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Pourquoi le bénéfice de LafargeHolcim plonge
Le groupe est en pleine réorganisation et engage de lourds frais liés, notamment, aux litiges. - © Site corporate Lafarge Holcim

Pourquoi le bénéfice de LafargeHolcim plonge

F.M., avec AFP |  le 27/07/2018  |  BâtimentIndustrieBétonCimentLafarge Holcim

Le chiffre d'affaires semestriel du géant suisse s'est accru de 2,7%, à 13,2 milliards de francs suisses, mais son bénéfice net dégringole de plus de 43%. Les raisons ? Des coûts de réorganisation et des frais pour litiges.

Si le chiffre d’affaires de LafargeHolcim a augmenté de 2,7% au premier semestre, à 13,2 milliards de francs suisses (11,35 Mds €), et que le groupe a confirmé ses objectifs de l’année (+3% à +5% d’activité, notamment), ce n’est pas vraiment ce qui a retenu l’attention des observateurs. Car dans le même temps, le géant suisse des matériaux de construction a vu son bénéfice plonger entre janvier et juin 2018, face aux coûts de réorganisation lancée par son nouveau patron, Jan Jenisch, pour simplifier sa structure. Le groupe, issu de la fusion en 2015 du français Lafarge avec le suisse Holcim, a affiché une baisse de son bénéfice net, avant dépréciations d'actifs et cessions, de 43% sur les six premiers mois de l'exercice, à 371 millions de francs suisses (320 millions d'euros).

Ce programme de simplification de sa structure doit se traduire par des économies annuelles de 400 millions de francs suisses à partir du deuxième trimestre 2019, a insisté le groupe dans un communiqué, même si sa mise en oeuvre a pour l'instant fait gonfler ses dépenses.

Le poids des frais

Au premier semestre, les coûts de réorganisation et frais pour litiges et autres éléments non récurrents ont grimpé à 300 millions de francs suisses, contre 38 millions un an plus tôt.

Des progrès "notables" ont été réalisés, a fait valoir le groupe, pointant que l'organisation des régions et de la direction générale a été rationalisée. Les bureaux régionaux de Miami et de Singapour ont également été fermés tandis que la réorganisation des fonctions centrales à Zurich et à Paris progresse.

Le géant des matériaux de construction avait annoncé en mai le transfert de postes liés aux fonctions centrales, vers son site de Clamart, en banlieue parisienne, et vers Holderbank et Zoug en Suisse, qui va se traduire par 200 suppressions d'emplois.

Embellie au second trimestre

Des mesures de réduction des coûts fixes ont également été lancées pays par pays, a précisé le cimentier suisse.  Les effets bénéfiques de cette réorganisation et des mesures de compression des coûts sont "de plus en plus visibles", a assuré son nouveau patron, l'Allemand Jan Jenisch, cité dans le communiqué.

L'ancien patron du groupe suisse Sika, qui s'y est bâti une solide réputation à la tête de cette entreprise, a repris les commandes de LafargeHolcim en septembre, succédant à Eric Olsen qui avait démissionné pour tenter de désamorcer le scandale autour de la Syrie.

Répliquer la « méthode » Sika ?

Parmi ses premières mesures, Jan Jenisch avait commencé par lancer une grande simplification de la structure du groupe, de nombreux analystes en déduisant qu'il cherchait à répliquer la formule qui a contribué au succès de Sika, accordant une grande autonomie aux équipes locales pour mieux coller aux besoins de chaque marché, plutôt que de prendre les décisions de manière centralisée.

Jan. Jenisch s'est dit "satisfait" de l'évolution du chiffre d'affaires, soulignant que la "croissance a pris de l'ampleur au deuxième trimestre".

Sur l'ensemble du semestre, les ventes se sont accrues de 2,7%, à 13,2 milliards de francs, la croissance se chiffrant à 4,8% sur une base comparable, a précisé le groupe qui a procédé à de vastes réaménagements de ses activités depuis la fusion. Sur le deuxième trimestre seul, elles ont connu une accélération, progressant de 5% sur la base publiée, et de 6,2% sur une base comparable.

« Augmenter les marges »

"Nous devrions augmenter nos marges en tirant parti de la courbe ascendante de la demande au second semestre 2018", a estimé Jan Jenisch, qui a confirmé les objectifs pour 2018. Le groupe suisse vise notamment une croissance de 3 à 5 % du chiffre d'affaires.

Après un premier trimestre modeste, "LafargeHolcim a été en mesure de répondre aux attentes au deuxième trimestre", a réagi Martin Hüsler, analyste à la banque cantonale de Zurich, dans un commentaire boursier. Bernd Pomrehn, analyste chez Vontobel, a lui salué une croissance "saine" au deuxième trimestre, jugeant cependant les objectifs "ambitieux" pour l'ensemble de l'année dans la mesure où le premier trimestre avait été "faible".

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