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Propreté La double stratégie de Sita

THIERRY THOMAS |  le 28/03/1997  |  EnvironnementDéchetsNumériqueFrance Hauts-de-Seine

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-Ce groupe développe les marchés de proximité tout en se renforçant à l'international. -Dans l'Hexagone, sont lancées plusieurs opérations expérimentales de collecte sélective, basées sur les nouvelles technologies.

Le groupe Sita, pôle propreté de la Lyonnaise des eaux, est actuellement le premier opérateur en France et le quatrième groupe mondial pour la collecte et la valorisation énergétique des déchets. Il dessert, en collecte sélective, 2 millions de personnes, pour les cinq matériaux d'Eco-Emballage (verre, papier-carton, plastiques, acier, aluminium), auxquels s'ajoute le million concerné par la collecte d'un seul matériau.

Face à un métier de plus en plus complexe, Sita travaille sur la qualité des services et des matériels. « Tout ce qui améliore nos performances nous permet de vendre au meilleur prix et donc d'en faire profiter nos clients, de plus en plus préoccupés par les taxes sur les ordures ménagères », affirme Jacques Pétry, P-DG du groupe. « C'est pourquoi le rôle d'Eco-Emballage et les subventions de l'Ademe sont essentiels. Ils permettent de rendre l'équation valorisation/matière supportable. »

Dans cet esprit, Sita engage plusieurs opérations expérimentales. « La Ville de Paris réfléchit à une collecte sélective à grande échelle. Deux opérations sont engagées, dont l'une avec notre groupe, dans le XIIIe arrondissement. Nous venons de lancer une nouvelle benne qui tend à gommer l'impact négatif de la benne en milieu urbain », explique Jaques Pétry. Cette benne, qui roule en partie à l'électricité, offre une maniabilité plus grande que les bennes classiques. La trémie et le cache-moteur ont été étudiés pour limiter le bruit. Elle sera prochainement adaptée pour la collecte sélective. A l'automne, une benne de ce type sera mise en service dans les Hauts-de-Seine.

A Noisy-le-Sec, le groupe développe une nouvelle technologie : la « pesée embarquée ». Une puce collée sous le bac de collecte permet d'identifier le propriétaire et de calculer le poids de déchets fournis. « Cette technique est essentielle pour établir une facturation individualisée pour les entreprises et les commerçants regroupés en centre-ville ou dans les zones artisanales. Il serait trop coûteux d'utiliser plusieurs véhicules. Cette technique va se généraliser très vite pour la collecte des déchets liés aux activités économiques.»

PHOTO : Jacques Pétry, président de Sita :

le groupe vise la qualité des services et des matériels.

Présence renforcée à l'international

Sita affiche un chiffre d'affaires consolidé (1996) de 9,25 milliards de francs, dont 25 % à l'international. «Dans les dix ans à venir, le groupe Sita devrait réaliser la moitié de son chiffre d'affaires en France et l'autre moitié à l'étranger» , affirme Jacques Pétry, P-DG du groupe, qui emploie 21 000 personnes réparties à parts égales entre la France et l'étranger. Très présent en Europe, notamment en Grande-Bretagne, en Espagne et en Belgique, le groupe est aussi implanté en Europe du Nord, très avancé en matière de collecte sélective. «On obtient des taux de valorisation de l'ordre de 30 à 40 %, alors qu'en France on s'est fixé un objectif ambitieux de 20 %. On rencontre des techniques différentes et des clients aux attentes spécifiques. Ce que l'on voit en Suède aujourd'hui, on le verra en France dans cinq ou dix ans» , précise Jacques Pétry. Sita s'engage également sur deux marchés en plein essor : l'Asie et l'Amérique du Sud. Leader en Malaisie et à Singapour, implanté de façon significative à Hong Kong, le groupe souhaite prendre pied en Amérique latine. Il vient de se porter candidat sur le marché de la collecte des déchets à Buenos Aires.

Poitiers : Genet mise sur l'insertion

Depuis octobre 1996, les quelque 110 000 habitants du district de Poitiers (Vienne) sont invités à trier leurs emballages ménagers. Une fois par semaine, la société Genet - filiale du groupe Sita - collecte, selon le principe du bi-flux, les «corps creux» (verre, bouteilles plastiques, boîtes métalliques, briques) et les «corps plats» (journaux, magazines et revues).

Les déchets collectés sont conduits vers le centre de tri où un bâtiment de 1 800 m2 abrite deux aires de réception des produits, une chaîne de tri manuel et une presse à balles de 60 tonnes. L'opération a coûté plus de 7 millions de francs. Le centre de tri fonctionne sur deux postes, six jours par semaine. Entre quatre et six trieurs travaillent sur la chaîne. Genet a sous-traité à Triplus, entreprise poitevine d'insertion, le tri et le conditionnement des déchets récupérés. Genet assure à Triplus 12 000 heures de main-d'oeuvre rémunérées au prix du marché, pour un objectif de 6 200 tonnes d'emballages triés, soit une dizaine de postes.

L'opération a déjà permis de collecter près de 2 000 tonnes de déchets.

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