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Préfabrication : faire mieux avec moins

JULIE NICOLAS |  le 06/02/2015  |  TechniqueGirondeSeine-Saint-Denis

Industrialisation -

L’industrialisation tient ses promesses : elle améliore la qualité du bâti tout en réduisant les délais de construction. Elle inaugure, aussi, une organisation des chantiers fondée sur l’anticipation et la concertation.

S’il est convaincu que l’industrialisation est une solution d’avenir, Jean-Denis Mège, directeur du développement au Foyer rémois, rencontre encore des difficultés dans la mise en œuvre de solutions préfabriquées en façades. « Quand il ne s’agit pas d’une norme réglementaire, c’est un plan local d’urbanisme (PLU) qui va empêcher leur utilisation », indique-t-il. Autre contrainte, l’optimum économique : pour que l’industrialisation de logements soit rentable, il y a un seuil minimal à construire. « La solution réside dans l’anticipation du projet », estime le directeur du développement.

C’est bien ainsi que raisonne le groupe Yves Cougnaud, spécialisé dans la filière sèche industrialisée en 3D. En septembre 2014, le groupe a lancé la marque Citeden, avec laquelle Christophe Cougnaud, le président, veut réaliser 25 % du chiffre d’affaires d’ici à cinq ans, soit 60 millions d’euros. Afin d’atteindre cet objectif, la marque mise sur les résidences étudiantes, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, ou la construction de maisons à l’échelle d’un quartier. « L’adaptation du projet au PLU est un prérequis pour la finalisation du projet », souligne le président. Un impératif qui nécessite de concevoir très tôt les spécificités architecturales du projet. « C’est bien dans l’anticipation que réside la réussite d’une construction, à plus forte raison lorsque nous utilisons des éléments préfabriqués, estime l’architecte Suzel Brout. Le recours à des murs précoffrés nécessite d’anticiper très tôt les détails du second œuvre. » Avantage induit : « Nous travaillons avec des entreprises très rigoureuses. »

30 % moins cher à qualité égale

L’architecte Frederik Dain, qui privilégie la préfabrication dans ses projets en conception-réalisation, travaille à la constitution d’un réseau d’entreprises partenaires. « Je conçois les projets à partir des technologies et des méthodes développées conjointement », explique-t-il. L’industrialisation n’empêche donc pas l’architecture. Xavier Jacquety, directeur délégué de Vinci Construction France, ne dit pas le contraire. Le constructeur travaille avec le cabinet d’architectes Gallois-Dudzik & Associés à la réalisation de logements collectifs destinés aux primoaccédants, « dont le prix de vente sera entre 20 et 30 % moins cher à qualité égale ». Outre la préfabrication des façades grâce à la filiale Arbonis, la marque Primméa s’appuie sur « une rupture dans la façon de construire », indique Xavier Jacquety. Il s’agit, par exemple, de centraliser les pièces humides pour n’avoir qu’une seule gaine technique, ou de privilégier certaines dispositions constructives. Même démarche pour Norpac, qui améliore la qualité de ses constructions avec le procédé Inovpac. « A partir d’une analyse des risques, nous avons changé l’ordonnancement des phases de travaux », indique Alexandre Bouvry, directeur travaux adjoint habitat. Toute la logistique du chantier a été repensée. De plus, des réunions régulières permettent une démarche d’amélioration continue, qui vise à livrer plus rapidement tout en améliorant la qualité.

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