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Pourquoi Eiffage et la RATP misent sur le téléphérique
Le seul téléphérique urbain en activité, à Brest (Finistère), survole la Penfeld afin de relier les quartiers de Siam et des Capucins. - © GUIZIOU FRANCK / HEMIS.FR

Pourquoi Eiffage et la RATP misent sur le téléphérique

Maxime Hanssen |  le 12/10/2018  |  TransportsIle-de-FranceEiffageMajors du BTP

Bien que le marché français semble limité, une dizaine de projets sont sur les rails. Le duo, associé à Poma, veut se lancer en Ile-de-France.

Eiffage, la RATP et Poma ont annoncé fin septembre leur alliance pour créer une solution de transport public urbain par câble. Le consortium planche sur l'élaboration d'une offre complète de téléphérique destinée aux collectivités locales (lire ci-dessous) . Initialement utilisé en montagne, ce moyen de transport peut-il marquer une nouvelle ère de la mobilité urbaine après le métro, le bus et plus récemment la résurgence du tramway ?

« Le téléphérique stimule l'imaginaire mais son application est limitée en milieu urbain. Il se positionne sur les franchissements d'obstacles naturels ou d'infrastructures, ainsi que dans les zones vallonnées », explique Olivier Klein, directeur adjoint du Laboratoire Aménagement Economie Transports (IEP de Lyon). Ainsi, le marché français est une niche, « contrairement aux villes de l'hémisphère sud, comme à Medellín, en Colombie, où le réseau est construit autour de cette solution », estime David Dubois, chargé d'études transports et services de mobilité au Cerema. Ce qui n'empêche pas les entreprises de se positionner. « Nous estimons que d'ici dix à vingt ans, le potentiel sera toutefois important », avance Jean Souchal, président de Poma.

Si plusieurs projets de ce type sont en réflexion sur le territoire français - 17 recensés en Ile-de-France par le consortium -une poignée d'entre eux seulement semblent vraiment engagés (financement de l'avant-projet, enquête publique validée, lancement du marché public, etc. ) : « Orléans, Toulouse, Grenoble, Saint-Denis de La Réunion, mais aussi le Câble A-Téléval », énumère David Dubois. Ce dernier projet, qui reliera Créteil à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), est estimé à 120 M€. De quoi aiguiser les appétits.

Désenclaver certains quartiers.

Le téléphérique intéresse les villes pour des raisons urbanistiques afin de désenclaver certains quartiers. A Brest, le premier téléphérique urbain de France - celui de Grenoble étant considéré comme un objet touristique et non intégré au réseau de transports - a réunifié en 2016 une ville coupée en deux par un fleuve côtier. Le câble relie désormais l'hyper-centre à l'ancien arsenal militaire des Capucins en moins de trois minutes.

« Le projet de réhabilitation urbaine des Capucins portait des enjeux sociaux et culturels forts, explique Yohann Nédélec, vice-président de la métropole de Brest, chargé des déplacements. Pour sa desserte, le téléphérique est apparu la solution la plus pertinente. » Et aussi… la moins onéreuse. « Un ouvrage d'art aurait coûté environ 60 M€, contre 19 M€ pour le téléphérique », explique l'élu. « Le coût d'exploitation peut être toutefois plus élevé », met en garde Olivier Klein.

L'argument écologique séduit aussi les communes. Mais des limites subsistent : « La question réglementaire, notamment celle du survol des habitations, est à prendre en compte. Il ne faut pas non plus négliger la réaction des administrés. » En 2008, à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), un projet avait été annulé à la suite de la grogne des habitants.

Du Kazakhstan à l'Ile-de-France, itinéraire d'une alliance

Un projet français de transport par câble urbain ayant germé à Astana va-t-il éclore en Ile-de-France ? Si Poma et Eiffage ont commencé à plancher sur le sujet lors d'un appel à projets au Kazakhstan, c'est au sein du programme de recherche I2TC, lancé en 2015, que l'idée mûrit. La major de la construction et le leader mondial du transport par câble (qui produira les cabines du projet) sont alors rejoints par la RATP, qui apporte sa spécialité des transports-mobilité et du milieu urbain. « Après trois ans de R & D, nous entamons la phase commerciale et allons nous positionner sur les appels d'offres en Ile-de-France », explique Jean Souchal, président de Poma.

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