Energie

Projet de loi sur la transition énergétique: «Encore énormément de sujets sensibles à arbitrer», selon Ségolène Royal

Mots clés : Démarche environnementale - Gouvernement - Hôtels et pensions de famille

Alors que son prédécesseur à l’hôtel de Roquelaure, Philippe Martin, avait laissé entendre le 2 avril que le projet de loi sur la transition énergétique était prêt, la nouvelle ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie a, au contraire, estimé le 6 avril qu’il restait «encore énormément de sujets très sensibles à arbitrer».

Invitée du Grand Jury RTL/Le Monde/Le Figaro, Ségolène Royal a toutefois ajouté qu’elle «ferait tout pour que la loi soit prête en juin». Concernant les gaz de schiste, elle s’est de nouveau inscrite dans la ligne gouvernementale en refusant leur exploitation en l’état actuel des techniques d’extraction mais sans fermer complètement la porte à des recherches. «On ne doit jamais fermer des perspectives de recherche, jamais», a-t-elle souligné, tout en rappelant que ces hydrocarbures ne correspondent pas au modèle de civilisation que nous voulons atteindre, qui est de diminuer la part des énergies fossiles. «On en dit beaucoup plus que la réalité sur l’effet positif des gaz de schiste sur l’économie américaine», a-t-elle aussi estimé. Elle a aussi confirmé la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, la doyenne française, en fin 2016 mais sans se prononcer sur l’arrêt d’autres sites. «La priorité», a-t-elle martelé, «reste le développement des énergies renouvelables comme la biomasse ou l’éolien».

Interrogée, d’autre part, sur l’écotaxe dont la ministre avait prôné une remise à plat dès le lendemain de sa nomination, Ségolène Royal n’a pas clairement dit si elle en souhaitait ou non sa suppression (voir notre article). La ministre s’en est remise au rapport qu’une mission d’information parlementaire doit remettre dans une quinzaine de jours. «Nous en débattrons alors collectivement au sein du gouvernement et nous prendrons une décision», a assuré la ministre, dont la nomination à l’Écologie est approuvée par six Français sur dix selon un sondage du Journal du dimanche. «Pour autant, je ne voudrais pas que la première décision du gouvernement soit un impôt nouveau», a-t-elle ajouté, ne voulant pas que la cause de l’écologie se résume à des impôts supplémentaires. Elle a par ailleurs indiqué avoir demandé un secrétaire d’État aux transports.

D’autre part, alors qu’elle assistait samedi, à Paris, à l’assemblée générale de France Nature Environnement (FNE), la nouvelle ministre de l’Écologie s’est dite prête à un dialogue constant, même s’il doit parfois être rude, avec les associations. Devant les représentants de quelque 3 000 associations de protection de la nature, Ségolène Royal a rendu hommage aux militants: « Vous êtes bien plus que des lanceurs d’alerte, vous êtes des acteurs et des accélérateurs des changements nécessaires», a-t-elle lancé, précisant que ce dialogue «pourra être rude, ça ne me dérange pas, s’il est sincère et s’appuie sur des données objectives». Selon la ministre, «la polémique est fructueuse si elle permet l’échange d’arguments sur la base de données objectives et d’un état des lieux partagé. On a besoin de polémiques constructives, ce n’est pas négatif, c’est la loi du silence qui est négative», a-t-elle poursuivi. Le président de la FNE, Bruno Genty, a rappelé que «le retour de Mme Royal à l’écologie, 22 ans après avoir déjà occupé ce ministère, était un motif de satisfaction».

Vendredi, enfin, la ministre avait annoncé la désignation au sein de son cabinet de Jean-Louis Bianco en tant que conseiller spécial; Jean-Luc Fulachier, directeur de son cabinet et Francis Rol-Tanguy, chargé de mission. Le premier, qui fut secrétaire général de l’Elysée sous François Mitterrand, a été le codirecteur de campagne de Ségolène Royal, lors de sa candidature à la présidentielle de 2007. Le deuxième est considéré comme son «bras droit historique». Enfin, Francis Rol-Tanguy était, comme on sait, directeur de cabinet de Philippe Martin, après avoir été le premier «Monsieur Fessenheim».

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  • - Le

    513€/an et par habitant

    On a tous entendu : « on ne l’a pas mais si je le commande avant 17h00, vous l’aurez demain ». Avec ce dictat du juste à temps (idéal comptable mais cauchemar environnemental), 500 000 camions roulent au quotidien pour supprimer les stocks et satisfaire notre impatience. En 15 ans, avec la baisse des consommations de carburant et l’arrivée massive des salaires low cost (1 camion sur 4 est étranger), contrairement aux idées reçues, 100 000 camions roulent à vide chaque jour. Dès lors, il ne serait pas complètement idiot de faire payer tous le monde et pas seulement les français, notamment ceux qui usent et abusent de nos infrastructures routières tout en générant des pollutions inutiles. Selon le rapport 2011 de l’OMS, la pollution de l’air coûte 513€/an et par européen en frais de santé.
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  • - Le

    mythes et réalités

    Quand on écoute les VRAIS spécialistes du sujet, la réalité est bien différente de ce qu’on nous promet. Aux USA le gaz de schiste ne représente que 15% du gaz extrait , le reste étant du gaz conventionnel dans de petites poches. Elles sont connues et repérées depuis des décennies mais négligées jusqu’alors parce que pas rentable. Hors ces petites poches de gaz n’existe pas en France. Ce ne serait pas la première fois que les américains nous bernent avec un soit disant eldorado.
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