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Primaire de la gauche, le BTP au centre

Florent Lacas et Jessica Ibelaidene |  le 20/01/2017  |  Entreprises

Les sept candidats font la part belle au secteur de la construction. Au programme notamment, des milliards pour la transition énergétique.

Les 22 et 29 janvier, les citoyens qui le souhaitent pourront voter pour le candidat de gauche qu'ils préfèrent pour les représenter lors de l'élection présidentielle (23 avril et 7 mai). Les programmes des sept candidats réservent une place importante au secteur de la construction.

Logement

Manuel Valls : Imposer aux élus locaux la construction de logements sociaux sur leur territoire dès lors qu'ils n'auront pas tenu leurs objectifs. L'ex-Premier ministre en appelle également à renouveler le partenariat avec les acteurs de l'habitat social pour lui donner les moyens de réaliser la rénovation énergétique des logements.

Arnaud Montebourg : Création de l'agence de rénovation rurale pour « rénover le foncier des villages, installer la fibre optique, installer les populations urbaines qui souhaitent travailler hors des villes en proposant des logements de qualité à des prix défiant toute concurrence », comme le précise son programme.

Sylvia Pinel : Pérennisation des dispositifs existants qui dynamisent le secteur (à commencer par l'outil de défiscalisation qui porte son nom, mais aussi le PTZ dans le neuf et l'ancien). L'ancienne ministre du Logement souhaite également lancer un dispositif d'incitation fiscale pour encourager les travaux de rénovation. Plus largement, elle promet de stimuler le secteur du bâtiment par un programme de rénovation thermique et de mise en accessibilité des bâtiments publics via un financement de la Caisse des dépôts par des emprunts à très long terme. Les moyens de l'Agence nationale de l'habitat (Anah) pourraient également être renforcés pour favoriser la rénovation des logements des propriétaires occupants modestes.

Benoît Hamon : Augmentation des sanctions à l'encontre des communes ne respectant pas le volet logement social de la loi SRU, de manière à les rendre « véritablement dissuasives ». Le candidat souhaite aussi lancer un plan « massif » d'investissements dans la rénovation énergétique des bâtiments.

Travaux publics

Arnaud Montebourg : Financer 1 000 projets dans les travaux publics, représentant 20 milliards d'euros, pour relancer l'activité des entreprises. L'ancien ministre du Redressement productif souhaite également attribuer, pendant une période de huit ans, 80 % des marchés publics aux PME françaises.

François de Rugy : Etablir un moratoire sur les grands projets d'infrastructures dans l'attente du débat et d'un vote autour de nouvelles orientations. Celles-ci auraient pour objectif de remettre à plat l'ensemble des pratiques de déplacement. Le candidat promet également que tout marché public devra comporter des critères tenant compte de l'impact environnemental des prestations proposées par les entreprises soumissionnaires.

Manuel Valls : L'enveloppe de 1 milliard d'euros dédiée aux investissements locaux sera doublée. Par ailleurs, Manuel Valls compte, tout comme Arnaud Montebourg, réserver une part significative de la commande publique aux PME.

Transition énergétique

Vincent Peillon : Lancement d'un plan d'investissements de 1 000 milliards d'euros au niveau européen, dans la lignée du plan Juncker, pour notamment financer la transition énergétique et numérique. Cette transition énergétique sera l'une des deux priorités du candidat, qui milite également pour l'établissement d'une taxe carbone au niveau européen. Vincent Peillon en appelle enfin à intervenir, en partenariat avec les collectivités locales, sur les bâtiments « passoires thermiques ».

Arnaud Montebourg : Lancement d'un programme massif de rénovation thermique des bâtiments publics et privés de l'ordre de 100 milliards d'euros sur cinq ans (financé par la Caisse des dépôts via des emprunts d'une durée de cinquante ans). Arnaud Montebourg souhaite également encourager la fabrication coopérative d'énergie au plus près des domiciles.

