Transport et infrastructures

PPRS 2018 : la route prête pour sa révolution

Mots clés : Réseau routier

Le Pavement Preservation & Recycling summit (PPRS) s’est achevé le 28 mars, à Nice. Avec une conclusion optimiste : la route restera au cœur des mobilités et, même si les enjeux qui l’attendent sont importants, le secteur est prêt à affronter l’avenir et ses nouveaux usages.

 

Ceux qui ont assisté aux deux éditions du Pavement Preservation & Recycling summit (PPRS), en 2015 à Paris et cette année à Nice, auront sans doute pu tenir le même discours que Jean Le Dall, de la Direction générale des Infrastructures, des Transports et de la Mer (DGITM). « La première avait mis en lumière l’enjeu de préservation du patrimoine et les risques liés à un sous-entretien chronique. La seconde est allée plus loin, en insistant sur l’importance de la route comme solution pour la mobilité de demain. »

Au terme de trois jours d’échanges, c’est l’heure du bilan. Les enjeux qui attendent le secteur de la route sont colossaux pour une infrastructure que beaucoup ont qualifié de « premier réseau social », à l’image de Xavier Huillard, P-DG du groupe Vinci. Alors que la mobilité passe et continuera à passer en grande partie par le réseau routier, il a rappelé que le principal défi reste celui de la maintenance et de l’entretien. Routes plus respectueuses de l’environnement et capables d’accueillir des mobilités plus propres ou autonomes, rôle de l’infrastructure dans le recueil et la transmission d’informations aux véhicules et aux gestionnaires des réseaux sont aussi à anticiper dès aujourd’hui.

 

Vers une meilleure collaboration de tous les acteurs

 

Xavier Huillard parle de « révolution 4.0 » pour résumer cette nouvelle période qui s’ouvre pour le secteur. Elle s’accompagne d’un changement de paradigme. « La route n’est plus un simple ruban de bitume, elle évolue pour répondre à ces enjeux de mobilité de demain », observe Jean Le Dall. Et elle intègre de plus en plus de services.

Pour cela, l’innovation est primordiale dans le secteur. Mais là aussi un grand changement s’opère : « nous ne pouvons plus prétendre détenir la vérité et les solutions seuls », avance le P-DG de Vinci. L’avenir est à la collaboration entre les différentes industries liées à la route, mais aussi avec les pouvoirs publics.

Michelin a lancé une initiative en ce sens, comme l’a exposé son représentant, Alexis Offergeld. Baptisée Open Lab, elle consiste à réunir l’écosystème pour « imaginer l’avenir ensemble, en co-innovant à partir de scénarios et des demandes futures, pour élaborer dès aujourd’hui de nouvelles offres ». Des « communautés d’intérêt », sur des thématiques aussi diverses que les objets connectés, les navettes autonomes ou les objectifs environnementaux des Accords de Paris, regroupent ainsi des acteurs de toutes sortes : énergéticiens, transporteurs, assureurs, banques, industriels, pouvoirs publics, consultants, associations ou encore start-up. « Je rêve de monter une communauté d’intérêt sur la route intelligente et les services », a-t-il confié, invitant les entreprises de la construction à se joindre à l’aventure.

 

Libérer l’innovation

 

Les Assises de la mobilité ont été l’occasion, en France, de faire se confronter les points de vue. Avec en ligne de mire, la volonté d’établir une direction commune, qui devrait se traduire la loi d’orientation sur les mobilités présentée en mai. « Nous devons libérer l’innovation au service de la mobilité de demain, et plusieurs propositions dans la LOM iront dans ce sens », promet Jean Le Dall.

Parmi les objectifs : assurer la circulation de véhicules autonomes en 2020, expérimenter davantage, ouvrir les données transports, encadrer et accompagner le développement de nouvelles mobilités et d’infrastructures numériques, ou encore développer un écosystème de start-up autour de ces thématiques devraient être au programme.

 

« Road is coming back »

 

Xavier Huillard estime que l’industrie routière est prête à affronter cette « révolution 4.0 ». Et il avance deux exemples pour compléter toutes les initiatives déjà présentées lors du PPRS : « cela fait longtemps que nous avons des imprimantes 3D dans nos métiers, mais nous appelons cela des finisseurs. Nos responsables ont des tablettes et sont connectés sur site pour faciliter l’organisation des chantiers, passer des commandes… ». En d’autres termes, le secteur n’a pas attendu que l’Etat pense légiférer pour évoluer.

Ce qui n’empêche pas les acteurs privés de se féliciter de la prise de conscience du rôle de infrastructures et de la route, de la part des décideurs publics. Car « pendant une décennie, la route a été mise à l’écart puisque considérée comme écologiquement peu respectable. Cette époque est du domaine du passé désormais. La route fait son come-back ». Une bien bonne façon de conclure cette deuxième édition du PPRS.

 

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