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Première escale pour le chantier du bâtiment de jonction Paris-Orly
Le bâtiment de jonction à l'aéroport d'Orly permettra de faire face à l'augmentation du traffic aérien. - © © Groupe ADP

Première escale pour le chantier du bâtiment de jonction Paris-Orly

Emmanuelle Picaud |  le 11/04/2018  |  TechniqueChantier connecté

Une première portion du futur bâtiment de jonction des deux terminaux d’Orly Ouest et d’Orly Sud a été ouverte au public, mercredi 11 avril.

Le chantier du projet de liaison des deux aérogares d’Orly Sud et Ouest vient de franchir une nouvelle étape. Une mise en service anticipée (MESA) d’une portion du futur bâtiment de jonction a en effet été inaugurée mercredi 11 avril par le groupe ADP, qui a en charge la gestion de l’aéroport. Cet espace, d’une superficie de 3500 m²  sur les 80 000 prévus au total, n’est toutefois que la partie émergée de l’iceberg, la mise en service des 7 650 m² restants étant prévue pour avril 2019.

A terme, l’ajout d’un bâtiment de jonction doit non seulement permettre de mieux faire communiquer les terminaux, mais aussi de mettre en conformité les locaux avec les normes d’accueil actuellement en vigueur. En effet, porté par l’essor des compagnies aériennes "low-cost" et le développement du trafic international, la fréquentation des lieux a doublé en vingt ans, pour parvenir à un pic de 32 millions de passagers en 2017. Or, la capacité d’accueil des deux terminaux est actuellement limitée à 29 millions de voyageurs. « L’idée, c’est de mieux faire communiquer les espaces, en permettant de faciliter les mouvements d’Orly Sud vers Orly Ouest en fin de matinée, et inversement le soir et en fin de semaine », détaille Guillaume Sauvé, directeur de l’ingénierie et de l’aménagement d’ADP.

Trait d’union entre deux mondes

Le bâtiment de jonction s’étalera à terme sur 250 m de longueur, 19 m de haut et 120 m de largeur d’emprise au sol. Les moyens, conséquents, sont à la hauteur des enjeux économiques. La réalisation de la charpente métallique a par exemple nécessité pas moins de 4 200 t d’acier, soit « la moitié de la Tour Eiffel », commente Guillaume Sauvé. Quant aux 9 500 m² de verrerie qui tapissent la façade du bâtiment, ils correspondent à quatre fois la surface vitrée de la pyramide du Louvre. « Ce sont des dimensions qui tranchent avec ce dont nous avons l’habitude à Orly », a assuré Edward Arkwright, directeur exécutif d’ADP.

Du côté de la conception du bâtiment, l’accent a avant tout été mis sur l’unité entre les espaces. « L’enjeu de la jonction a été de créer un seul et même terminal, car lors de la construction des terminaux historiques [en 1962 pour Orly Sud, et en 1971 pour Orly Ouest, NDLR], on était dans une organisation des espaces avec des lieux différents, ciblés par types de trafics aériens », explique Alain Davy, architecte en chef du projet. Symbole de la réunification, la toiture du bâtiment a elle été pensée comme le « trait d’union » entre les deux aérogares. Une membrane gris-argenté haute de seulement 1,60 m recouvrira la totalité du bâtiment.

Anticiper les risques

Une attention particulière a également été apportée sur la façade de l’ouvrage. « Nous avons choisi une façade avec un grand mur de verre, qui laisse pénétrer l’œil du passager qui s’approche du terminal », développe l’architecte en chef. Le verre feuilleté doit aussi permettre de répondre aux contraintes thermiques et de sécurité, notamment en cas de risques d’attentats et d’explosion. le verre feuilleté permet d’éviter les éclats de verre. .

Du côté des matériaux, simplicité et sobriété ont été les maîtres mots. « Nous avons recouvert de marbre de Carrare tous les sols de nos terminaux, notamment pour sa solidité et sa facilité d’entretien. Les zones assises sont quant à elles recouvertes de moquette pour le confort et pour des raisons acoustiques. Enfin, les murs des halls publics sont en bois massif de noyer d’Amérique ».

Mur d’eau de 9,5 m de hauteur

Alain Davy s’est néanmoins autorisé une extravagance : un mur d’eau de 9,5 m de hauteur et de 65 m de long entre la zone de contrôles et la zone commerciale. Un premier prototype de 8 m de hauteur et de 6 m de large a d’ores et déjà été réalisé. « L’idée, c’était d’avoir une séquence marquante dans le parcours du passager, en plus d’apporter une certaine sérénité. Nous avons repris du verre feuilleté, mais avec une surface non lisse, c’est-à-dire légèrement bossée avec des reliefs pour reproduire l’effet d’une « cascade d’eau ». Ça a été tout un jeu de vibration et de flux d’eau, à tel point que nous avons fini par chanfreiner le bord des ouvrages, pour éviter d’avoir des éclaboussures ». Pour voir cette attraction, il faudra cependant attendre encore un peu, puisque cette partie ne fait pas partie de la portion mise en service anticipée ce mercredi.

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