François de Rugy : Montage d'une société de financement de la transition écologique, pilotée par la Caisse des dépôts et des acteurs privés, dont la mission sera de financer jusqu'à 100 milliards d'euros de travaux. Il s'agirait de lever ainsi les obstacles au financement de l'amélioration des bâtiments publics et privés et à la diffusion des réseaux de chaleur.

Benoît Hamon : Lancement d'un plan de 1 000 milliards d'euros, au niveau européen, centré sur la transition écologique à destination prioritaire des zones de l'Europe les plus défavorisées.

Social

Manuel Valls : Proposer un salaire minimum européen pour lutter contre le dumping social. Par ailleurs, le candidat souhaite « continuer à protéger la santé des salariés », dans l'esprit du compte personnel de prévention de la pénibilité.

Jean-Luc Benhamias : Constituer un noyau dur de pays européens aux standards élevés, ayant des situations économiques et sociales comparables. L'idée serait ensuite de parvenir à une harmonisation sociale par le haut.

Vincent Peillon : Adoption, au plan européen, d'une directive-cadre sur le travail décent. L'ancien ministre de l'Education nationale promet également de relever l'âge plafond pour entrer en apprentissage de 25 à 30 ans et d'augmenter le temps passé par les apprentis sur le lieu de travail. Quant à la loi Travail, Vincent Peillon souhaite supprimer l'article permettant à un accord d'entreprise de réduire, par exemple, la majoration des heures supplémentaires. Mais aussi les parties concernant le licenciement économique et le référentiel concernant les indemnités prud'homales.

Benoît Hamon : Le candidat envisage un processus de convergence sociale pour lutter contre le dumping social en Europe. Il débutera par la fixation d'un salaire minimum à hauteur de 60 % du salaire moyen du pays. Benoît Hamon souhaite aussi renforcer les contrôles sur chantier et abroger la loi Travail afin que le Code du travail continue de prévaloir sur les accords négociés par les branches et les entreprises. Enfin, le candidat préconise la reconnaissance du syndrome d'épuisement professionnel ( burn-out) comme maladie professionnelle.

Arnaud Montebourg : Reprendre en main la gestion du régime social des indépendants (RSI) en indexant les prélèvements sur les revenus. Le candidat souhaite également suspendre la directive détachement, à l'origine de dumping social en Europe.

Sylvia Pinel : Supprimer le RSI en le rattachant au régime général s'il s'avère impossible de le réformer très rapidement et efficacement.

François de Rugy : Appliquer la loi Travail pendant cinq ans pour en tirer un bilan concret. Un délai nécessaire, selon lui, avant de décider s'il faut l'abroger, l'amender ou la conserver en l'état.

Fiscalité des entreprises

Sylvia Pinel : Suppression de la cotisation employeur à la branche famille de la Sécurité sociale, compensée par la suppression du CICE. Pour lutter contre l'optimisation fiscale, la candidate du Parti radical de gauche prône par ailleurs un élargissement de l'assiette de l'impôt sur les sociétés aux résultats réalisés à l'étranger, couplé à une baisse du taux maximum à 20 %.

Jean-Luc Benhammias : Instauration, pendant cinq ans, pour faciliter le lancement et le développement des PME, d'un dispositif de deux emplois zéro-charges par PME jusqu'à 200 salariés (pour des emplois payés jusqu'à 2,5 fois le Smic).

Manuel Valls : Définir en début de quinquennat, dans le but de donner de la visibilité aux entreprises, les orientations générales des politiques fiscales qui seront conduites dans certains domaines, dont la fiscalité du logement, des bénéfices et de l'énergie.

Vincent Peillon : Hausse du plafond du taux réduit d'impôt sur les sociétés de 15 % dont les PME bénéficient. Il passe de leurs premiers 38 000 euros à leurs premiers 100 000 euros de bénéfice.

François de Rugy : Suppression progressive, sur cinq ans, des cotisations des entreprises alimentant la branche famille de la Sécurité sociale. La moitié des sommes ainsi récupérées par les entreprises bénéficiera aux salariés, via une augmentation de leur salaire net. L'autre partie contribuera à un allégement de la masse salariale des entreprises.

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