En direct

Pour que la greffe prenne

Raphaëlle Saint-Pierre |  le 08/09/2017  |  SantéTechniqueEnvironnementGirondeHauts-de-Seine

Encouragés par l'assouplissement des règles d'urbanisme et la logique écologique, les chantiers d'exhaussements se multiplient.

La suppression des coefficients d'occupation des sols (COS) et celle du droit de veto des habitants du dernier étage d'une copropriété par la loi Alur en 2014 ont boosté la pratique de la surélévation urbaine. Pour financer les travaux de rénovation énergétique d'un immeuble ou son ravalement, un syndicat de copropriétaires peut s'y engager à titre collectif en vendant son droit à un promoteur ou en se faisant maître d'ouvrage. Dans les quartiers où la pression foncière est forte, la pratique de la surélévation permet d'augmenter l'offre résidentielle, de densifier les villes anciennes et de revitaliser certaines zones délaissées, notamment en banlieue.

Densification par petites touches. A Paris, les exhaussements fournissent aux bailleurs sociaux une réserve foncière exceptionnelle, de plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés. Et la modification du PLU à l'été 2016 a ouvert la voie au rééquilibrage habitat/activités en encourageant les projets de logements au-dessus des bureaux. Si quelques gros chantiers ont été lancés, tel l'ensemble Glacière-Daviel dans le XIIIe arrondissement (Ehw Architecture), « l'incidence sur le paysage parisien de cette densification par petites touches reste faible avec, en moyenne, des projets de 300 à 400 m2 », précise l'architecte Didier Mignery. Ce dernier en a fait sa spécialité à travers ses deux sociétés : Upfactor gère le montage d'opérations, avec une ingénierie structure en interne, et Zoomfactor se concentre sur la conception architecturale. « On peut ajouter facilement un à deux étages sur les immeubles du XXe siècle, avec un diagnostic amont, car il est fréquent que les structures aient été plusieurs fois remaniées », constate-t-il. Une reconnaissance géotechnique préalable est tout aussi nécessaire pour déterminer la capacité portante du sous-sol. In fine, la plupart des réalisations optent pour le bois (type lamibois ou bois lamellé-croisé) ou l'acier dans le cas de grandes portées.

Coiffer les maisons individuelles. Si la demande redouble en ville et en première couronne des agglomérations, l'outil vaut également en milieu rural. Ainsi, en 2015, le CAUE de la Sarthe a organisé l'exposition « Demain, j'élève le haut » (1), à la suite d'un appel à projets sur le thème de la surélévation d'une maison de bourg typique dont les candidats devaient respecter la façade, avec un budget limité à 70 000 euros. L'idée était de l'exhausser pour préserver le jardin et offrir une solution spatiale à l'évolution de la famille : naissance d'un enfant, indépendance d'un ado, accueil d'un grand-parent, bureau, etc. « Cette réflexion permet d'expliquer au grand public et aux élus l'intérêt de la surélévation dans les bourgs dévitalisés. Elle aborde les problématiques actuelles : économies d'énergie, rénovation du bâti ancien, frein aux lotissements périurbains, lutte contre la consommation des terres agricoles, etc. », explique Etienne Périchard, directeur du CAUE.

PHOTO - 8834_560091_k2_k1_1364905.jpg
PHOTO - 8834_560091_k2_k1_1364905.jpg

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Isolation thermique durable des bâtiments existants

Isolation thermique durable des bâtiments existants

Date de parution : 12/2018

Voir

Code des juridictions financières

Code des juridictions financières

Date de parution : 12/2018

Voir

De l'immeuble de bureau aux lieux du travail

De l'immeuble de bureau aux lieux du travail

Date de parution : 12/2018

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur