Réalisations

Prix Afex projet (8/11) : le centre de traitement de déchets, Newhaven, Grande-Bretagne, S’Pace

Mots clés : Transport ferroviaire

Loin de l’immeuble brésilien présenté la veille, direction cette fois l’Angleterre et le site industriel de Newhaven. Coincé entre une rivière et une voie ferrée, le centre de traitement de déchets se profilait comme une gageure… Défi relevé par l’agence S’pace.

Finaliser un projet architectural en Grande-Bretagne nécessite patience, disponibilité et opiniâtreté. Les Anglais n’ont jamais encouragé l’intégration d’architectes étrangers sur leur île, si ce n’est d’anciens sujets de Sa Majesté la Reine, à l’époque du Commonwealth. La mentalité insulaire, combinée à notre histoire commune, permet d’ériger des barrières culturelles qui sont plus perverses et inattendues qu’à l’habitude dans des pays étrangers.

Techniques et règlements locaux ne peuvent pas surprendre a priori, ce sont plutôt les rythmes et les modes d’expression des exigences qui nous déstabilisent. Nous sommes attaqués pour notre goût du concept, notre manière intellectuelle d’éviter les obstacles que dresse le pragmatisme devant toute imprécision.

Depuis l’époque de Margareth Thatcher, les services urbains et en particulier le traitement des déchets sont soumis à la concurrence pour leur financement, conception, réalisation et exploitation. Quand, en 2000, ONYX UK nous propose de débuter des études pour répondre à un partenariat public-privé (PPP) lancé par ce Comté, nous filons à Newhaven, port anglais qui vient alors de défrayer la chronique pour avoir été racheté en partie par le port de Calais pour maintenir la liaison ferry transmanche entre les deux villes.

Un terrain de défis

La surprise est de taille lorsque nous arpentons le terrain pressenti : relégué au fond du port, le site est constitué de la dernière parcelle constructible avant de pénétrer dans le Parc Régional voisin, bordé d’un côté par la voie ferrée, de l’autre par la rivière Ouse, susceptible évidemment de déborder régulièrement. En contrebas des zones résidentielles, qui elles s’adossent aux collines qui constituent des promontoires sur les deux rives de la rivière, s’étale un puzzle mal découpé de boîtes industrielles qui rivalisent les unes avec les autres de banalité et d’indigence formelle.

C’est à la fois un défi hypersensible par son rapport au paysage et hypertechnique par son ancrage dans le sol qui nous est lancé. Soucieux de tester la volonté de nos interlocuteurs, nous avons immédiatement proposé d’enterrer dans l’eau le maximum de cette installation qui ne pouvait sans cela être à l’échelle de son entourage (le process nécessitant une hauteur d’environ 45m).

Ayant obtenu un accord favorable pour développer cette folie nous avons pu construire tout l’argumentaire nécessaire pour convaincre de la possible intégration d’un tel objet industriel dans ce site. Tout commencer par un grand trou dans l’eau donne du sens à l’ancrage que nous recherchions. En restant parallèles à la rivière et en privilégiant la façade opposée pour y implanter les accès, les circulations et les annexes dont font partie les bureaux et locaux sociaux, nous prolongions cette métaphore du cours d’eau puisqu’il s’agit bien d’un flux de purification qui s’opère dans cette usine depuis la réception des déchets jusqu’à la production d’électricité après traitement des rejets gazeux et solides.

Un projet international

Une grande entreprise allemande (HOCHTIEF) depuis peu en partie propriété d’une grande société espagnole (ACS) avec qui nous travaillons par ailleurs, associée à une entreprise suisse – depuis peu rachetée par les japonais- (VonRoll) pour la partie process, avaient été commissionnées par notre client anglais désormais rebaptisé Veolia Environnemental Services.

C’est donc dans ce mélange international que nous avons pu initier ces « expérimentés constructeurs » à nos « péchés mignons » qui consistent à rendre transparent ce qui d’ordinaire est opaque, à rendre courbe et poreux ce qui d’habitude est carré et bardé de métal, à arrondir des toits qui d’habitude sont étanchés de bitume, à créer des assemblages en tissant des bardages qui d’habitude ne sont que juxtaposés et à traiter le chemin des visiteurs comme un espace d’agrément dominant et lumineux. Rendre vivante une machine est sans doute l’une des plus grandes motivations que l’on puisse avoir. Cela n’est réussi que si la rendre vivante nous la rend plus proche, plus utile, plus correcte d’un point de vue environnemental, plus belle…

 


Centre de traitement de déchets de Newhaven… par lemoniteurfr

 

Architectes français du bout du monde : Grand prix Afex 2012

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