toit pour tous, ensemble
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Propriété partagée : un toit pour tous, ensemble

Pouthier Adrien |  le 14/10/2008  |  France entière

Alors que le projet de loi sur le logement arrive devant le Sénat, en pleine crise de l'immobilier, coup de projecteur sur un mode alternatif d'accession à la propriété : les coopératives d'habitants.

Dans cette période marquée par les prix élevés de l’immobilier qui rendent l’accès au logement de plus en plus difficile pour de nombreux ménages, les listes d’attente pour des logements sociaux qui s’allongent, alors que le taux de rotation est extrêmement faible, et par un débat passionné sur le développement de l'accession individuelle à la propriété, l'idée de la propriété partagée fait petit à petit son chemin.
Le concept : des habitants se regroupent et, avec l'aide d'une structure d'accompagnement, définissent collectivement leur projet d'habitat (caractéristiques des logements et des espaces qu’ils souhaitent partager, valeurs communes, fonctionnement de la coopérative). Par la suite, ils gèrent ensemble leur immeuble, en s'appuyant au besoin sur des professionnels.La société coopérative est propriétaire de l'immeuble et le demeure. Les coopérateurs sont locataires de leur logement et propriétaires de parts de la coopérative. L'objectif : sortir du système spéculatif en offrant un coût de logement toujours identique relativement au coût de la vie. "Ca n'est ni baba, ni boy-scout" se défend Thomas Nesme, président de l'association H Nord, porteuse d'un dossier de ce type à Bordeaux -80 logements sur une friche industrielle de 1 ha-, "il ne s'agit pas d'un projet communautaire mais collectif." Et dans cette optique, les espaces sont mutualisés : buanderie, salle commune, chambre d'amis, jardin, atelier de bricolage, lieu de stockage : les espaces et services en communs facilitent la convivialité tout en entraînant des économies pour chaque ménage, dans une optique de modération de la consommation.

Mixité et développement durable
Fondée sur le développement des liens sociaux, les échanges et la solidarité entre voisins, la vie en coopérative est sensée encourager la mixité sociale et l'accès de tous au logement. "Pas question de devenir un ghetto de bobos!", affirme encore Thomas Nesme. Ainsi, la mutualisation des capacités d'endettement et le recours aux financements du logement social doivent permettre l'accès à des ménages modestes.
En facilitant la coproduction des projets de rénovation urbaine et des politiques sociales et de logement des collectivités, les coopératives d'habitants veulent aussi mettre l'accent sur des critères écologiques : choix de matériaux sains et à faible impact environnemental, de provenance locale, conception du bâtiment en fonction de contraintes liées à l’énergie (orientation), utilisation d’énergies renouvelables, sobriété énergétique, économies d’eau. Le projet d'habitat dans son ensemble vise une moindre pollution et une faible émission de gaz à effet de serre : facilitation des déplacements non motorisés, dispositifs de tri, recyclage et compost, facilitation de l'entretien et de la réparation grâce à l'atelier collectif de bricolage, approvisionnement facilité en produits biologiques et locaux, mise en commun d’objets, etc.

Flou jurdique
Malgré tous ses avantages théoriques, la coopérative d'habitants en France n'est pas encore une réalité. "Aujourd'hui, les coopératives d'habitants n'existent pas juridiquement en France", regrette Olivier David, président de Habicoop, association de promotion de solutions de logement alternatives qui a tenu ses 3e Rencontres nationales des coopératives d'habitants du 10 au 12 octobre à Bordeaux. La priorité est donc d'obtenir, à l'occasion de l'examen du projet de loi sur le logement, à partir de mardi au Sénat, la reconnaissance d'un statut particulier pour ces "Ovnis", comme les décrit Bertille Darragon d'Habicoop. En effet les coopératives ne sont ni des Sociétés civiles immobilières (SCI), ni des SARL, ni de simples copropriétés. Si les raisons de promouvoir le logement coopératif sont nombreuses et que, selon Bertille Darragon, au niveau local, "l'accueil des personnels politiques est favorable", il reste maintenant à voir si cela suivra au niveau national.

Adrien Pouthier avec AFP


Les coopératives d’habitants à l’étranger : un aperçu



En Suisse :
8 % du parc immobilier
Jusqu’à 20 % dans les grandes villes (Zurich)
130 000 logements.
L’accompagnement et le soutien au financement des coopératives sont assurés par l’ASH(Association Suisse pour l’Habitat).

En Norvège :
15 % du parc immobilier
40 % des logements à Oslo
650 000 habitants
L’accompagnement à la création et au développement de ces coopératives est assuré par des associations de coopératives, financées par l’Etat.

Au Québec : 50 000 habitants
L’accompagnement des coopératives est assuré par des Groupes de Ressources Techniques (GRT) fédérées au sein de l’association des GRT du Québec.

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