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Prix Afex projet (10/11) : le pont Hassan II, Rabat-Salé, Maroc, Marc Mimran

le 17/08/2012  |  ArchitectureBâtimentInternationalEuropeArchitecture intérieure

Tout comme l’institut hongkongais de Coldefy & Associés, qui reflète le design auquel il est voué, le dixième projet consiste aussi en un bâtiment symbolique. Structure jetée entre Rabat et Salé, le pont marocain Hassan II de Marc Mimran établit un lien humain entre les deux rives.

Le projet d’ouvrage d’art est un service public situé, projeté à partir du paysage qui l’accueille. Situés dans la vallée du Bouregreg, le pont et ses aménagements permettent de coudre les rives dissociées des villes, celle de Rabat et celle de Salé, pour favoriser le développement urbain autour du fleuve. Le projet s’ancre dans le territoire à partir de deux fondements : les qualités du paysage et les valeurs d’usage de l’espace public.

Les détails du pont.
Les détails du pont. - © © Marc Mimran

La fine dentelle de béton s’ancre dans le territoire pour construire un véritable équipement public, un toit urbain ancré dans le paysage. Le paysage est ici délicat et précieux. Le fleuve est la matrice du développement historique de la ville. Le paysage s’ancre sur l’horizon finement bâti dans le ciel immense, par la ligne des constructions blanches de petites échelles, formant une texture délicate sur les strates de la topographie, celle de la falaise rouge et ocre sur Rabat, celle de la plaine alluvionnaire et du viaduc ferroviaire sur Salé. C’est dans cette stratification fragile que s’inscrit l’ouvrage. Il appartient au sol pour laisser libre le ciel en limitant l’émergence construite à la tour Hassan. C’est dans cet horizon que le pont trouve son origine, son ancrage gravitaire pour s’ordonner vers le centre du fleuve. Le pont Hassan II n’est pas pont générique, indifférent à son environnement paysager, mais plutôt d’un ouvrage issu des lectures du site, un ouvrage à l’échelle territoriale qui parle du lieu en façonnant le lien, un ouvrage séquencé.

Equipement public

Le pont est un espace public, mais il devient ici un équipement public. D’abord par le service public du transport en commun, par la multiplicité des parcours, des modes de liaisons qu’il organise. Le tramway crée du lien social, le pont est son support. Il montre par la délicatesse de sa fine structure, par la générosité de son attention au site, la place de l’ouvrage dans l’espace public : le pont devient équipement public au service de la collectivité.

Le fleuve Bouregreg
Le fleuve Bouregreg - © © Marc Mimran

Sur 800 mètres de long, le tablier du pont parfaitement horizontal construit un toit au-dessus de la douce pente de la plaine alluviale vers le fleuve. La structure du tablier protège un espace public accueillant, une promenade, il se transforme en toit protecteur, celui d’un marché, ou de toute autre occupation publique éphémère.

Le pont prend ici tout son sens, il appartient à l’horizon paysager, il en émerge même pour devenir le lieu public au service de tous, le toit urbain protecteur qui s’offre à la ville : un équipement public ancré dans le territoire, une dentelle de béton fine et délicate au service d’un espace généreux offert à la ville et à son fleuve.

Haute technicité et artisanat

Sur ce projet, c’est l’aventure humaine qui résonne. Celle des ouvriers, des hommes au travail, du labeur. Ces métiers sont durs mais ils rendent fiers. Le projet fait la part du travail de construction et de celui de conception. Ici se mêlent très haute technicité de calcul, de mise en œuvre et savoir-faire artisanaux. Cette complémentarité est la marque du projet. Le paysage mais aussi cette mise en œuvre en font un projet situé.

A l’ouest, le spectacle de la médina et des Oudayas est offert aux piétons, aux promeneurs, grâce à une large passerelle en balcon sur le fleuve et le spectacle de l’horizon construit. Ce premier pont qui accueille également le tramway peut ainsi aisément trouver une autonomie géométrique vers le sol, sur les rives de Salé et de Rabat. Les deux autres tabliers sont réservés aux véhicules automobiles, bordés par le trottoir à l’est.


Le pont Hassan II entre Rabat et Salé au Maroc par lemoniteurfr

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