Energie

Pour une méthode de développement de la filière solaire photovoltaïque

A quelques jours de la fin de la période de concertation sur le photovoltaïque, Philippe Pelletier, Président du Plan Bâtiment Grenelle et Madeleine Charru, Présidente du CLER (1), ont signé une tribune commune, intitulée « Pour une méthode de développement de la filière solaire photovoltaïque ». Celle-ci délivre des solutions pour un développement apaisé de la filière.

Atteindre 23% d’énergie renouvelable dans la production française, c’est l’un des objectifs forts du Grenelle. Si la France est en bonne voie pour le réaliser, il faut faire preuve de vigilance et conduire ce programme avec doigté autant qu’avec ambition.
Le photovoltaïque est une solution d’avenir pour assurer une partie significative de la consommation électrique de notre pays. Il offre la possibilité de passer d’un modèle de production centralisé, avec les pertes que cela implique, à un modèle plus efficace de production proche du lieu de consommation.
Il s’agit de préparer l’arrivée des bâtiments de demain, à énergie positive, pour lesquels l’énergie sera en grande partie produite sur place. Il faut dès aujourd’hui organiser le processus de production d’énergie car il ne fait aucun doute que beaucoup voudront anticiper l’échéance de 2020. La plus-value d’une production électrique de proximité constitue dès lors un argument majeur en faveur du photovoltaïque.
C’est aussi une filière relativement nouvelle pour la France, en cours de structuration. Elle a traversé ces derniers mois une période de turbulences. En effet, il est difficile pour les pouvoirs publics de prendre en compte les évolutions technologiques de la filière, qui changent la donne à chaque instant. Les résultats ont été à ce jour supérieurs aux attentes, tant sur les volumes installés que sur le rythme de baisse des coûts. Le pilotage n’en devient que plus complexe et les enjeux plus stimulants.
Le photovoltaïque nous donne les moyens de réaliser et même de dépasser les objectifs de la Programmation Pluriannuelle des Investissements pour le plus grand bénéfice de la collectivité, ce qui plaide précisément pour une réévaluation de ces objectifs tout en maîtrisant le coût de cette politique. Au delà des chiffres, c’est de la préservation de notre environnement et de l’indépendance énergétique de notre pays qu’il s’agit.
Si la filière doit continuer à bénéficier d’un soutien financier de l’Etat, c’est qu’elle représente un enjeu majeur non seulement pour le secteur de l’industrie et du bâtiment, mais à moyen terme pour notre économie tout entière. Contrairement à une idée trop répandue, la compétitivité économique (la « parité » dans le jargon) n’est pas si lointaine, elle pourrait être atteinte d’ici quelques années en ce qui concerne les grandes toitures et les bâtiments neufs.
Deux conditions au moins sont nécessaires à un développement apaisé de la filière :
– il faut réguler la profession et assurer la qualité des installations mises en place. Pour cela, les tarifs d’achat doivent être réservés aux entreprises dont les compétences en la matière auront été dûment certifiées ;
– il s’agit aussi de revoir le soutien financier à la filière : la structure des futurs tarifs d’achat doit intégrer leur optimisation et leur baisse rapide, en même temps que la suppression progressive du Crédit d’Impôt, devenu superflu de l’avis de l’ensemble de la profession.
Ces deux conditions impliquent que soient avant tout fixées les bases d’une concertation ouverte entre l’Administration et l’ensemble des acteurs de la filière. L’objectif doit être d’aboutir rapidement à une vision partagée du développement du photovoltaïque et du rôle que les pouvoirs publics y jouent. Il est impératif que les professionnels aient une vraie visibilité et soient garantis sur le long terme, sans quoi il n’est pas raisonnable d’espérer la mise en place de projets stratégiques au service d’une filière industrielle mature.
Après une période chahutée de mise en route, il s’agit maintenant de confirmer l’opportunité unique que le solaire photovoltaïque représente pour notre pays. C’est de méthode et de vision dont il faut faire preuve, tant il est certain que le modeste effort budgétaire à consentir aujourd’hui sera bénéficiaire pour tous demain.

(1)Le Comité de Liaison Énergies Renouvelables (CLER) est une association agréée de protection de l’environnement qui fut créée en 1984. Son objet est la promotion des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie. Elle fédère 200 professionnels (entreprises, organismes publics, associations)

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