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« Pour exister, nous devons nous différencier », explique Philippe Cayol, directeur général de Nacarat
Philippe Cayol, directeur général de Nacarat (groupe Rabot-Dutilleul) - © @Claude Waeghemacker/Nacarat

« Pour exister, nous devons nous différencier », explique Philippe Cayol, directeur général de Nacarat

Propos recueillis par Laurence Francqueville |  le 31/05/2013  |  GirondeHaute-GaronneIlle-et-VilaineNordFrance entière

Rabot-Dutilleul a tenu son assemblée générale le 24 mai. L’occasion pour le Moniteur d’interroger Philippe Cayol, directeur général de Nacarat, entité qui réalise 39% de l’activité du groupe.

Peut-on dire que Nacarat est devenu un promoteur d’envergure nationale ?

Quatre ans après la fusion des sociétés Palm Promotion, Bati Conseil Immobilier, et Sedaf, je pense que nous faisons désormais figure d’opérateur national. Dernière croissance en date, l’intégration, fin 2012, de la branche promotion de France Terre à Bordeaux et Toulouse. Avec les points d’ancrage de Marseille et Rennes, eux aussi récents, nous pouvons dire que notre maillage territorial est bien avancé.

Quelle est votre ambition ?

Nacarat a beaucoup crû ces dernières années. La société doit maintenant stabiliser et développer ses implantations. Notre ambition de développement est donc davantage dans la croissance interne et dans une double direction : être le plus local possible tout en apportant un peu d’exotisme dans nos façons de penser.

Dans quelle mesure vous appuyez-vous sur votre maison-mère, Rabot-Dutilleul ?

Elle nous a aidés à nous développer à l’étranger, en Pologne et en Belgique. Pour le reste, nous faisons notre métier chacun de notre côté et nous menons parallèlement des réflexions en commun. Nous travaillons par exemple ensemble sur l’optimisation thermique des bâtiments, sur les risques du BBC, sur les notions de mixité sociale, et générationnelle, sur les problématiques de mise en œuvre et sur la pertinence des matériaux. Notre capital d’expérience est un avantage compétitif indéniable. C’est pourquoi l’expertise technique des autres sociétés du groupe  est essentielle pour nous. Car on ne contrôle que ce qu’on sait faire.

Comment vous différenciez-vous ?

Pour exister, on se doit effectivement de proposer des produits différents. Notre offre se veut locale mais aussi diversifiée et innovante. Cela se traduit dans des programmes tels que l’Arborteum à Lille ou le K à Lyon-Confluence. Nous cherchons à donner du sens aux projets que nous développons.

Un développement hors des frontières vous semble-t-il indispensable ?

Non. Mais c’est une source d’inspiration permanente. Ce qui est évident en France ne l’est pas forcément en Belgique et en Pologne, où nous sommes également présents.

Vous revendiquez une approche très développement durable. Cela coûte-t-il plus cher ?

Effectivement, nous sommes ASAP. C’est-à-dire « aussi développement durable que possible », en apportant du lien social et en créant des lieux de vie enviables. Il y a des endroits où cet objectif est très difficile à atteindre et d’autres où c’est très facile. Nous travaillons par exemple avec la ligue pour la protection des oiseaux. Il faut souvent peu de choses pour que l’immeuble devienne un espace appréciable pour la biodiversité : bien concevoir et choisir les espèces végétales pour les espaces verts, couvrir la sortie  des parkings ne coûte pas vraiment plus cher.

En fait, faire du développement durable ne coûte généralement pas tellement plus cher. Il faut surtout se poser les bonnes questions dès le départ.

Sentez-vous les choses bouger sur les prix du foncier public ?

La pédagogie commence à porter. Je pense que prévoir une clause de retour à meilleure fortune est un bon moyen de faire partager le sujet.

Les normes vous semblent-elles une source trop importante de surcoûts?

Pour vendre, nous devons toucher le plus grand nombre. C’est pourquoi nous avons atteint la limite : la barque des exigences réglementaires devient trop lourde. Concernant l’accessibilité par exemple, pourquoi ne pas proposer des logements adaptables avec des travaux simples pour les rendre accessibles aux personnes handicapés ? Pourquoi ne pas créer une dotation pour chaque appartement livré avec obligation de livrer un kit le cas échéant ? Il faut absolument remettre de l’humain dans la démarche, du bon sens pour réapprendre à faire. Quand on a des enfants en bas âge, on adapte son logement. On doit donc réussir à faire des appartements flexibles. Plus globalement, tous les sujets doivent pouvoir être mis sur la table.

Travaillez-vous à la réduction des coûts ?

Comme toute la filière, nous réfléchissons dans trois grandes directions : l’optimisation de la conception en allant à l’essentiel afin d’améliorer les fonctionnalités, de limiter les espaces perdus...; l’industrialisation, notamment pour ce qui ne se voit pas, la préfabrication partielle permettant d’augmenter la qualité, de réduire les délais et d’améliorer le bilan CO2; et le référencement des produits qui permet d’offrir un large choix au client tout en négociant des prix en achetant de plus gros volumes. Je pense également qu’il y a des marges de manœuvre à discuter avec les élus : densification, réduction du nombre de parkings quand les transports en commun existent, baisse de charge foncière. Nous devrions pouvoir dialoguer sur des clauses de sortie en cas d’invendus sur des grands logements imposés par les villes, voire une contribution privée au financement de transports publics contre réduction d’obligations de parkings. Tout le monde a à y gagner.

Cela peut-il peser sur la qualité des produits ?

Nous nous posons sans cesse la question de la meilleure adéquation possible entre nos objectifs et le confort. Il n’y a pas de solution universelle. Nous essayons toujours d’aller au plus performant. C’est pourquoi nous nous sommes engagés notamment dans un processus de certification NF Logement - démarche HQE.

Votre métier a-t-il changé ces dernières années ?

Nous avons élargi notre palette de compétences. Notre métier est aussi désormais d’apporter du lien social et de créer des lieux où les gens ont envie de vivre. Notre démarche consiste à accompagner les clients de l’amont à l’après livraison mais aussi se soucier des voisins préexistants en leur présentant ce que le programme va leur apporter en termes d’espaces verts, de commerces, etc. Il faut aider les gens à se réapproprier les espaces. Cela donne du sens et transforme l’attitude des occupants et des voisins.

Nacarat en chiffres (2012)

Chiffre d’affaires : 354 millions d’euros
70% dans le logement (collectifs et individuels groupés, résidences services) et 30% dans l’immobilier d’entreprise
215 personnes
1 313 logements réservés
52 704 m² de bureaux placés

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