Réalisations

Prix Afex projet (5/11) : le lycée français Jean-Mermoz, Dakar, Sénégal, Terreneuve / Adam Yedid

Après le campus ThyssenKrupp en Allemagne, direction cette fois le lycée français Jean-Mermoz de Dakar au Sénégal. Lauréat du prix AFEX 2012, l’œuvre de Terreneuve Architectes offre un lieu adapté aux conditions tropicales et ancré dans son territoire, tout en respectant l’environnement.

Expérience nouvelle d’une architecture bioclimatique à l’échelle urbaine, les constructions et la mise en œuvre du lycée Jean-Mermoz résultent d’une démarche très contextuelle qui s’appuie sur les ressources locales pour développer des solutions adaptées aux savoir-faire mobilisables aujourd’hui au Sénégal. Responsable sur les questions d’environnement dans un pays où les priorités sont encore souvent ailleurs, cette démarche partagée est aussi le résultat d’un dialogue fructueux entre les architectes et leur maître d’ouvrage.

Le lycée entretient des relations particulières avec le quartier environnant : la configuration du site n’offre que deux points de contact avec la ville. Presque totalement enclavé, le lycée est quasiment invisible depuis l’espace urbain. Le projet tend à minimiser les nuisances imposées à l’environnement, et en particulier sur les réseaux urbains existants. Le stationnement des bus scolaires et des véhicules particuliers a été pris en charge à l’intérieur de la parcelle, de même que l’ensemble du traitement des eaux.

Ancrage local

La construction du lycée français de Dakar s’inscrit dans un contexte politique nouveau, où la restriction des budgets oblige à penser autrement. Cette forte contrainte de programme fut un levier pour les enjeux de développement durable du projet. En s’appuyant sur les ressources et les savoir-faire locaux pour limiter les techniques et produits importés, le projet a cherché un ancrage territorial et environnemental, mais aussi économique et social exemplaire. Il a aussi voulu démontrer qu’il pouvait exister une alternative à la production immobilière dakaroise, qui transpose le plus souvent une architecture internationale largement déconnectée du contexte sénégalais.

Indissociable de la conception architecturale, la démarche environnementale s’est constituée progressivement. Notre réponse a cherché dès le concours à transcender les objectifs de simplicité et d’efficience fonctionnels du programme au profit d’une architecture spécifique : contemporaine dans sa forme, économique dans les moyens mis en œuvre et autonome dans son fonctionnement.

Le plan général associe des lanières ondulantes pour les salles d’enseignement aux entités des espaces communs, administration, salle polyvalente, restaurant, gymnase, dans une composition régie par la circulation des alizés. La protection solaire de cet ensemble caractérise, par une toiture protectrice unifiante, la physionomie du projet en regard des bâtiments d’enseignement qui comportent des galeries d’un côté, incontournable dispositif de l’architecture traditionnelle tropicale, à des doubles murs ventilés.

Ombrage et végétation

L’entrelacement des vides et des pleins, lisible en plan-masse, génère de nombreux espaces de transition entre les différentes entités de l’équipement. L’implantation des bâtiments d’enseignement en lanières resserrées crée des entre-deux ombragés, des patios étroits et allongés, ouverts aux extrémités et rafraîchis par les plantations, dont la forme favorise la circulation de l’air.

Compte tenu du climat, toutes les dessertes sont extérieures, à la fois lieux de vie à part entière, de promenade architecturale, et protections solaires. Rochers, végétation, dessin des matériaux de sols font aussi partie intégrante du projet, de même que les brise-soleil et les préaux-pergolas végétalisés de bougainvillées et autres essences tropicales.

Pour chaque bâtiment, plusieurs solutions passives de protection solaire et de rafraîchissement se conjuguent en préservant l’éclairage naturel et le confort acoustique. En façade avant des locaux d’enseignement, galeries et auvents empêchent le soleil d’impacter les façades aux heures les plus chaudes. En façade arrière, des doubles murs ventilés évitent aux parois intérieures de chauffer, et forment des murs et des tableaux de fenêtres épais qui limitent l’ensoleillement direct.

 

Architectes français du bout du monde : Grand prix Afex 2012

Prix Afex projet (1/11): l’Eco Resort Six Senses Con Dao, Vietnam, AW²

Prix Afex projet (2/11) : Le marché central de Phnom Penh, Cambodge, Arte Charpentier

Prix Afex projet (3/11) : Le Centre Culturel Onassis, Athènes, Grèce, AS.Architecture-Studio

Prix Afex projet (4/11) : le siège et campus de ThyssenKrupp, Essen, Allemagne, Atelier Chaix & Morel et Associés.

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