Etat et collectivités

« Profession : ingénieur hospitalier », par Alexandre Toesca, Président de l’Association Ingénieurs Hospitaliers de France.

Parmi les structures du secteur tertiaire, les établissements de santé figurent parmi les plus complexes. Au-delà de la dimension médicale et humaine, ceux-ci intègrent des installations liées au bâti ainsi que des équipements de haute technologie. De même, autour du personnel médical et soignant, gravitent de nombreux métiers dont celui d’ingénieur hospitalier. En répondant aux exigences de soins et d’accueil, ainsi qu’aux impératifs logistiques, celui-ci apparaît comme l’acteur essentiel pour assurer la qualité, la continuité et la sécurité des soins. Véritable interface entre les fonctions de soin et la direction, il conseille cette dernière sur ses choix stratégiques en matière de travaux, d’équipements techniques et de maintenance. Si ses principaux secteurs d’activités sont l’ingénierie, les techniques immobilières hospitalières et biomédicales, il déploie également ses talents dans des domaines tels que la programmation informatique, la qualité, la cuisine collective, les approvisionnements ou la sécurité incendie. L’ingénieur qui oeuvre dans un établissement de santé acquiert le titre d’ingénieur hospitalier après plusieurs années d’exercice. Il se différencie de ses confrères par sa connaissance du « terrain » auprès des personnels soignants et médicaux, mais aussi des industriels de la santé. Il est en outre intégré au comité de vigilance sanitaire ainsi qu’à celui en charge de l’hygiène et de la sécurité du travail (CHSCT).

Polyvalence obligatoire
Ses fonctions et responsabilités varient selon la taille des établissements. En charge du domaine immobilier et biomédical, il est l’un des collaborateurs directs du chef d’établissement dans les petites et moyennes structures. Dans les hôpitaux plus importants, notamment dans les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU), les deux secteurs dépendent souvent de directions administratives différentes. L’ingénieur apparait alors plus éloigné des décisions stratégiques. Ses fonctions restent cependant multiples : il lui arrive, dans une même journée, d’endosser les rôles de représentant du maître d’ouvrage, programmiste, conducteur d’opération, maître d’oeuvre, chef d’entreprise de maintenance, gestionnaire de risques, gestionnaire des énergies, acheteur, auditeur, qualiticien, formateur, etc.! Il doit, pour les exercer, actualiser ses connaissances et, pour cela, mettre en place une veille technologique, normative, réglementaire, etc. des plus réactives. Il doit également maîtriser les règles de fonctionnement de la commande publique et détenir un solide bagage juridique en cas de contentieux… En tant que chef d’équipe, il lui revient d’organiser les interventions de ses collaborateurs et de les préparer à de nouvelles exigences : gestion des risques, démarches qualité et de technovigilance, notamment. Charge à lui de compléter l’expertise interne à l’aide de ressources spécifiques qu’il lui faudra savoir externaliser ponctuellement.

Indispensables échanges de savoirs
Les ingénieurs hospitaliers ont, pour cela, besoin d’échanger leurs idées, leur expérience et leurs solutions. Dans ce but, ils se sont rassemblés en une association d’entraide et de soutien : « Ingénieurs Hospitaliers de France ». Soucieuse de faire évoluer les structures d’ingénierie hospitalière et les solutions techniques, elle lancera prochainement, en partenariat avec la Fédération Hospitalière de France, une enquête sur la sécurité technique, logistique et environnementale des établissements de soins. Grâce aux moyens qu’elle instrumente (site Internet, annuaire, journées d’études et de formation) et par les relations nouées avec la fédération internationale d’ingénierie hospitalière, chacun de ses membres est en mesure de partager ses expériences et ses compétences avec ses collègues en France ou en Europe. Le développement et la complexité croissante de la technologie conjugués aux transformations successives de l’hôpital, nécessitent en outre d’accroître le nombre de cadres supérieurs issus d’un cursus scientifique et technique. Certains d’entre eux occupent déjà des fonctions de directeur des secteurs techniques, au sens de l’administration hospitalière. Ils peuvent alors mettre au service de l’établissement l’ensemble de leurs compétences. Le fascicule de documentation S99-134 (« Management de la qualité appliquée aux activités de la fonction technique des établissements de santé ») élaboré par l’Afnor en 2003 – sous l’égide de la Direction de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins du ministère de la Santé – vient, à cet égard, officialiser la reconnaissance de leurs responsabilités managériales.

Focus

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Bio-express


Alexandre Toesca, ingénieur INSA, exerce depuis 1975 dans les hôpitaux. Ingénieur en chef Hors-Classe, il a en charge, depuis trois ans, la coordination générale des sécurités techniques au Centre Hospitalier Universitaire de Nice. Membre de l’association « Ingénieurs Hospitaliers de France », fondée en 1956, il assure la présidence de puis 1999 après avoir été secrétaire général pendant cinq ans. A ce titre, il participe à plusieurs groupes de travail de l’Afnor, de la Direction de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins (DHOS) et de la Mission Nationale d’Appui aux Investissements Hospitaliers (MNAIH).

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